October 30, 2017 / 6:02 AM / a year ago

POINT HEBDO-Résultats et banques centrales se disputent la vedette sur les marchés

(Répétition d’une dépêche diffusée vendredi avec actualisation sur la crise catalane, sources sur nomination à la Fed et consensus des résultats)

* Exercice réussi de la BCE, l’euro chute, les Bourses montent

* Après la BCE, Fed et BoE décideront de leur politique monétaire

* Nomination imminente du prochain président de la Fed

* Suspense sur une première hausse des taux de la BoE en 10 ans

* La saison des résultats bat son plein, Apple attendu jeudi

par Blandine Henault

PARIS, 30 octobre (Reuters) - Après la Banque centrale européenne (BCE), c’est au tour de la Réserve fédérale et de la Banque d’Angleterre de communiquer sur leur politique monétaire, des annonces susceptibles d’alimenter la volatilité sur le marché des changes et de faire réagir des marchés d’actions déjà portés par le bal des publications de résultats.

L’exercice de communication de la BCE et de son président, Mario Draghi, jugé unanimement réussi, a déjà ramené l’euro à son plus bas niveau depuis juillet et porté les indices actions européens à de nouveaux plus hauts.

“Tous les yeux étaient rivés sur la trajectoire future des rachats d’actifs et Draghi a réussi à garder un ton consensuel tout en levant le pied”, observe Wolfgang Bauer, gérant obligataire chez M&G.

A Paris, le CAC 40 a ainsi renoué avec le seuil des 5.500 points vendredi, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis janvier 2008. De son côté, l’euro a effacé quasiment la moitié des gains enregistrés cet été, retombant vers 1,16 dollar après un pic à 1,2092 début septembre.

“Etant donné l’érosion du soutien provenant des rendements obligataires ces dernières semaines, l’euro est vulnérable maintenant que les annonces de la BCE sur la réduction de son programme d’achats d’actifs sont passées”, soulignent les économistes de Société Générale.

La devise unique est en outre affectée par la crise en Catalogne où plusieurs centaines de milliers de partisans de l’unité espagnole se sont rassemblés dimanche dans les rues de Barcelone pour protester contre l’indépendance déclarée de la région.

Madrid a mis vendredi sous tutelle la Catalogne, après l’adoption par le Parlement catalan d’une déclaration d’indépendance, et convoqué des élections pour le 21 décembre.

La vulnérabilité de l’euro est d’autant plus grande que le contexte est favorable au dollar, avec une croissance américaine qui s’est avérée plus forte que prévu au troisième trimestre.

C’est sans compter également avec les votes législatifs en faveur de la mise en oeuvre de la réforme fiscale souhaitée par Donald Trump, très attendue par les marchés, et la nomination imminente du prochain président de la Réserve fédérale (Fed).

“LE PROCHAIN PRÉSIDENT DE LA FED EST...”

Selon Politico, Janet Yellen n’est plus dans la course pour se succéder à elle-même et seuls restent en lice le gouverneur de la Fed Jerome Powell et l’économiste John Taylor, professeur à l’université de Stanford et perçu comme plus enclin à accélérer le resserrement monétaire en cours.

Selon deux sources proches du dossier, Donald Trump penche pour la nomination de Jerome Powell mais n’a pas encore pris de décision. Le président américain devrait se prononcer avant son départ pour une tournée diplomatique en Asie, le 3 novembre. Son choix sera ensuite soumis à un processus de confirmation au Sénat.

Cette question constitue la principale source d’incertitudes concernant la Fed alors qu’un statu quo est largement anticipé lors de la prochaine réunion de la banque centrale américaine les 31 octobre et 1er novembre.

“La fourchette cible des Fed funds devrait rester inchangée à 1% - 1,25%”, indique Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d’AllianzGI.

“Cependant, nous jugeons fort probable une hausse des taux de 0,25% lors de la réunion du mois de décembre, qui serait ainsi la cinquième hausse d’un quart de point depuis le début du cycle de relèvement des taux de la Fed, en décembre 2015”, ajoute le gérant.

La réunion de la Fed, mercredi, interviendra au milieu d’une semaine rythmée par une nouvelle une salve d’indicateurs économiques américains, avec l’inflation PCE - un indicateur privilégié par la Fed pour observer l’évolution des prix - lundi, la confiance du consommateur mardi et le rapport sur les créations d’emploi pour le mois d’octobre vendredi.

