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Sociétés

ENTRETIEN MARCHÉS-La stratégie de dividende finira par payer-M&G

PARIS, 20 janvier (Reuters) - L’obsession des investisseurs pour les valeurs à forte croissance masque de réelles opportunités sur la partie la plus abordable du marché d’actions, en particulier sur les titres offrant la promesse d’un dividende, dit-on chez M&G.

Le duel entre les valeurs aux progressions exponentielles (“growth”, à l’image des géants américains de la technologie), et les actions moins chères, plus stables et offrant des garanties en matière de rendement (“value”) tourne depuis des années à l’avantage des premières.

L’équilibre devrait cependant finir par s’inverser même si le moment où la bascule interviendra est difficile à prédire, selon Stuart Rhodes, gérant actions “income” chez M&G.

“Les gens le prédisent depuis des années et je serais idiot si j’affirmais que cela va se produire cette année mais à un moment, cela arrivera”, dit-il à Reuters.

A certaines périodes, comme en 2016 et au quatrième trimestre 2019, une rotation s’est dessinée avant de s’effacer, ce qui explique l’hésitation des investisseurs à se précipiter sur la “value”, ajoute-t-il.

Le thème reviendra cependant inévitablement sur le devant de la scène, en particulier si l’environnement de taux évolue mais également en raison des valorisations désormais extrêmement tendues et difficiles à justifier pour les fleurons du compartiment de croissance comme Apple, Microsoft , Google ou Facebook, ajoute-t-il.

Les valorisations des actions de croissance ont atteint un tel niveau qu’à un certain stade, même si les taux ne changent pas, l’écart entre croissance et “value” ne sera plus tenable et les investisseurs pencheront pour des titres plus abordables, dit prévoir Stuart Rhodes.

“La concentration de l’intérêt sur les valeurs à forte croissance fait que cette partie du marché est largement inexploitée mais elle offre énormément d’opportunités”, dit-il.

“Il y a une large portion de ce marché qui offre un bon rendement du dividende et des perspectives de croissance de ce même dividende, le tout sans avoir à payer trop cher, ce qui est un mélange parfait pour espérer des revenus intéressants.”

LE RENDEMENT DU DIVIDENDE TRÈS RECHERCHÉ

Quelques chiffres plaident en faveur de la stratégie de dividende défendue par Stuart Rhodes, davantage en Europe qu’aux Etats-Unis, où les valeurs de croissance pèsent de tout leur poids et où les entreprises ont tendance à privilégier les rachats massifs de leurs propres actions pour faire monter leur cours.

Les composants du CAC 40 ont ainsi versé l’an dernier à leurs actionnaires plus de 49 milliards d’euros, battant un record datant de 2007, soit à la veille de la crise financière.

Les entreprises européennes dans leur ensemble devraient distribuer environ 359 milliards d’euros de dividendes en 2020, un montant en augmentation de 3,6% par rapport au record de 2019, selon l’étude annuelle réalisée par Allianz Global Investors.

“Cela n’excite pas les gens parce que les retours récents n’ont pas été très bons et que le marché suit ses émotions, préférant avoir encore plus de la même chose plutôt que de réfléchir aux perspectives pour l’avenir”, argumente Stuart Rhodes.

“Nous pensons pour notre part que si les dividendes augmentent au fil des années, le prix des actions suivra mathématiquement. Le prix des actions peut ne pas bénéficier de la croissance du dividende sur un ou deux ans mais certainement pas sur cinq ans.”

Le rendement qu’offrent les dividendes des actions sont une denrée de choix à l’heure ou le rendement en général se fait rare, notamment dans l’univers de la dette souveraine, 60% des obligations d’Etat de la zone euro présentant actuellement un rendement nominal négatif.

Dans ce contexte, les actions résistantes au cycle et peu sensibles aux taux d’intérêt (“bond proxies”) ont connu récemment un frémissement, à l’image du géant de l’agroalimentaire Nestlé, mais le mouvement n’a pas duré, poursuit Stuart Rhodes.

L’élan des “bond proxies” continue d’être freiné par l’explosion des valeurs de croissance mais ces titres offrent des opportunités, notamment dans le secteur des biens de consommation, selon lui.

Si certaines valeurs défensives présentent de l’intérêt, les cycliques sont certainement les plus intéressantes en termes de valorisation, souligne le gérant, qui invite à privilégier celles ayant démontré leur capacité à offrir un dividende même en période de récession et à se méfier des secteurs en mutation comme l’automobile.

Edité par Marc Angrand

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