19 mai 2008 / 15:27 / il y a 9 ans

Sommet TMT: Electronic Arts prolonge son offre sur Take-Two

par Julien Toyer

<p>Le P-DG d'Electronic Arts, Gerhard Florin. L'&eacute;diteur am&eacute;ricain de jeux vid&eacute;o Electronic Arts prolonge d'un mois son offre publique d'achat hostile sur son concurrent Take-Two Interactive, sans toutefois la relever. /Photo prise le 19 mai 2008/REUTERS/Mal Langsdon</p>

PARIS/PHILADELPHIE (Reuters) - L’éditeur américain de jeux vidéo Electronic Arts annonce qu‘il prolonge d‘un mois son offre publique d‘achat hostile sur son concurrent Take-Two Interactive, sans toutefois la relever.

Ce dernier a déclaré qu‘il s‘agissait de la “même” offre que celle formulée précédemment par Electronic Arts (EA), qui à l’époque avait été considérée comme “inadaptée” par son conseil d‘administration.

Le studio a précisé que sa recommandation aux actionnaires de ne pas apporter leurs titres à l‘offre de EA restait inchangée.

L‘offre initiale, qui valorise Take-Two autour de deux milliards de dollars (1,28 milliard d‘euros), a expiré à minuit vendredi soir après une première prolongation d‘un mois. Elle est désormais prolongée jusqu‘au 16 juin à 23h59 heure de New York, sauf prolongation supplémentaire.

Electronic Arts ne modifie pas le prix offert, toujours fixé à 25,74 dollars par action.

Lors du lancement de son offre publique, en avril, le premier éditeur mondial de jeux vidéos n‘avait pu recueillir que 8% environ du capital de Take-Two.

Vers 15h10 GMT, le titre de ce dernier se traitait en baisse de 0,74%, à 26,90 dollars. De son côté, Electronic Arts cédait 1,23% à 48,99 alors que le Nasdaq composite gagnait dans le même temps 0,38%.

Peu avant cette annonce, Gehrard Florin, P-DG d‘EA a déclaré lors du TMT Summit de Reuters que son groupe n‘avait “pas besoin de Take Two. Mais il s‘agit d‘une société très connue, qui irait assez bien avec EA”.

Take-Two a lancé le 29 avril dernier un nouvel opus de son jeu à succès “Grand Theft Auto IV”, qui s‘est écoulé à six millions d‘exemplaires en une semaine.

La direction d‘Electronic Arts a dit tenir pleinement compte de ce succès dans son offre. “Nous nous attendions à ce que GTA soit un énorme succès (...) Il s‘est vendu aux niveaux attendus”, a redit Florin lors du TMT Summit.

MUTATIONS

Selon le patron du groupe de Redwood, l‘une des tendances fortes du marché du jeu vidéo est l’élargissement de la base des consommateurs.

Le succès des consoles Wii et DS de Nintendo ont mis en évidence l‘arrivée sur ce marché des “casual gamers”, ou joueurs occasionnels, un terme désignant le public plus féminin, plus âgé et moins assidu, qui apprécie de jouer à des jeux non violents, intergénérationnels et plus faciles d‘accès grâce à la nouvelle manette sensorielle de Nintendo.

“Ce n‘est qu‘un début”, estime Gehrard Florin, qui voit dans ce changement une “évolution de long terme”. “Nous verrons de plus en plus de jeux destinés à cette cible”, dit-il.

Electronic Arts, qui dit vouloir avoir “une approche plus large” de ses activités, estime que le marché des jeux vidéos pourrait croître à nouveau de 20% cette année pour atteindre 40 milliards de dollars, en incluant le mobile et internet.

Cette croissance des nouveaux médias ira de pair avec une mutation du modèle économique d‘EA, qui “va s’élargir avec le téléchargement et les services”

EA a réalisé un chiffre d‘affaires de quatre milliards de dollars sur l‘année fiscale 2007-2008, prenant fin au 31 mars, dont 150 millions de dollars dans les jeux en ligne.

Le groupe prévoit de porter ses ventes sur ce segment à 15% de son chiffre d‘affaires total dans les trois ans, soit environ un milliard de dollars sur les 6 milliards de dollars anticipés.

L‘une des pistes sur lesquelles travaille EA pour réaliser cet objectif est celle des services et des actualisations.

“Avant, nous étions comme un studio hollywoodien. Nous faisions un film, qui sortait sur les écrans une fois pour toutes. Ce que nous voulons faire ressemble plus à une série télévisée, dont l‘audience et les personnages évoluent au fil des semaines”, explique-t-il.

Florin cite en exemple des jeux sportifs, dont les résultats pourraient être actualisés chaque semaine pour coller à l‘actualité, ou des jeux gratuits pour lesquels on a ensuite besoin d‘acheter de manière récurrente des fonctionnalités.

IMPACT DU MARCHÉ PUBLICITAIRE

Une autre évolution qui pourrait impacter le modèle économique d‘Electronic Arts est celle du marché publicitaire.

“Il y a dix ans, je vous aurais parlé de l‘industrie du jeu. Aujourd‘hui, je vous parle de l‘industrie du loisir. Demain, je vous parlerai de l‘industrie des médias”, confie-t-il.

Il estime que 10 à 20% du chiffre d‘affaires de son groupe pourrait être issu de la publicité à l‘horizon des cinq prochaines années, contre 1 à 2% aujourd‘hui.

Interrogé sur un éventuel intérêt pour le français Ubisoft, dont Electronic Arts détient quelque 15%, Florin a dit “(ne pas avoir) besoin d‘un studio en France pour vendre des jeux en France”.

“Il n‘y a rien de nouveau à ce sujet. C‘est très calme. Nous discutons avec eux comme nous discutons avec le reste de nos collègues”, a-t-il dit.

EA, qui dit ne pas avoir constaté de ralentissement de cycle, anticipe pour 2009 un bénéfice net de 25 à 52 cents par action pour un chiffre d‘affaires net compris entre 4,9 et 5,15 milliards.

Avec la contribution d‘Ajay Kamalkaran à Philadelphie et de Marc Angrand à Paris

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