25 avril 2008 / 07:28 / dans 10 ans

L'exposition du corps de Padre Pio déclenche l'effervescence

par Philip Pullella

<p>La petite ville italienne de San Giovanni Rotondo, dans le sud du pays, s'appr&ecirc;te &agrave; vivre &agrave; partir de jeudi de longs mois d'effervescence avec l'exposition du corps de Padre Pio, moine mystique r&eacute;v&eacute;r&eacute; en Italie. /Photo d'archives/REUTERS/Tony Gentile</p>

SAN GIOVANNI ROTONDO, Italie (Reuters) - La petite ville italienne de San Giovanni Rotondo, dans le sud du pays, s‘apprête à vivre à partir de jeudi de longs mois d‘effervescence avec l‘exposition du corps de Padre Pio, moine mystique révéré en Italie.

Le corps de Francesco Forgione, moine capucin mort en 1968 après avoir porté les stigmates du Christ crucifié, sera placé dans un cercueil de verre aux alentours de 13h00 (11h00 GMT) à l‘issue d‘une messe en plein air à laquelle 15.000 fidèles devraient assister.

La messe sera dite en présence du cardinal Jose Saraiva Martins, préfet de la Congrégation des causes des saints, et retransmise en direct à la télévision.

Sa dépouille a été exhumée le 3 mars dernier et serait, quarante ans après sa mort, dans un “état correct”. Les scientifiques qui ont travaillé à sa reconstruction post-mortem et les moines qui ont vu le corps ont été tenus au silence.

Quelque 750.000 réservations ont d‘ores et déjà été enregistrées dans la ville, où le corps de Padre Pio sera exposé jusqu‘en décembre. On s‘attend à ce que 7.000 pèlerins se succèdent chaque jour devant le cercueil.

Padre Pio fait l‘objet d‘un culte sans équivalent en Italie. D‘après un sondage publié en 2006 par le magazine Famiglia Cristiana, les catholiques italiens sont plus nombreux à le prier que toute autre figure du catholicisme, y compris la Vierge Marie ou le Christ.

On recense dans le monde quelque 3.000 groupes de prière qui lui sont consacrés, réunissant au total trois millions de personnes. Depuis sa mort, sept millions de fidèles se sont recueillis en moyenne chaque année sur sa tombe de marbre.

“Je connaissais Padre Pio, il a sauvé ma vie d‘une terrible maladie”, confie une Italienne âgée arrivée dès mercredi dans la ville des Pouilles. “Je travaillais comme employée de maison dans le nord et je suis venue ici après avoir été guérie, je marchais parfois 20 km avec lui au Monte Sant’ Angelo (ndlr, un sanctuaire)”, ajoute-t-elle.

<p>Des p&egrave;lerins sur les marches du sanctuaire de Padre Pio, dans le village de San Giovanni Rotondo, dans le sud de l'Italie. La petite ville italienne s'appr&ecirc;te &agrave; vivre de longs mois d'effervescence avec l'exposition du corps de Padre Pio. Mort en 1968 apr&egrave;s avoir port&eacute; les stigmates du Christ crucifi&eacute;, ce moine capucin sera plac&eacute; dans un cercueil de verre aux alentours de 13h00 &agrave; l'issue d'une messe en plein air &agrave; laquelle 15.000 fid&egrave;les devraient assister. /Photo prise le 24 avril 2008/REUTERS/Alessandro Bianchi</p>

Mais elle refuse d‘en dire plus et coupe court à la discussion: “Allez à la messe et prier pour Padre Pio au lieu de parler avec moi.”

CANONISÉ EN 2002

Parmi les nombreuses histoires liées au moine, l‘une affirme qu‘il a combattu le diable une nuit durant dans sa cellule monacale.

Padre Pio, assurent certains croyants, était capable de prédire l‘avenir et de découvrir les péchés des fidèles avant même qu‘ils se confessent.

Le pape Jean Paul II l‘a canonisé en 2002. La cérémonie avait attiré une foule parmi les plus imposantes jamais vues au Vatican.

Mais toute sa vie durant, et au-delà de son trépas, Padre Pio a été poursuivi par le soupçon.

Selon un ouvrage publié l‘an dernier par l‘historien Sergio Luzzatto, à l‘origine d‘une très vive polémique, il se serait infligé lui-même les stigmates du Christ en croix en utilisant du phénol. Des documents retrouvés dans les archives du Vatican établiraient que le religieux a commandé en secret des bouteilles de ce produit corrosif et toxique.

“Le métier d‘un historien n‘est pas de dire si un miracle est vrai ou faux, mais de comprendre pourquoi dans un pays comme l‘Italie, qui peut être considéré au XXe siècle comme plutôt laïque, les miracles sont si importants”, expliquait l‘historien dans une interview accordée en octobre à Reuters.

D‘après son livre, intitulé “Padre Pio, miracles et politique dans l‘Italie du XXe siècle”, le Vatican aurait fait preuve de réticences face aux miracles attribués au moine avant de céder face à la ferveur populaire l‘entourant.

Avec Robin Pomeroy, version française Henri-Pierre André

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