25 mars 2010 / 06:20 / il y a 8 ans

LEAD 4 Hermès confirme ses objectifs 2010, le titre en baisse

* Résultat opérationnel 2009 en légère hausse, rentabilité en repli

* Objectif de croissance du C.A. de plus de 5% en 2010

* Le titre subit des prises de bénéfice en Bourse

(Actualisé avec commentaires, cours)

par Pascale Denis

PARIS, 25 mars (Reuters) - Rare acteur du luxe à avoir vu ses ventes progresser en 2009 malgré la crise, Hermès (HRMS.PA) a fait état jeudi d‘un résultat opérationnel en légère hausse et a confirmé tabler sur une croissance de ses ventes supérieure à 5% cette année.

Alors que les grands noms du luxe, comme LVMH (LVMH.PA) numéro un mondial du secteur, ont vu leurs ventes et leurs résultats baisser l‘an dernier, le groupe de la rue Saint-Honoré célèbre pour ses sacs et ses carrés de soie a fait la preuve de sa résistance.

“On a bien résisté, bien traversé l‘année 2009”, a déclaré à Reuters la directrice financière du groupe, Mireille Maury. “Mais voilà, c‘est plus prudent sur le moyen terme.”

Commentant les perspectives du marché mondial, le gérant d‘Hermès, Patrick Thomas, juge dans une interview au Monde que les années 2011 et 2012 seront “plus difficiles que 2099 et 2010” au niveau macroéconomique, mais il se dit “confiant” pour son groupe.

“Le marché du luxe va se segmenter. Il y aura toujours de plus en plus de demande pour le luxe ‘justifié'”, explique-t-il.

Hermès a vu son résultat net rester stable à 288,8 millions d‘euros en 2009 et son résultat opérationnel progresser de 3,1% à 462,9 millions, des chiffres globalement conformes aux attentes des analystes (consensus Thomson Reuters I/B/E/S de 296 et 458 millions d‘euros respectivement).

Mireille Maury a confirmé à Reuters les prévisions faites en février d‘une croissance des ventes supérieures à 5% cette année et d‘une marge opérationnelle stable, des objectifs jugés alors prudents par les analystes. (voir [ID:nLDE61403D]

Elle a précisé anticiper un résultat opérationnel en progression de plus de 5%.

PRISES DE PROFITS

La marge opérationnelle a reculé quant à elle à 24,2% des ventes (contre 25,5% un an plus tôt), Hermès ayant fait le choix d‘investissements soutenus malgré la crise (207 millions d‘euros sur l‘année). Mais elle est restée stable à taux de change constants.

Vers 17h00, le titre reculait de 1,85% à 103,20 euros à la Bourse de Paris, ce qui en faisait la troisième plus forte baisse du SRD, dans un marché en hausse de 1,27%.

Chez Jefferies, Gregory Jette note que “les perspectives pour l‘année sont prudentes et (que) le bénéfice net est légèrement inférieur aux attentes”.

Une analyste qui a souhaité garder l‘anonymat estime pour sa part que la valeur subit “naturellement des prises de bénéfices liées à sa valorisation”.

“Les résultats sont solides et en ligne, les perspectives ont été confirmées par la direction et le titre avait touché des plus hauts historiques depuis un mois”, commente-t-elle.

“C‘est tout simplement trop cher”, renchérit un trader.

La valeur, qui a sous-performé le secteur du luxe au cours des six derniers mois, continue cependant d‘afficher les multiples de valorisation les plus élevés du luxe. Elle se traite à plus de 30 fois ses bénéfices estimés pour 2011, contre une moyenne d‘environ 20 fois pour le secteur.

En 2009, les investissements d‘Hermès ont principalement porté - outre l‘achat d‘un immeuble à Londres pour 80 millions d‘euros - sur le renforcement de ses capacités de production et sur son réseau de magasins.

MOINS DE BOUTIQUES

Hermès a indiqué qu‘il comptait ouvrir 12 magasins cette année, dont un deuxième à Paris, rue de Sèvres, après 14 ouvertures et neuf rénovations l‘an dernier.

Patrick Thomas a précisé que le rythme d‘ouverture de sept à huit boutiques par an allait se ralentir “afin de ne pas nous banaliser, de garder une stratégie de valeur, pas de volume”.

Pour certains sacs, fabriqués dans des peaux rares, les listes d‘attentes peuvent atteindre plusieurs années.

“Hermès n‘a pas fait de compromis pendant la crise (pas de modification drastique du ‘mix’ vers des produits moins chers, pas de baisse des dépenses de communication)”, commente Antoine Belge, analyste chez HSBC.

Il estime entre outre que, contrairement aux années passées, le groupe ne devrait pas sous-performer lors de la reprise du secteur.

“Avec son positionnement classique, Hermès devrait bénéficier de la tendance actuelle vers moins de consommation ostentatoire”, précise-t-il.

Hermès, qui indique n‘avoir procédé à aucun rachat d‘actions l‘an dernier, proposera un dividende en légère hausse à 1,05 euro par action, contre 1,03 euro un an auparavant.

avec la contribution d'Astrid Wendlandt, édité par Dominique Rodriguez

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