Aucune conférence de presse de Janet Yellen n’est prévue après la publication du communiqué de politique monétaire, mais le président de la Fed de New York, William Dudley, et son homologue de Minneapolis, Neel Kashkari, s’exprimeront respectivement jeudi et vendredi.

UNE PREMIÈRE HAUSSE DE TAUX EN DIX ANS POUR LA BOE ?

La Banque d’Angleterre (BoE) cultive pour sa part le suspense avant sa réunion de politique monétaire jeudi.

Le mois dernier, la banque centrale a surpris en annonçant que la majorité des membres de son comité de politique monétaire prévoyaient une hausse de taux dans les prochains mois, en dépit des incertitudes liées au Brexit. Cela a nettement renforcé les anticipations d’une hausse des taux le 2 novembre, qui serait la première depuis plus de dix ans.

Mais ces dernières semaines, certains responsables de la BoE ont semblé faire marche arrière, ce qui a alimenté les doutes et pesé sur le sterling, revenu à ses niveaux de début octobre face au dollar. L’annonce, mercredi, d’une accélération inattendue de l’économie du Royaume-Uni au troisième trimestre est encore venue semer le trouble.

Les stratèges de Bank of America-Merrill Lynch s’attendent à un relèvement de 25 points de base des taux de la BoE jeudi par un vote à six membres pour et trois contre “en raison de ce qu’on dit les responsables de la BoE et non des indicateurs économiques”, indiquent-ils.

La BoE ayant largement préparé les marchés à un relèvement de ses taux jeudi prochain - la probabilité étant estimée désormais à 80% -, elle court un “risque important en matière de crédibilité” si elle ne suit pas ces anticipations, ajoutent les stratèges de la banque américaine.

En Asie, la Banque du Japon (BoJ) rendra sa décision de politique monétaire mardi mais il ne fait aucun doute qu’elle maintiendra son biais ultra-accommodant.

Par ailleurs, la victoire de la coalition menée par le Premier ministre japonais Shinzo Abe lors des élections législatives anticipées a renforcé, selon les observateurs, la probabilité de la nomination d’un gouverneur accommodant pour la BoJ à l’expiration du mandat de Haruhiko Kuroda en avril prochain.

En Chine, le 19e Congrès du parti communiste chinois a confirmé le renforcement du pouvoir du président Xi Jinping. Après les annonces politiques des derniers jours, les investisseurs surveilleront les indices PMI officiels pour le mois d’octobre (mardi) et les PMI Caixin-Markit pour les secteurs manufacturier (mercredi) et des services (vendredi).

DES RÉSULTATS GLOBALEMENT SOLIDES

Au-delà des banques centrales, les marchés d’actions continuent de réagir à d’autres fondamentaux : les résultats et perspectives des entreprises cotées.

“Les résultats du troisième trimestre sont globalement bons, avec de bonnes surprises et une majorité de sociétés qui dépassent les estimations dans toutes les régions, même si les chiffres d’affaires sont mitigés en Europe”, note JPMorgan sur la base de l’ensemble des résultats publiés vendredi aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

Outre-Atlantique, plus de la moitié des entreprises du S&P 500 ont fait état de leurs comptes trimestriels, et 74% d’entre elles ont fait mieux que prévu, d’après Thomson Reuters I/B/E/S.

Plusieurs géants de la cote ont particulièrement impressionné, à l’instar de Caterpillar et d’acteurs du secteur de la technologie comme Twitter, Amazon , Alphabet, Intel et Microsoft .

Apple, première capitalisation mondiale, doit publier ses résultats trimestriels jeudi.

En moyenne, les bénéfices des sociétés composant l’indice large américain devraient avoir progressé de 6,7% sur la période, selon le consensus établi par Thomson Reuters I/B/E/S.

En Europe, les réactions aux bonnes et mauvaises nouvelles ont également été fortes, y compris pour des poids lourds comme Kering (+8,79% après la publication) ou Barclays (-7,4%).

Le secteur bancaire sera d’ailleurs fortement représenté dans les publications attendues au cours des prochains jours, avec les annonces de HSBC (lundi), BNP Paribas (mardi), Credit Suisse (jeudi) et Société Générale (vendredi).

édité par Marc Angrand

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