6 janvier 2014 / 07:23 / il y a 4 ans

"Sharknado", mot le plus inutile de l'année 2013

NEW YORK (Reuters) - Les experts de l‘American Dialect Society, réunis en convention annuelle à Minneapolis, ont élu mot le plus inutile de l‘année le terme “Sharknado”, contraction de shark (requin) et de tornado (tornado) spécialement créée pour les besoins d‘un téléfilm qui a fait sensation.

Projection du téléfilm américain "Sharknado" dans un cinema de New York. Les experts de l'American Dialect Society, réunis en convention annuelle à Minneapolis, ont élu mot le plus inutile de l'année le terme "Sharknado", contraction de shark (requin) et de tornado (tornado) spécialement créée pour les besoins de ce film catastrophe à petit budget formulant l'hypothèse d'une tornade géante aspirant des requins au-dessus du Pacifique et les faisant pleuvoir sur Los Angeles. /Photo prise le 2 aoüt 2013/REUTERS/Lucas Jackson

Diffusé cet été aux Etats-Unis par la chaîne câblée Syfy, ce film catastrophe à petit budget formulait l‘hypothèse d‘une tornade géante aspirant des requins au-dessus du Pacifique et les faisant pleuvoir sur Los Angeles.

Lors de sa diffusion, avec 1,4 million de téléspectateurs, “Sharknado” a fait un peu moins bien que les audiences normales pour une production Syfy, abonnée aux films déjantés comme “Dinocroc contre Supergator” ou “Piranhaconda”.

Mais il a rencontré un succès phénoménal sur Twitter, générant jusqu‘à 5.000 tweets par minute d‘internautes stupéfaits et hilares. Aussitôt reprogrammé, “Sharknado” a vu ses audiences progresser (2,1 millions de téléspectateurs en troisième diffusion), cas de figure inédit dans l‘histoire des rediffusions sur Syfy, et a eu les honneurs d‘une sortie spéciale dans des salles de cinéma.

Même si la chaîne projette déjà un “Sharknado 2”, les linguistes, grammairiens, historiens, chercheurs, écrivains et éditeurs de l‘American Dialect Society en ont pourtant fait leur mot le plus inutile de l‘année.

Avec 162 suffrages, il devance de très, très loin le terme “cronut”, hybridation de croissant et de donut qui a obtenu 18 voix.

A l‘inverse, dans la catégorie du mot de l‘année, c‘est la conjonction “because” (parce que) qui l‘emporte, devant “twerk” (une danse très suggestive), “selfie” (autoportrait réalisé au moyen d‘un smartphone et mis en ligne sur les réseaux sociaux) ou “Obamacare” (la réforme de la santé aux Etats-Unis).

“Au cours de l‘année écoulée, le mot très ancien ‘because’ a explosé du fait de nouvelles possibilités grammaticales dans ses emplois informels en ligne”, explique Ben Zimmer, qui dirige le comité des mots nouveaux, dans un communiqué.

“‘Because’ n‘a plus à être suivi par ‘of’ ou par une proposition complète”, ajoute-t-il. “Aujourd‘hui, on voit souvent des propositions logiques sèchement formulées comme ‘because science’ (parce que la science) ou ‘because reasons’ (parce que des raisons).”

Les experts de l‘Americain Dialect Society se hasardent aussi à des prédictions.

Ils ne voient guère de perspectives pour “Thanksgivukkah”, contraction des fêtes de Thanksgiving et de Hannoukah qui coïncidaient en 2013, une conjonction qui ne se reproduira pas avant 70.000 ans.

En revanche, un bel avenir attend selon eux le verbe “binge watch”, ou le fait d‘enchaîner en séance marathon un très grand nombre d‘épisodes d‘une série TV (ou la totalité des Sharknado et autres Piranhaconda).

Avec Eric Kelsey à Los Angeles; Henri-Pierre André pour le service français

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