23 février 2010 / 15:50 / dans 8 ans

EADS à la croisée des chemins sur l'A400M et les tankers US

* Réunions cruciales pour l‘A400M mercredi et jeudi

* Cahier des charges définitif de l‘US Air Force sur les ravitailleurs prévu cette semaine

* L‘action EADS en nette hausse à Paris

par Tim Hepher

PARIS, 23 février (Reuters) - EADS EAD.PA se prépare à vivre mercredi et jeudi deux journées importantes pour l‘avenir de ses deux grands programmes de défense, l‘avion de transport militaire A400M et le ravitailleur A330 MRTT.

Le géant européen d‘aéronautique et de défense, maison mère d‘Airbus, espère parvenir à un accord, au moins de principe, avec les sept pays de l‘Otan clients de l‘A400M à l‘occasion d‘une réunion informelle des ministres de la Défense organisée par la présidence espagnole de l‘Union européenne à Palma de Majorque mercredi et jeudi.

Outre-Atlantique, l‘armée de l‘air américaine devrait communiquer cette semaine, probablement mercredi, le cahier des charges définitif de l‘appel d‘offres passé pour le remplacement de sa flotte d‘avions ravitailleurs, un contrat dont la première tranche est estimée à quelque 35 milliards de dollars (25,8 milliards d‘euros).

EADS et son partenaire américain Northrop Grumman (NOC.N) avaient remporté la compétition en 2008 avec l‘A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion dérivé de l‘A330 d‘Airbus. Boeing (BA.N) a contesté cette victoire parvenant ainsi à relancer l‘appel d‘offres au terme d‘une intense bataille juridique.

Lundi, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré avoir bon espoir que les deux parties soumettent une nouvelle proposition alors que Northrop Grumman a menacé de se retirer de la course. (Plus de détails [ID:nLDE61L2HV])

Un porte-parole d‘EADS a déclaré que le tandem Northrop-EADS examinerait les conditions de l‘appel d‘offres et s‘est refusé à tout commentaire sur le dossier A400M, un programme en retard de près de quatre ans et plombé par des dépassements de budget.

Le développement des 180 premiers A400M était évalué initialement à 20 milliards d‘euros mais un audit a établi que la facture totale pourrait dépasser les 31 milliards. EADS et les pays clients négocient le partage des surcoûts depuis plusieurs semaines.

L‘issue des projets A400M et A330 MRTT aura, quelle qu‘elle soit, une influence importante sur l‘avenir de la rivalité EADS-Boeing dans les grands appels d‘offres de défense.

L‘A400M vient chasser sur les terres d‘un créneau jusqu‘ici dominé par le C-130 de Lockheed Martin (LMT.N) et le C-17 de Boeing. L‘A330 MRTT concurrence de son côté le savoir-faire américain dans le marché de niche du ravitaillement en vol. “Quand nous avons un problème avec un programme, nous offrons une compensation aux clients. Lorsque notre compétiteur a un problème, il demande une compensation aux clients”, a réagi un porte-parole de Boeing.

Vers 16h45, l‘action EADS progressait de 1% à 15,01 euros à la Bourse de Paris dans un marché où le CAC baisse de 1,4% .FCHI.

DE GAULLE A LA RESCOUSSE?

Vendredi, un porte-parole allemand du ministère allemand de la Défense a indiqué que les pays clients de l‘A400M avaient transmis une offre définitive à EADS. (Voir [ID:nLDE61I24Z])

Sur une addition désormais ramenée à 5,2 milliards d‘euros, les Etats envisagent d‘apporter deux milliards d‘euros d‘argent frais ainsi qu‘une enveloppe publique de 1,5 milliard d‘euros dont la forme exacte reste à définir.

Les gouvernements ont évoqué des “garanties à l‘export” mais EADS souhaiterait que cette aide de 1,5 milliard prenne la forme de chiffre d‘affaires afin d’éviter d‘alourdir son bilan avec de la dette supplémentaire.

La société doit présenter ses résultats 2009 le 9 mars et a déjà inscrit 2,4 milliards d‘euros de “provisions A400M.”

Une solution actuellement à l’étude, et mise sur pied en France il y a plusieurs décennies par le général de Gaulle, consisterait à octroyer une avance en échange d‘un pourcentage sur les recettes des futures exportations de l‘appareil.

Bien que la majorité des dispositifs d‘avances remboursables dans le domaine de la défense ne soit pas soumise aux règles de l‘Organisation mondiale du Commerce (OMC), plusieurs analystes ont fait valoir qu‘EADS pourrait néanmoins être critiqué s‘il devait accepter une avance remboursable sous une forme ou une autre.

Airbus et Boeing s‘accusent mutuellement depuis plusieurs années de recevoir des subventions indues et ont porté leur différend devant cette même OMC.

Avec Matthias Blamont, Ayla Jean Yackley et Sabine Siebold, édité par Jean-Michel Bélot

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