February 12, 2018 / 11:30 AM / 9 months ago

GRAPHES-Retour en grâce des pétrolières, Total et Shell en vue

* Les majors renouent avec la rémunération des actionnaires

* Shell et Total en vedette après des résultats solides en 2017

* Exxon à la traîne, déception sur la production et les résultats

* Graphique sur la production et les cashflow comparés :

* tmsnrt.rs/2nGfmte

par Ron Bousso

LONDRES, 12 février (Reuters) - Après plusieurs années au régime sec, les majors pétrolières veulent à nouveau séduire leurs actionnaires avec des promesses de croissance et d’amélioration de la rémunération.

Royal Dutch Shell et Total font la course en tête grâce à de solides prévisions de croissance après trois années difficiles tandis qu’Exxon Mobil, la plus grande compagnie pétrolière cotée, est à la peine en raison de perspectives décevantes annoncées.

Les grands acteurs du secteur, qui ont sabré leurs dépenses et réduit leurs coûts en réponse au plongeon de 75% des cours du pétrole entre la mi-2014 et le début 2016, peuvent désormais dégager des flux de trésorerie avec un baril à 55 dollars équivalents à ceux qu’ils réalisaient avec un baril autour de 100 dollars il y a quelques années.

Ils sont d’autant plus confiants de pouvoir améliorer une rémunération déjà attractive pour les actionnaires que les prévisionnistes s’attendent à ce que le baril se maintienne au-dessous de 60 dollars jusqu’en 2020.

Total a adressé le signal le plus clair en annonçant un plan prévoyant un relèvement de 10% de son dividende, cinq milliards de dollars de rachats d’actions d’ici 2020 et la fin de la décote sur le dividende et de son paiement en actions, une politique mise en place dans la période de vaches maigres.

Les analystes de Bernstein ont salué ce programme de Total, qui a fait état la semaine dernière d’un bond de 28% de ses profits au quatrième trimestre, estimant que la compagnie était “la nouvelle référence en matière de retour aux actionnaires” et relevant leur recommandation sur la valeur à “surperformance”.

“Les compagnies américaines ont clairement déçu alors que Total a réconforté tout le monde, de même que Shell, en dépit de chiffres un peu moins bons qu’attendu”, a dit Alasdair McKinnon, gérant chez “The Scottish Investment Trust”.

RETOUR DES RACHATS D’ACTIONS

La norvégienne Statoil et l’américaine Chevron ont aussi annoncé un relèvement de leur dividende la semaine dernière tandis que BP avait pris les devants en renouant avec les rachats d’actions dès le quatrième trimestre 2017.

Shell, dont les profits et les flux de trésorerie ont dépassé ceux d’Exxon l’année dernière, prévoit de racheter pour 25 milliards de dollars de ses propres actions après avoir renoncé à sa politique de décote du dividende en novembre.

Des analystes soulignent qu’Exxon fait exception après que la chute de sa production et de ses flux de trésorerie au quatrième trimestre ont suscité l’inquiétude des investisseurs sur sa stratégie.

L’action Exxon a nettement sous-performé celles de ses principaux concurrents au cours des deux dernières années, reflétant de moins bonnes perspectives.

“Toutes les majors sont bon marché en ce moment mais Exxon n’est peut être pas la meilleure qui soit; nous préférons Shell.”, a dit McKinnon.

L’action Shell a surperformé celle de ses principaux concurrents, offrant un rendement total pour les actionnaires de 90% sur les deux dernières années, a souligné Simon Gergel, responsable des investissements sur les actions britanniques chez Allianz Global Investors.

“Nous sommes encouragés par le programme de réduction des coûts de la compagnie et par le potentiel de transformation de ses flux de trésorerie à venir”, a-t-il ajouté.

COURSE AUX ACQUISITIONS

Après trois années passées à faire des économies en supprimant des postes, en réduisant les budgets d’exploration et en tirant parti de nouvelles technologies pour renforcer l’efficacité, les dirigeants des compagnies ont remis la croissance en tête de leurs priorités.

“La priorité du conseil d’administration est de maintenir notre croissance ambitieuse et de continuer à créer de la valeur pour les actionnaires”, a déclaré le directeur général de Total, Patrick Pouyanné, lors de la présentation des résultats 2017, jeudi dernier.

Lors d’une rencontre avec des analystes la semaine dernière, le directeur général de Shell, Ben van Beurden, et la directrice financière, Jessica Uhl, ont répété à neuf reprises que leur objectif était de faire de la compagnie anglo-néerlandaise un “investissement de classe internationale.”

Ben van Beurden a publiquement déclaré qu’il voulait défier la domination financière d’Exxon sur le secteur même si la capitalisation bousière du géant américain demeure sensiblement plus élevée que celle de Shell.

Pour atteindre cet objectif, Shell a fait le pari sans doute le plus audacieux dans la phase de récession du secteur en acquérant son concurrent BG Group en 2016 pour 54 milliards de dollars, devenant ainsi le premier négociant mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) et l’un des premiers producteurs de pétrole au Brésil.

Mais Shell n’a pas été le seul à profiter du marasme pour prendre le contrôle de concurrents mis à mal par la chute des cours.

Total a acheté Maersk Oil pour 7,5 milliards de dollars et les actifs d’Engie dans le GNL pour 1,5 milliards de dollars l’année dernière, tandis que BP a effectué une série d’investissements en Afrique et en Norvège et qu’Exxon a nettement renforcé ses positions dans le pétrole de schiste aux Etats-Unis avec une acquisition de six milliards de dollars.

Biraj Borkhataria, analyste chez RBC Capital Markets, estime que Shell a le plus important potentiel de restitution de cash aux actionnaires mais que Total le talonne après ses résultats et ses annonces sur le dividende.

“Total est clairement le gagnant jusqu’à présent, selon nous, avec la combinaison d’une hausse du dividende et de rachats d’actions qui est plus proche de Shell en termes de rendement total mais avec plus de croissance dans l’amont et moins de volatilité dans les publications (de résultats)”, a-t-il relevé dans une note de recherche.

Le rendement pour les actionnaires de Shell est attendu à 8,2% en 2019 contre 6,7% pour Total, 5,9% pour BP et 5,2% pour Statoil mais seulement 4,7% pour Exxon et 4,2% pour Chevron, selon Biraj Borkhataria.

“Au total, cela a été une année solide pour les majors. La trésorerie est en hausse, la production est en hausse et elles ont l’air assez confiantes, c’est ce que j’aime”, a dit James Laing, gérant actions chez Aberdeen Asset Management.

avec Bate Felix à Paris et Nerijus Adomaitis à Oslo, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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