February 10, 2009 / 9:37 AM / 10 years ago

Cyclisme: Philippe Mauduit, globe-trotter atypique

par Gilles Le Roc’h

MELAKA, Malaisie (Reuters) - Philippe Mauduit, directeur sportif de l’équipe cycliste BBox-Bouygues Telecom, fait ce qu’il aime : vivre le cyclisme au quotidien et assouvir sa soif de connaissance au fil des courses.

Globe-trotter du vélo, cet ancien enseignant en lycée professionnel offre son expérience à ses coureurs, cette semaine, pendant le Tour de Langkawi.

Il n’est pas le dirigeant d’équipe le plus connu en France et ne cherche surtout pas à l’être.

“J’ai commencé le cyclisme quand j’étais déjà enseignant en carrosserie automobile à Neuilly-sur-Marne, en banlieue”, dit-il. “Deux-trois ans plus tard, à Roubaix, je gagnais autant d’argent sur mon vélo que dans la classe et j’ai choisi de ne faire que du vélo.”

Ce coureur spectaculaire, amateur d’échappées, a connu le monde professionnel grâce à la formation Besson Chaussures mais il était déjà tard et en 2000, à 32 ans, jugeant avoir fait le tour de la question, il a pris sa retraite et juré ne plus revenir dans ce monde qui ne l’étonnait plus.

“La firme Nippo Hondo, qui était l’un des partenaires de mon équipe pro m’a pourtant proposé d’aller diriger de jeunes coureurs dans des courses du circuit japonais, notamment la Japan Cup ou les Tours d’Okinawa ou de Hokkaido”, se souvient Mauduit.

“A la fin de la deuxième année, j’ai monté un club en France pour accueillir ces jeunes coureurs en leur proposant une vraie structure. Tous mes coureurs allaient à la Fac à Poitiers.”

Deux ans plus tard, la firme Nippo Hondo a décidé de monter une équipe continentale, projet que Mauduit n’a pas jugé raisonnable.

BALUCHON

Cela s’est fait sans lui et le Tourangeau a refait son baluchon pour mener à bien des missions pour l’UCI aux Bermudes puis en Chine. Où l’affaire s’est terminée brutalement.

“J’avais un bon feeling en Chine”, dit-il pourtant.

“En 2004 nous nous sommes mis d’accord pour que je dirige leur projet olympique avant les Jeux olympiques de 2008. Le soir de la signature de mon contrat, en présence de membres du gouvernement ou du président de la fédération chinoise, ancien colonel de l’armée, j’ai appris que mon salaire était divisé par deux mais que des primes d’objectifs devaient compenser.

“Le lendemain matin, j’ai pris le bus devant l’hôtel et je suis rentré en France.”

L’année suivante, il a intégré l’équipe du Vendée U, a fait rapidement la démonstration de sa compétence et de la pertinence de sa philosophie.

Tout naturellement, il a intégré l’équipe Bouygues Telecom.

“Je dois le dire, je ne trouve pas mon compte tous les jours dans le cyclisme professionnel, programmé, prévisible et de plus en plus aseptisé mais il y a des jours qui me font tout oublier”, explique Mauduit.

“J’aime toujours autant ce sport et la relation qu’il permet de nouer avec les gens. Les jeunes coureurs ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont d’être professionnels aujourd’hui et je suis très dur avec eux s’ils ne sont pas sérieux.

“Venir ici fait partie de leur apprentissage même s’ils sont dans leur bulle et ne réalisent pas toujours les conditions de vie des gens loin de France.”

Le soir après l’étape, Philippe Mauduit fait le tour des chambres d’hôtels et va voir ses coureurs. Puis il prend son vélo et va visiter la ville d’arrivée, toujours avide de connaissances et de nouveautés.

A Melaka, ville historique de l’Océan Indien, il s’est échappée jusqu’à la tombée de la nuit.

Gilles Le Roc’h, édité par Julien Prétot

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