February 5, 2009 / 3:03 PM / 11 years ago

Ligue 1: Jérôme Alonzo, le gardien qui étonne et détonne

NANTES (Reuters) - Forte personnalité, jamais avare d’un bon mot, Jérôme Alonzo, le gardien du FC Nantes qui va retrouver samedi le PSG dont il a porté les couleurs pendant sept ans, fait figure d’ovni dans un milieu du football où il se reconnaît de moins en moins.

Après avoir quitté à contrecoeur le Parc des Princes, Jérôme Alonzo a retrouvé à Nantes une place de titulaire et de capitaine de route. "L'envie est toujours là, c'est mon moteur, et si on me propose de prolonger, je ne me vois pas dire non." /Photo prise le 6 mai 2008/REUTERS/Charles Platiau

“J’ai fait ma route, ça va mieux”, dit-il toutefois.

C’est un euphémisme de dire que Jérôme Alonzo a mal vécu son départ de la capitale. De ce septennat où il a plus souvent joué les doublures, le natif de Menton avoue avoir fait son deuil.

“Mercredi, j’ai regardé le match de mes anciens potes (contre Bordeaux-NDLR) avec un sentiment neutre”.

Après avoir quitté un club “où il s’est passé une belle chose”, le gardien également passé par Nice, Marseille et Saint-Etienne a posé ses valises à Nantes.

À 36 ans, il a quitté à contrecoeur le Parc des Princes, l’ambiance des “classicos” face à l’OM mais a retrouvé une place de titulaire et de capitaine de route.

“Quand j’ai rejoué ici, ça a aidé à cicatriser”, relativise aujourd’hui celui qui n’est pas étranger au redressement de l’équipe.

“Ca fait deux ans que je n’avais pas joué en championnat”, rappelle-t-il. “Je gagne en régularité, je peux encore progresser pour rester au plus haut niveau encore quelques années.”

Jérôme Alonzo reconnaît que son corps le fait souffrir, qu’il évite régulièrement la séance du jeudi pour ne pas trop tirer sur la corde mais qu’il n’est pas prêt à arrêter.

“POUVOIR S’ACHETER UNE CHEMISE LE LUNDI”

“L’envie est toujours là, c’est mon moteur, et si on me propose de prolonger, je ne me vois pas dire non.”

Titi parisien devenu canari, il se verrait bien débuter sa reconversion dans un de ces clubs.

“Être actionnaire du PSG, non, mais entraîner les gardiens, travailler au centre de formation, j’ai vraiment envie de le faire”, dit-il.

Car derrière son côté ‘déconneur’, Jérôme Alonzo ne se retrouve pas trop dans le football qu’il fréquente.

“Ma génération a débuté avec 9.500 francs par mois. Aujourd’hui le salaire est le même... Mais en euros. Avec la réserve de Nice en D3, on faisait 12 heures de bus pour aller au Puy-en-Velay, gagner 150 francs de prime et pouvoir s’acheter une chemise le lundi”, se souvient-il.

“Maintenant, tu fais cinq matches en Ligue 1, tu réclames 70.000 euros. Et le pire c’est que quand tu dis ça, tu passes pour un vieux c... Mais je suis sûr qu’il ya quelque chose de génial à faire auprès des jeunes.”

Le portier du FC Nantes se refuse à “cracher dans la soupe” mais regrette le “pouvoir du pognon et le manque d’affinités d’un milieu qui est en train de partir en sucette”.

En attendant de changer, peut-être, les mentalités, Jérôme Alonzo veut croquer dans sa carrière sportive, dès samedi face à un PSG qu’il aimerait bien “taper”, et plus tard avec une équipe nantaise qui aura gagné en maturité.

“Si aujourd’hui on pense que c’est fait pour le maintien, on est mort, mais je suis très optimiste. Nantes a tout pour devenir une des belles équipes du championnat dans les trois, quatre prochaines années.”

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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