18 mars 2009 / 14:23 / dans 9 ans

France - Les projets de stade ne connaissent pas la crise

* 30 projets de création ou de rénovation de stades en France dont l‘enveloppe totale se chiffre en milliards d‘euros

* soutien de la candidature à l‘Euro 2016 et de la volonté de relance de l’économie

* mutation des enceintes sur les modèles anglais, italien et allemand

par Gilles Guillaume

LE MANS, 18 mars (Reuters) - Les projets de stades aux quatre coins de la France, qui se chiffrent en milliards d‘euros, progressent malgré la crise économique, soutenus par la perspective de l‘Euro 2016 et le recours à des modes de gestion et de financement inédits jusqu‘ici dans l‘Hexagone.

“La crise n‘est pas un frein, on a toujours besoin de ce type d‘infrastructures, surtout dans l‘esprit de la relance de l’économie”, déclare Xavier Lapeyraque, directeur général de Le Mans Stadium, filiale à 100% du groupe Vinci (SGEF.PA) chargée de la construction du nouveau stade du Mans.

“Nous parlons ici du financement d‘un actif pour le long terme, non du financement classique de l‘activité d‘une entreprise.”

La Commission “Grands Stades Euro 2016”, dirigée par Philippe Séguin et créée l‘an dernier pour piloter la modernisation des enceintes sportives françaises en vue de la candidature à l‘organisation du championnat d‘Europe des Nations, a répertorié pas moins de 30 projets de création ou de rénovation de stades de football, répartis sur l‘ensemble du territoire puisque 16 régions sur 22 sont concernées.

Le Grand Stade de Lille (50.000 places), dont la construction et l‘exploitation a été confiée à Eiffage (FOUG.PA), représente un investissement de plus de 300 millions d‘euros et sera livré en 2012. Celui du Mans (25.000 places), dont Vinci a également décroché la concession, pèse 100 millions et entrera en service en 2010, tout comme le stade Nungesser II à Valenciennes, réalisé par Bouygues (BOUY.PA).

D‘autres projets sont étudiés pour 2013 ou 2014: l‘Eurostadium de Strasbourg (42.000 places), le stade Plaine du Var à Nice (jusqu’à 45.000 places), l‘OL Land de Lyon (62.000 places) et le Grand Vélodrome de Marseille où les travaux d‘agrandissement pourraient porter la capacité à 70.000 sièges.

La France possède actuellement cinq stades d‘au moins 40.000 places, dont le Stade de France et le Parc des Princes aux portes de Paris. L‘Allemagne en abrite plus de quinze, l‘Italie douze et l‘Angleterre neuf.

Pour faire face à ces défis, la Commission Séguin estime que l‘Hexagone ne pourra faire l’économie d‘une mutation profonde.

“Le stade est, dans notre pays, le plus souvent propriété de la collectivité locale, et à ce titre, davantage perçu comme un enjeu politique que vu comme un centre de ressources et de profits”, écrivait-elle en novembre dans son rapport.

L‘IMPORTATION DU “NAMING”

Ce constat l‘a conduite à prôner un rééquilibrage du financement des projets en faveur du secteur privé et à plaider pour que les clubs français soient davantage associés à l‘exploitation des enceintes où résident leurs joueurs.

Le futur stade du Mans explore à ce titre plusieurs pistes nouvelles. Le club local, le MUC 72, utilisateur principal, sera associé dans la société d‘exploitation du stade à Vinci, à qui il versera une redevance comportant une part fixe et une part variable basée sur la fréquentation.

Le montage financier comprend également un contrat de “naming” avec l‘assureur MMA, le premier du genre pour un stade français. Sur le modèle de l‘Emirates Stadium d‘Arsenal à Londres ou de l‘Allianz Arena du Bayern à Munich, le nouveau stade du Mans est baptisé MMArena, moyennant le versement par l‘assureur français d‘un million d‘euros par an sur dix ans.

Le MMArena ou le Grand Stade de Lille sont aussi clairement conçus pour être davantage que des stades de football et permettre aussi l‘organisation de concerts, de congrès et d‘expositions afin d‘optimiser l‘utilisation du site. Autre point commun, le recours partiel ou intégral au financement en PPP (Partenariat public privé). Ce dispositif, que le gouvernement vient de réformer, permet à une collectivité publique de confier à une entreprise privée la mission de financer, construire et gérer un équipement dans le cadre d‘une concession de longue durée. La collectivité peut ne rien débourser en amont. Une fois l‘ouvrage livré, elle paye en revanche un loyer annuel au concessionnaire.

La commission Séguin juge que la floraison des projets “doit beaucoup à des dynamiques locales propres qui voient dans le sport professionnel un outil de développement de l‘attractivité des villes et des territoires, un facteur de contribution à la croissance économique.”

Le secrétaire d’État chargé des Sports Bernard Laporte y voit lui aussi un investissement conforme à l‘esprit du plan de relance, avec à la clé 15.500 emplois dans la construction puis 4.500 emplois sur le long terme, notamment dans l‘entretien et la surveillance des enceintes.

“La plupart des projets ont été initiés avant la crise”, reconnaît Jean-Marie Geveaux, vice-président du Conseil général de la Sarthe en charge des sports et l‘un des intervenants publics sur le projet du Mans. “Mais ce n‘est surtout pas le moment de mollir, maintenant moins que jamais.”

Pour l‘encadré sur les nouveaux financements en PPP [ID:nLC971429]

Édité par Jacques Poznanski

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