June 19, 2009 / 10:20 AM / 11 years ago

La vente de Rafale aux Emirats arabes Unis se rapproche

par Matthias Blamont et Benoît Van Overstraeten

La perspective d'une première vente de Rafale à l'exportation est devenue un peu plus concrète vendredi alors que les Emirats Arabes Unis ont transmis à la France leurs exigences en matière d'équipement de l'avion de combat assemblé par Dassault Aviation. /Photo prise le 19 juin 2009/REUTERS/Pascal Rossignol

LE BOURGET-ABOU DHABI (Reuters) - La perspective d’un premier contrat à l’export du Rafale s’est un peu concrétisée vendredi alors que les Emirats arabes unis ont transmis à la France les spécifications pour l’équipement de l’avion de combat assemblé par Dassault Aviation.

Des sources proches du dossier ont néanmoins indiqué à Reuters que les discussions entre les deux parties étaient susceptibles de se prolonger “encore plusieurs mois.”

En déplacement à Bruxelles pour un sommet européen, le président Nicolas Sarkozy a affirmé avoir “une idée très précise” des délais nécessaires à la conclusion d’un accord, qui porterait sur l’acquisition de 60 Rafale, sans en dire davantage.

“Nous nous félicitons de l’avancement du dossier et des progrès des discussions entre notre société et les autorités émiraties. Nous restons attentifs aux demandes du client et nous mettons tous les moyens en oeuvre pour satisfaire ses besoins dans les délais les plus rapides”, a déclaré pour sa part un porte-parole de Dassault Aviation, en marge du 48e salon aéronautique du Bourget.

Au début du mois, la présidence française avait fait état de discussions entre les Emirats et la France pour le remplacement des Mirage 2000 de l’armée de l’air émiratie par des Rafale.

Les analystes estiment que le contrat pourrait générer six à huit milliards d’euros de chiffre d’affaires en tenant compte à la fois des livraisons des avions et des équipements militaires associés.

Plus tôt dans la matinée, WAM, l’agence de presse publique des Emirats a précisé que “le gouvernement français avait reçu les spécifications techniques et opérationnelles du Rafale.”

“La date de la signature de l’accord (...) devrait être fixée à l’issue de la conclusion des négociations financières”, avait poursuivi l’agence.

“Les spécifications techniques étant définies entre les deux pays, les discussions portent désormais clairement sur le prix”, a expliqué une source proche du dossier.

VARIABLE D’AJUSTEMENT

“La France et les Emirats négocient le prix de l’avion et des équipements mais également la reprise des Mirage, c’est la variable d’ajustement qui peut faire bouger le prix global de l’opération. Les équipes de Dassault ne veulent pas que la valeur faciale du contrat diminue”, a expliqué une autre source, industrielle.

Un autre connaisseur du dossier ayant requis l’anonymat note que les Etats-Unis, qui équipent également la flotte militaire des Emirats avec des F-16 fabriqués par Lockheed Martin, devraient essayer de peser dans la négociation jusqu’au bout. “S’ils peuvent faire capoter l’opération et proposer des F-18 (Boeing) ou des F-35 (Lockheed), ils n’hésiteront pas”, avertit-il.

Le Rafale, avion de combat “omnirôle”, n’est actuellement en service que dans l’armée de l’air et la marine françaises. Les équipes de Dassault Aviation ont échoué à plusieurs reprises à placer l’avion à l’international ces dernières années, notamment en Corée du Sud, à Singapour, en Australie et au Maroc.

L’espoir est revenu ces derniers mois du Moyen-Orient, une région qui entretient des relations proches avec la France. Certains spécialistes entrevoient la possibilité d’un contrat Rafale au Qatar ou au Koweit si les Emirats font le premier pas.

En attendant, les pouvoirs publics français multiplient les efforts dans la région. Nicolas Sarkozy a inauguré fin mai une nouvelle base militaire à Abou Dhabi et monté à l’Elysée une “cellule” dédiée au dossier Rafale.

“Le communiqué (de l’Elysée) du jour signifie surtout que le salon du Bourget est fini, rendez-vous à Dubaï”, a fait observer une quatrième source.

Le salon aéronautique de Dubaï se tiendra du 15 au 19 novembre prochain et pourrait être le lieu de l’annonce tant attendue.

Nicolas Sarkozy, qui avait prévu de prononcer un discours au Bourget samedi, devrait seulement visiter les stands des industriels.

Avec la contribution de Cyril Altmeyer et de Tim Hepher, édité par Jean-Michel Bélot

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