July 2, 2018 / 10:36 AM / in 5 months

France-Prudence sur le marché auto malgré un semestre en trombe

* Le CCFA maintient sa prévision d’une hausse de 2% en 2018

* Sur six mois, le marché auto français est pourtant à +4,7%

* Les nouveaux tests d’homologation, l’effet de base et les incertitudes ambiantes augurent un S2 plus difficile

par Gilles Guillaume

PARIS, 2 juillet (Reuters) - Les principales marques automobiles présentes en France sont restées prudentes lundi sur l’évolution des ventes au second semestre, la petite révolution réglementaire qui se profile après l’été et les incertitudes ambiantes risquant de freiner l’élan de la première partie de l’année.

En juin, les immatriculations de voitures neuves en France ont augmenté de 9,2% en données brutes, donnant une hausse cumulée de 4,7% sur six mois. En mai, le marché avait fait du surplace (+0,15%), donnant +3,5% depuis le début de l’année.

“Le marché reste dynamique. Les ventes aux particuliers se portent bien, ce qui est un signe de solidité. Mais le deuxième semestre devrait être légèrement moins fort à cause du WLTP et d’un historique plus élevé par rapport au second semestre 2017”, commente Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile.

Le WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicule Test Procedure) est un nouveau protocole européen d’homologation plus strict qui remplacera le Nouveau cycle européen de conduite (NEDC) en vigueur depuis les années 1990. Il doit être généralisé à tous les nouveaux véhicules vendus en concession à partir du mois de septembre.

C’est notamment à cause des incertitudes liées à ce changement que malgré un premier semestre en trombe, le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) a conservé sa prévision d’une hausse de 2% environ du marché national sur l’ensemble de l’année.

“Plusieurs marques étrangères ont arrêté leur production pour s’adapter aux normes WLTP”, a souligné un porte-parole du CCFA.

“Est-ce que les importateurs recevront tous les modèles à temps pour les commercialiser avant 2019 ? D’autant plus qu’il semble qu’il y ait des embouteillages dans les organismes d’homologation”, a-t-il ajouté.

LA CRISE TRANSATLANTIQUE PÈSE

Le nouveau protocole de test, plus long, à des vitesses plus élevées et prenant en compte tous les équipements des véhicules, vise à refléter plus fidèlement le comportement routier d’une voiture. Il sera complété progressivement par le test d’Emissions en conduite réelle (RDE).

L’objectif est de répondre au tollé qui a suivi l’affaire de trucage des émissions polluantes de Volkswagen, quand il est apparu que presque tous les véhicules dépassaient allègrement sur la route les valeurs de CO2 et de polluants pour lesquelles ils étaient homologués sur un banc d’essai optimisé.

Les incertitudes liées à l’arrivée du nouveau protocole expliquent que le groupe Renault, qui a signé au premier semestre sa meilleure performance en volume depuis sept ans en France, s’en tienne toujours à sa prévision d’un marché français en hausse de 1% environ.

Dacia, la marque low cost du groupe, a même signé le meilleur semestre de son histoire et conforté sa place de quatrième marque sur le marché français, derrière Renault, Peugeot et Citroën, et devant Volkswagen.

PSA a continué de son côté de surfer sur le succès de ses SUV, amorcé chez Peugeot et qui gagne maintenant Citroën et DS. La nouvelle marque haut de gamme du groupe a même signé en France la plus forte progression des marques premium (+38,7% en juin contre -3,3% sur son segment dominé par les marques allemandes), grâce au succès de son nouveau SUV DS7 Crossback.

Mais PSA reste prudent pour la deuxième partie de l’année. Il attend toujours, comme il l’a dit fin avril lors de la publication de son chiffre d’affaires du premier trimestre, un marché européen stable en 2018.

Aux yeux des analystes, les craintes d’une escalade des tensions entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux occultent largement la bonne santé du marché européen. D’autant que Daimler a été le mois dernier l’un des tout premiers groupes industriels européen à avertir sur ses résultats en arguant de l’impact des droits de douane sur son activité.

En Bourse, l’indice Stoxx du secteur automobile européen a perdu 9,6% en juin après un recul de 3,6% en mai, et il affiche désormais une baisse de 10,8% depuis le début de l’année.

Barclays a ainsi abaissé sa recommandation sur le groupe allemand la semaine dernière en soulignant la conjonction de “multiples vents contraires”, parmi lesquels les droits de douane américains et les rappels de véhicules diesel.

L’action Daimler a perdu 10,6% en juin, son cinquième mois consécutif de baisse, tandis que Renault a cédé 11,86%. PSA a limité son repli à 1,93%.

Les chiffres du CCFA: bit.ly/2MFf82A

Avec Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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