16 septembre 2008 / 13:46 / il y a 9 ans

LEAD 2 Goldman Sachs-Le bénéfice a fondu de 70% au 3e trimestre

par Joseph Giannone

NEW YORK, 16 septembre (Reuters) - Goldman Sachs (GS.N), la première banque d‘affaires américaine, a annoncé mardi une chute de 70% de son bénéfice net au troisième trimestre, les turbulences des marchés financiers ayant fait chuter le chiffre d‘affaires dans la quasi-totalité des segments d‘activité.

Le résultat se révèle supérieur aux attentes, mais la plus grosse des deux banques d‘affaires américaines encore sur pied après la disparition de Lehman Brothers LEH.P et le rachat de Merrill Lynch MER.N a dû déprécier pour 1,1 milliard de dollars sur le trimestre et son produit net bancaire (chiffre d‘affaires) est inférieur aux attentes.

L‘action Goldman, qui chutait de 11% à 120,60 dollars dans les premiers échanges, reculait encore de 6,2% à 127,08 dollars en matinée, dans des volumes très animés

Goldman est parvenu à dépasser les attentes pour son BPA, même si celles-ci avaient été revues en baisse, et inscrit un bénéfice alors que le marché n‘a jamais été aussi ébranlé depuis des décennies.

“C‘est un effort héroïque”, estime Mike Holland (Holland & Co, New York).

“Croire qu‘une société financière quelle qu‘elle soit puisse s‘en tirer sans une égratignure dans le marasme actuel, ce serait être bien naïf”, renchérit Walter Todd chezGreenwood Capital.

Le bénéfice net s‘est établi à 845 millions de dollars ou 1,81 dollar par action pour le trimestre clos le 29 août, contre 2,85 milliards ou 6,13 dollars par action un an plus tôt.

Le produit net bancaire a été réduit de moitié pour tomber à 6,04 milliards. Il était de 12,3 milliards de dollars au troisième trimestre 2007.

Le consensus des analystes donnait 1,75 dollar pour le BPA et 6,3 milliards pour le PNB.

TRIMESTRE DIFFICILE

Sur un an, les sociétés financières ont accusé plus de 500 milliards de dollars de dépréciations d‘actifs, alors que la crise des crédits immobiliers à risque se transformait en crise du crédit généralisée.

Goldman a pour l‘instant réussi à éviter les grosses dépréciations annoncées par ses concurrents.

Mais la banque est réputée pour investir beaucoup d‘argent sur les marchés pour son compte propre, ce qui a mis mal à l‘aise plus d‘un investisseur. Elle a subi à ce niveau une perte nette de 453 millions de dollars sur le trimestre.

Le directeur financier de Goldman David Viniar a indiqué lors d‘une téléconférence que le groupe était devenu plus prudent en matière de prise de risque.

Comme on s‘y attendait, les revenus de la branche banque d‘investissement ont chuté de 40%, conséquence d‘une activité qui tourne au ralenti en matière de fusions-acquisitions et autres opérations de montage d‘affaires.

Les revenus de l‘obligataire ont chuté des deux tiers, reflet d‘une activité là encore en baisse, notamment dans le trading sur crédits immobiliers et ceux des transactions boursières.

Le trimestre comporte aussi 1,1 milliard de dollars de pertes sur des financements aux entreprises notées en catégorie spéculative (junk) et sur les crédits immobiliers, résidentiel et commercial.

Les revenus de la gestion d‘actifs ont diminué de 6%, en raison d‘une baisse des commissions, de la chute des cours de Bourse et d‘une sortie nette de capitaux de sept milliards de dollars.

“Ce fut un trimestre difficile alors que nous avons constaté une baisse marquée dans l‘activité de la clientèle et une baisse de la valorisation des actifs”, a déclaré Lloyd Blankfein, le directeur général de Goldman dans un communiqué.

PAS DE RACHAT D‘UNE BANQUE D‘AFFAIRES

La semaine dernière, Lehman Brothers avait fait état d‘une perte de 3,9 milliards de dollars au troisième trimestre après avoir perdu 2,8 milliards de dollars au deuxième trimestre, en raison de dépréciations de huit milliards de dollars et d‘une forte baisse de l‘activité dans la banque et sur les marchés.

A la différence de Bank of America (BAC.N) qui va racheter Merrill Lynch et de JPMorgan (JPM.N) qui a repris Bear Stearns, Goldman Sachs dit ne pas vouloir racheter une banque commerciale, ni en avoir besoin.

Cette année, la rumeur a couru selon laquelle Goldman étudiait la reprise d‘une banque, notamment de Wachovia WB.N. Mais mardi, David Viniar, s‘est inscrit en faux contre l‘idée en vogue ces derniers temps selon laquelle les grandes banques d‘affaires de Wall Street auraient besoin de s‘adosser à une banque de dépôt pour survivre à la tourmente du moment.

“C‘est intéressant d‘entendre dire que le modèle ne marche pas parce qu‘on n‘a pas de base de dépôt, parce que les dépôts financent les actifs bancaires”, a déclaré le directeur financier.

“Notre activité et celle de nos concurrents sur les marchés financiers sont financées par les marchés financiers, par nous et par eux”, a-t-il dit.

“Les dépôts bancaires financent l‘activité bancaire et les marchés financiers financent l‘activité sur les marchés financiers. C‘est ça le modèle”, a-t-il ajouté./DRO/WYE

Version française Wilfrid Exbrayat et Danielle Rouquié

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below