October 23, 2018 / 4:30 PM / in 25 days

LEAD 2-Kering-Gucci résiste malgré les craintes concernant la Chine

* Gucci grimpe encore de 35% au T3, contre 25% attendus

* Balenciaga continue de progresser de plus de 50%

* Saint Laurent ralentit l’allure, BV baisse fortement (Actualisé avec détails)

par Pascale Denis et Sarah White

PARIS, 23 octobre (Reuters) - Kering a vu sa croissance organique se tasser légèrement au troisième trimestre tout en se maintenant à un niveau extrêmement élevé grâce aux ventes nettement meilleures que prévu de Gucci, qui signe encore une fois une performance hors norme malgré des comparatifs très élevés.

Alors que des craintes d’un affaiblissement du moteur chinois ont pesé sur le secteur du luxe ces derniers mois, le directeur financier du groupe, Jean-Marc Duplaix, a précisé lors d’une conférence téléphonique avec la presse ne percevoir à ce stade aucun ralentissement de la demande en provenance de Chine, qui représente plus du tiers des ventes du secteur.

Il a également estimé que la priorité restait la croissance organique - à l’heure où certains misent sur une accélération de la consolidation par de grands groupes gorgés de cash - tout en indiquant que Kering restait “ouvert” à plus long terme à la croissance externe.

Au coeur de toutes les attentions des investisseurs, Gucci, principal centre de profit du groupe, n’a que peu décéléré, signant encore une progression de ses ventes de 35,1% en données comparables, au lieu des 25% attendus, après une hausse de 44% au premier semestre.

Cette performance réalisée sur des bases de comparaison pourtant très difficiles - les ventes avaient bondi de 49,4% au troisième trimestre 2017 - laisse loin derrière les autres meilleurs élèves du secteur comme Louis Vuitton, propriété de LVMH, dont les ventes ont progressé d’environ 14% au cours du trimestre.

Le PDG de Gucci, Marco Bizzarri, s’était attaché récemment à rassurer ses vendeurs en expliquant dans une vidéo interne qu’il ne fallait pas “avoir peur” des variations quotidiennes parfois négatives dans les magasins, liées à des comparatifs très élevés.

GUCCI POURRAIT CROÎTRE DE 25% AU T4

Le risque de lassitude face à des partis pris esthétiques très marqués, la fidélisation de la masse de ses nouveaux clients ou l’évolution de sa ligne créatrice sont autant de défis à moyen terme pour la griffe florentine.

Pressé de questions sur sa croissance future, Jean-Marc Duplaix a déclaré aux analystes qu’elle pourrait se situer aux environs de 25% au quatrième trimestre et a renvoyé, au-delà de cet horizon, aux ambitions énoncées par Marco Bizzarri en juin.

Face aux interrogations des investisseurs sur la capacité de Gucci à conserver son attractivité, le PDG de la marque s’était alors montré très confiant tout en évoquant une inévitable “normalisation”.

Balenciaga, nouvelle pépite du groupe, a encore progressé de 50%. Portée par le succès de ses chaussures et de son prêt-à-porter décalé, la marque devrait bientôt atteindre la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires.

Saint Laurent a marqué un peu le pas (+16%) après une croissance de plus de 20% pendant sept ans d’affilée tandis que la relance de Bottega Veneta (-8,4%), qui vient de changer directeur artistique, ne devrait pas se faire sentir avant le deuxième semestre 2019.

Le regain d’inquiétudes concernant la demande chinoise, lié à la baisse de la Bourse de Shanghai, à la dépréciation du yuan et aux conséquences de la guerre commerciale sino-américaine, a récemment pesé sur le secteur du luxe.

Depuis son plus haut de l’année à 522,40 euros touché le 15 juin, le titre Kering a abandonné 32,4%, plombé aussi par les craintes sur la croissance future de Gucci.

Il a fini mercredi à 353,10 euros, en baisse de 3,34% depuis le début de l’année, alors que l’indice Stoxx européen du luxe et des biens de consommation cède 9,07% sur la même période.

Graphique des performances du luxe européen:

tmsnrt.rs/2ya4wDX

Au total, les ventes trimestrielles de Kering ont progressé de 27,6% en données publiées à 3,40 milliards d’euros, dépassant le consensus de 3,26 milliards d’Inquiry Financial pour Reuters, et la croissance organique a ralenti à 27,5% (+22,5% attendus), après +34% sur les six premiers mois de l’exercice.

Pascale Denis, édité par Bertrand Boucey

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below