April 20, 2020 / 7:20 AM / 3 months ago

GESTION-La troisième vague du coronavirus frappe les émergents-Amundi

PARIS, 20 avril (Reuters) - Après une première vague en Chine et en Asie de L’Est puis une deuxième en Europe et aux Etats-Unis, une troisième vague de la pandémie de coronavirus déferle sur les pays émergents où elle pourrait provoquer des récessions en série, dit-on chez Amundi Asset Management.

S’ils bénéficieront de l’expérience des pays touchés antérieurement, les pays émergents et pré-émergents (“marchés frontières”) souffriront en revanche d’une capacité moindre à gérer l’urgence sanitaire et de ressources inférieures à celles des pays développés, lit-on dans une note du numéro un européen de la gestion d’actifs.

Des effets significatifs sur les perspectives économiques de ces pays sont donc à prévoir, selon Amundi, qui souligne les efforts déjà mis en oeuvre par des institutions internationales comme le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale et insiste sur l’importance du rôle de la Chine, qui s’est imposée comme un créancier majeur de ces pays.

Evaluer les risques auxquels font face les pays émergents nécessite de prendre en compte leur fragilité budgétaire et leur vulnérabilité externe, lit-on dans la note rédigée par les spécialistes des marchés émergents chez Amundi.

L’Afrique du Sud, la Colombie, la Hongrie et la Malaisie sont particulièrement exposées sur les deux fronts, selon eux.

Le coronavirus pèse en outre sur la demande de pétrole, ce qui devrait pénaliser les pays exportateurs et favoriser au contraires les importateurs comme la Turquie mais aussi la Chine, qui bénéficieront de la baisse des cours, estime Amundi.

En ce qui concerne les prix des actifs et les flux, la situation des émergents a commencé à s’améliorer, relèvent les experts de la société de gestion, qui restent néanmoins prudents en raison notamment des risques de détérioriation des bénéfices des entreprises et de restructuration de la dette.

En matière d’investissement, Amundi voit des opportunités dans la dette d’entreprise externe des pays émergents, notamment celle classée en catégorie spéculative (“high yield”), avec l’écartement des “spreads”, et cite en exemple Bahreïn et l’Indonésie.

Du côté des actions, la société de gestion privilégie les pays disposant de marges budgétaires et bénéficiant d’une forte demande intérieure, à l’image de la Chine. Elle est très prudente en revanche vis-à-vis des économies dépendant fortement des exportations, des matières premières et du tourisme.

“Dans une perspective de plus long terme, nous considérons le Covid-19 comme un moteur qui renforcera la tendance vers la démondialisation, déjà en place avant la crise, et le thème de la régionalisation”, lit-on dans la note.

“Cela conduira à se concentrer sur de nouvelles opportunités d’investissement au sein de “régions spécifiques” dépassant le cadre géographique traditionnel”, poursuit le texte.

Là encore, la Chine est citée en exemple avec sa nouvelle route de la soie, gigantesque projet d’infrastructure destiné à renforcer son influence en l’Asie et au-delà..

Patrick Vignal, édité par

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