14 avril 2009 / 16:40 / il y a 9 ans

Europe/Banque - Bon T1 en perspective mais cela durera-t-il?

* Bon T1 en vue pour les banques européennes, notamment pour la banque d‘investissement

* souci avec les rehausseurs et les particuliers

* Hausse de 4% de l‘indice sectoriel depuis janvier

par Olessia Dmitracova

LONDRES, 14 avril (Reuters) - Les banques européennes auront sans doute bien résisté à la conjoncture au premier trimestre mais quant à savoir si cela annonce le début d‘un redressement, c‘est la question que se posent les investisseurs.

“De la même manière que les marchés des capitaux ont souffert avant l’économie réelle, ainsi ils pourraient se redresser avant elle, c‘est que l‘on espère”, dit un analyste bancaire. “Ce qu‘on craint c‘est que tous ces propos positifs ne se révèlent quelque peu ponctuels et creux”.

Les nouvelles en provenance des Etats-Unis sont bonnes et UBS UBSN.VX, la première banque suisse, fera un point mercredi à l‘occasion de son assemblée générale annuelle. D‘autres points et des résultats suivront dans le semaines qui viennent, émanant notamment de Crédit Suisse CSGN.VX ou encore Barclays (BARC.L).

La banque américaine Goldman Sachs (GS.N) a publié lundi des résultats bien meilleurs que prévu, grâce à de solides revenus tirés des changes, des marchés de taux et des matières premières [ID:nLE138596]. Cette nouvelle a soutenu les bancaires européennes, dont l‘indice sectoriel .SX7P a réalisé le plus fort gain de la séance mardi. Il affiche une hausse de plus de 4% depuis le début de l‘année après un bond de près de 79% par rapport à son plus bas de 16 ans inscrit le 9 mars.

Reste que les investisseurs redoutent de nouvelles dépréciations sur des produits structurés ainsi que des pertes sur les crédits traditionnels, récession oblige.

Les analystes de KBW ont déclaré mardi s‘attendre à des “résultats convenables” pour les banques européennes au premier trimestre, mais ils s‘attendent également, comme d‘autres de leurs confrères, à ce que la dégradation de la qualité des actifs se confirme.

Selon Morgan Stanley, la plupart des banques européennes présentes à une conférence organisée il y a deux semaines par la banque ont dit avoir été rentables de janvier à mars, grâce à des marchés plus actifs et à une détérioration du crédit moins forte que prévu.

Les banques d‘investissement ont noté de leur côté une hausse de 60 à 100% de leurs revenus dans les changes, les taux et le crédit par rapport à ce qu‘elles constataient avant la crise, font valoir les analystes de Morgan Stanley.

Les banques ont tiré parti de l‘engouement des investisseurs pour les obligations émises par les entreprises et également des besoins en cash des dites entreprises, autant d’éléments qui laissent penser que le deuxième trimestre verra un bon flux d’émissions obligataires après un premier trimestre qui aura déjà enregistré des volumes record.

REHAUSSEURS DE CREDIT ET PARTICULIERS

En revanche, levées de fonds sur les marchés et fusions et acquisitions sont deux segments qui se sont révélés bien moins lucratifs pour les banques. Les commissions pour des placements d‘actions ou d‘obligations, des fusions/acquisitions et des prêts syndiqués ont globalement chuté de 43% au premier trimestre, par rapport à la période comparable de 2008, selon des données de Thomson Reuters.

En ce qui concerne les résultats des banques elles-même, les analystes de Citigroup pensent que le Crédit Suisse et Deutsche Bank (DBKGn.DE) ont dégagé un bénéfice net au premier trimestre alors qu‘elles étaient en pertes un an plus tôt. Même UBS, que Citi voit dégager une perte de 109 millions de francs suisses, aurait considérablement amélioré ses finances si l‘on compare à la perte de 11 milliards du premier trimestre 2008.

Certains analystes doutent que l‘amélioration du secteur bancaire suive le même rythme qu‘au premier trimestre. Mars a été en retrait par rapport aux mois très actifs de janvier et février et les comptes du premier trimestre risquent d‘avoir bénéficié d’éléments exceptionnels compensant certaines dépréciations excessives réalisées auparavant.

L‘exposition aux rehausseurs de crédit reste un gros souci, tout comme les risques de dépréciations sur des prêts aux entreprises. Mais il n‘y a pas eu de grosses faillites durant le premier trimestre, ce qui repousse d‘autant la menace.

Une augmentation des créances douteuses sur les particuliers est en revanche prévisible au premier trimestre mais le pic des créances douteuses est peu probable avant la fin de l‘année voire 2010, observent des analystes.

Ce dernier facteur risque de retarder le redressement du secteur bancaire, les investisseurs préférant rester prudents tant que l‘ampleur du marasme n‘est pas connue exactement.

L‘espagnole Banesto BTO.MC pourrait fournir un premier indice sur la progression réelle des créances douteuses en publiant ses comptes jeudi car les banques hispaniques risquent de subir le contrecoup d‘un sévère retournement de conjoncture. Toutefois, les règles de provisionnement plus strictes édictées par la Banque d‘Espagne leur ont permis pour l‘instant de limiter la casse.

Version française Wilfrid Exbrayat, édité par Jean-Michel Bélot

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