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Sociétés

ENTRETIEN MARCHÉS-Le risque baissier demeure mais les opportunités existent-Tikehau IM

PARIS, 30 mars (Reuters) - Le marché actions demeure baissier au coeur de la pandémie de coronavirus mais il offre des opportunités à la condition de miser avec méthode sur des titres de qualité équipés pour survivre à la crise actuelle, dit-on chez Tikehau Investment Management.

Le brusque mouvement de hausse observé récemment est typique d’un environnement de crise et ne signifie pas que les indices ont touché leur point bas, dit à Reuters Thomas Friedberger, directeur général et co-directeur des investissements de la société de gestion.

“Le risque baissier existe grandement”, dit-il. “Lorsque l’on regarde la physionomie des ‘bears markets’ précédents, que ce soit en 2000 ou en 2008, on a eu des rallyes de ‘bear market’ extrêmement violents.”

Le manque de visibilité sur l’ampleur et la durée de l’épidémie rend extrêmement délicat l’exercice des prévisions macroéconomiques, souligne-t-il.

“Personne ne sait où seront les indices et les taux d’intérêt à la fin de l’année”, fait-il valoir en invitant à relever la nature sans précédent de la crise en cours.

“Si l’on base ses décisions d’investissement uniquement sur un sentiment macro, l’incertitude est totale aujourd’hui (...) Agir au gré des changements d’opinion n’est pas suffisant pour générer de la performance dans ce genre de marché”, ajoute-t-il avant de noter à quel point les perspectives ont été bouleversées en l’espace de quelques mois.

“Je rappelle que les analystes misaient en début d’année sur un rebond économique et une croissance des bénéfices alors que l’on mise désormais pour 2020 sur un baisse des bénéfices de l’ordre de 30% aux Etats-Unis et de 20% en Europe”, dit-il.

DES VALORISATIONS ATTRACTIVES

Il faut néanmoins continuer à investir pour profiter des opportunités offertes par la chute des indices, pense-t-on chez Tikehau IM, où l’on privilégie plus que jamais une gestion de conviction basée sur une recherche fondamentale interne.

“Quand les dossiers qui nous intéressent reviennent sur des niveaux de valorisation attractifs et conservent des perspectives intéressantes sur le long terme, nous acceptons la volatilité à court terme et nous investissons”, explique Thomas Friedberger.

“La prime de risque actions, aujourd’hui, est autour de 10% en Europe et autour de 7% aux Etats-Unis, grâce à des taux extrêmement bas, avec des multiples de marché revenus à des niveaux en dessous de leur moyenne de long terme historique, ce qui nous offre une opportunité assez unique d’investir sur des dossiers que l’on connaît bien, notamment des sociétés qui ont une croissance organique stable sur le long terme et un fort potentiel de rattrapage”, argumente-t-il.

“En se basant sur notre recherche fondamentale et sur des sociétés que l’on connaît bien, on arrive à investir sur des actions qui, pour nous, ont un rendement attendu de 15% à 20% par an sur les trois ou quatre prochaines années.”

Les opportunités fleurissent également sur le marché du crédit, où des titres offrent des perspectives de rendement intéressantes, à la condition de manier le risque avec précaution, ajoute-t-il.

L’approche de Tikehau IM n’écarte pas les secteurs qui souffrent de manière structurelle, comme l’assurance-vie ou les banques, à la peine dans un environnement de taux bas, mais impose de se concentrer dans chaque compartiment sur les meilleurs élèves, poursuit Thomas Friedbeger.

LA LEÇON DE 2008 BIEN RETENUE

Si le rebond que certains espéraient paraît ne pas durer, les mesures monétaires qui ont été mises en oeuvre n’en étaient pas moins nécessaires et sont pertinentes, juge Thomas Friedberger.

“Les leçons de la crise de 2008 ont été bien retenues, c’est-à-dire, en priorité, ne pas laisser le système bancaire dysfonctionner”, dit-il. “On ne ressent pas de stress particulier sur les banques, qui continuent de fonctionner.”

L’autre mérite de l’artillerie lourde dégainée par les banques centrales est d’avoir maintenu ouvert le marché de la dette privée, avec un nombre d’émissions aux Etats-Unis et en Europe la semaine dernière qui n’aurait certainement pas pu se faire sans l’engagement des instituts d’émission à acheter des obligations d’entreprises, ajoute-t-il.

“Sur les mesures budgétaires, même s’il n’y a pas encore de coordination extraordinaire en Europe, ce qui a été annoncé est quand même assez massif, de l’ordre de 10% du PIB aux Etats-Unis et de 8,5% pour l’Europe”, poursuit Thomas Friedberger.

“Cela ne suffira probablement pas à endiguer une récession mais cela devrait permettre de rebondir plus rapidement, en sachant que le secteur public seul ne pourra pas tout faire. L’asset management alternatif doit jouer à plein son rôle de financement de l’économie.”

édité par Blandine Hénault

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