3 mars 2014 / 18:30 / dans 4 ans

Vivendi attend des offres sur SFR d'ici mercredi soir

PARIS (Reuters) - Vivendi a demandé aux candidats intéressés par sa filiale SFR de lui soumettre des offres préliminaires d‘ici mercredi 20h00, a déclaré lundi à Reuters une source au fait du dossier, ce qui met la pression sur Bouygues Telecom pour qu‘il abatte ses cartes.

Vivendi a demandé aux candidats intéressés par sa filiale SFR de lui soumettre des offres préliminaires d'ici mercredi 20h00, a déclaré lundi à Reuters une source au fait du dossier, ce qui met la pression sur Bouygues Telecom pour qu'il abatte ses cartes. /Photo prise le 13 décembre 2013/REUTERS/Benoît Tessier

Le groupe de divertissement et de télécoms s‘attend à recevoir deux offres, l‘une en provenance de la filiale de Bouygues et l‘autre d‘Altice, maison-mère du câblo-opérateur Numericable, qui a officialisé son intérêt dès la semaine dernière, a précisé une autre source au fait des discussions.

Selon les deux sources, Vivendi ne compte pas en revanche recevoir, à ce stade, de proposition d‘Iliad même si le dernier né des opérateurs mobiles continue de regarder de près le dossier SFR qu‘il avait déjà étudié l‘an dernier, a précisé une troisième source au fait de la situation.

Le groupe de Xavier Niel a réuni les financements nécessaires dans le cas où il souhaiterait plus tard prendre le train en marche et faire une offre, a ajouté cette personne.

Interrogé sur la date butoir de mercredi, dont le quotidien Le Monde a été le premier à se faire l‘écho à la mi-journée, Vivendi n‘a pas souhaité faire de commentaire.

“Vivendi va prendre son temps pour étudier toutes les possibilités concernant l‘avenir de SFR”, a déclaré un porte-parole.

Les offres devraient notamment inclure des informations sur le prix, le financement, la gouvernance, les synergies ainsi que sur les conséquences pour l‘emploi en France, un critère important pour les pouvoirs publics.

“La deadline vaut surtout pour Bouygues Telecom dont on ne sait toujours rien de l‘offre”, a souligné la première source.

La filiale de Bouygues, qui a été contrainte de réduire ses effectifs face à la guerre des prix dans le mobile, redoute de se retrouver isolée dans l‘éventualité d‘un rapprochement entre SFR et Numericable, ce qui l‘acculerait à étudier d‘autres alternatives dont un possible mariage avec le rival Free.

Elle devra toutefois surmonter d‘importants obstacles pour réussir à mettre la main sur SFR, à commencer par celui des autorités de la concurrence qui pourraient se montrer réticentes à autoriser la fusion des numéro deux et trois du mobile en France.

LE TEMPO S‘ACCÉLÈRE

La part de marché de la nouvelle entité représenterait 51,0% en termes de chiffre d‘affaires des services mobiles (hors ventes de terminaux) contre 42,5% pour Orange et 6,5% pour Free mobile, estiment les analystes de la Société générale dans une note publiée lundi. Deux opérateurs se partageraient donc plus de 90% des revenus, soulignent-ils.

Le rapprochement pourrait en outre se traduire par d‘importantes suppressions d‘emplois, une menace que le PDG de Bouygues Martin Bouygues a toutefois relativisée lors d‘un entretien avec le président François Hollande la semaine dernière, selon le Journal du Dimanche.

Numericable, qui a une présence très limitée dans le mobile, ne souffre pas des mêmes contraintes.

“Le financement est prêt. Une dizaine de banques s‘est engagée”, a expliqué l‘une des sources, précisant que le scénario envisagé par Numericable prévoyait le recours à une dette de 8 milliards d‘euros et une augmentation de capital de 3 milliards d‘euros qui sera souscrite à 75% par Altice.

Vivendi, qui conserverait la dette de SFR, recevrait dans cette hypothèse 11 milliards d‘euros en cash et 32% du capital du nouvel ensemble.

Bien que le tempo s‘accélère sur le front des candidatures au rachat de SFR, Vivendi continue en parallèle les préparatifs pour la scission de ses activités de médias et de télécoms dans le cadre de laquelle une introduction en Bourse de l‘opérateur est théoriquement prévue pour début juillet.

Après avoir pris connaissance des offres, le conseil de surveillance du groupe décidera s‘il souhaite entrer en négociations exclusives avec l‘un des acheteurs ou s‘il opte au contraire pour une poursuite du projet de mise en Bourse.

“Nous menons un processus à trois voies”, a dit la deuxième source, en faisant référence à la préparation de la scission et aux discussions avec deux acheteurs potentiels.

Des porte-parole de Bouygues et Iliad n‘étaient pas joignables dans l‘immédiat tandis qu‘Altice n‘a pas souhaité faire de commentaire.

Avec Gwénaëlle Barzic et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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