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Sociétés

LEAD 2-L'alliance Renault Nissan peut se renforcer sans toucher au capital

* Renault, Nissan et Mitsubishi partagent un “sentiment d’urgence”

* Renault chef de file de l’alliance en Europe, Nissan en Chine

* Des leaders également par technologie

* Les trois groupes annonceront des plans moyen terme vers mai (Actualisé avec précisions)

par Naomi Tajitsu et Gilles Guillaume

TOKYO/PARIS, 30 janvier (Reuters) - Renault, Nissan et Mitsubishi ont annoncé jeudi la publication simultanée vers mai de nouveaux plans stratégiques pour chacun des trois membres de l’alliance, assortie d’une méthode de travail pour tirer parti des atouts de chacun sans avoir à modifier la structure actionnariale.

L’alliance franco-japonaise, fragilisée depuis fin 2018 par la disgrâce de son dirigeant historique Carlos Ghosn, cherche à retrouver un nouveau souffle sous la houlette d’une direction renouvelée.

Renault et Nissan ont été contraints l’an dernier de renoncer aux objectifs de leurs plans stratégiques respectifs 2017-2022 face à une dégradation des ventes sur plusieurs marchés stratégiques et à une perte de vitesse des ventes à des partenaires, une des recettes du succès de l’alliance.

“Nous partageons tous un sentiment d’urgence”, a dit Jean-Dominique Senard, président de Renault et de l’alliance, à des journalistes à l’issue d’une réunion au Japon du conseil opérationnel de Renault-Nissan-Mitubishi, ajoutant qu’il n’avait “pas d’autre option” que de changer.

Il a précisé que ces changements pouvaient se faire sans modifier la structure capitalistique de l’alliance. Critiquée au Japon en raison de son déséquilibre en faveur de Renault, ce montage contrarie aussi les marchés financiers qui plaident régulièrement pour une simplification via une fusion.

“La priorité qui a été clairement énoncée est d’augmenter sensiblement l’efficience de l’alliance”, a ajouté Jean-Dominique Senard.

Dans ce but, le partenariat qui a fête l’an dernier ses vingt ans a ratifié un nouveau cadre pour exploiter les points forts de chaque entreprise.

Nissan est nommé référent pour la Chine, Renault pour l’Europe et Mitsubishi pour l’Asie du Sud-est tandis qu’en matière d’ingénierie, chaque entreprise prendra la tête du développement d’une technologie clé, qui sera ensuite diffusée auprès des autres partenaires.

L’alliance s’est contentée de présenter cette méthode, dite “leader/follower”, mais n’a pas donné d’exemple concret de cette répartition des rôles.

“Un leader par technologie, c’est très bien. Reste à savoir qui fera quoi”, a dit une source proche de Renault.

Des sources proches du groupe au losange et de l’alliance ont dit à Reuters que si les synergies entre Renault et Nissan sont utilisées à plein, grâce à leur nouveau programme électrique commun, c’est loin d’être le cas dans l’hybride, où les trois constructeurs ont développé trois systèmes très différents.

L’alliance, qui a vendu en tout près de 11 millions de véhicules en 2018, a également décidé de mettre en commun les objectifs européens d’émissions polluantes dès 2020, ce qui signifie que la norme des 95 grammes de CO2 maximum au kilomètre sera appliquée aux trois constructeurs comme s’ils ne faisaient qu’un.

Elle a également confirmé la production dans l’usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime) d’un fourgon Mitsubishi, dérivé du Trafic et destiné à l’Océanie. C’est la première fois que Mitsubishi profite en Europe des ressources de développement et d’assemblage industriel de ses partenaires depuis qu’il rejoint l’alliance en 2016. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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