January 24, 2019 / 12:40 PM / 8 months ago

PORTRAIT-Thierry Bolloré, le fil rouge opérationnel de Renault

* De DG délégué par intérim, devient directeur général

* Il se veut un “homme de terrain” et du “quotidien”

* Comme Ghosn, il a commencé sa carrière chez Michelin

par Gilles Guillaume

PARIS, 24 janvier (Reuters) - Au côté du nouveau président de Renault, Thierry Bolloré, nommé directeur général et plus seulement DG délégué par intérim, incarne la continuité opérationnelle du groupe au losange.

Peu connu du grand public malgré son patronyme trompeur - il n’a qu’un très lointain lien de parenté avec Vincent Bolloré -, titulaire d’un MBA de l’université Paris Dauphine, et non ingénieur de formation comme ses prédécesseurs, il a forgé son expertise de l’industrie automobile sur le tas.

Ce breton de 55 ans, marié et père de cinq enfants, a commencé sa carrière en 1990 chez Michelin En tant que chef d’atelier dans une usine de pneus pour poids lourds, avant de rejoindre en 2005 l’équipementier Faurecia, puis en 2012 Renault, dont il devient alors directeur des fabrications.

Promu un an plus tard directeur délégué à la compétitivité, puis début 2018 directeur général adjoint, il incarnait de manière croissante le visage de Renault en l’absence de Carlos Ghosn, devenue permanente depuis l’arrestation de celui-ci à Tokyo.

Thierry Bolloré se retrouve maintenant conforté dans un rôle où ses deux prédécesseurs n’ont pas fait de vieux jours. Patrick Pélata, victime malgré lui d’une affaire de faux espions, n’aura été directeur général délégué aux opérations que trois ans, et Carlos Tavares, remercié pour avoir manifesté publiquement ses ambitions de carrière, sera resté deux ans seulement à ce poste. Ce dernier dirige aujourd’hui le groupe PSA, qu’il a redressé avec brio.

“Depuis des années au quotidien et au plus près du terrain, j’accompagne les femmes et les hommes de Renault”, avait déclaré Thierry Bolloré dans un message vidéo posté quelques jours après le début de l’affaire Carlos Ghosn.

“Je veillerai à garantir cette stabilité et à garder le cap sur nos missions”, avait ajouté ce passionné de voile.

L’homme à la voix suave et aux poignées de main de fer saura-t-il faire oublier sa proximité avec le PDG déchu plusieurs années durant? Et ses longues hésitations au 7e étage du siège du groupe à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) après le choc du 19 novembre, comme l’ont rapporté plusieurs sources internes et proches de Renault ?

Selon un haut cadre du constructeur, il a appris l’arrestation de Carlos Ghosn en direct depuis le Technocentre de Renault, où il se trouvait ce jour-là pour rencontrer les ingénieurs du groupe. “Depuis le début de la crise, il a bien tenu la boutique”, observe-t-il. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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