11 mars 2014 / 15:13 / il y a 4 ans

LEAD 2-UniCredit nettoie son bilan, E14 mds de perte en 2013

* Dépréciation de survaleurs et provisions pour créances douteuses

* La banque exclut une augmentation de capital

* Elle veut supprimer 8.500 emplois en cinq ans

* Elle va introduire en Bourse sa filiale Fineco

* Le marché apprécie, l‘action a gagné 6,21% (Actualisé avec précisions sur les réductions d‘effectifs et les prévisions, cours de clôture)

par Silvia Aloisi et Gianluca Semeraro

MILAN, 11 mars (Reuters) - UniCredit, a publié mardi une perte nette annuelle record de 14 milliards d‘euros, conséquence de lourdes charges de dépréciations de survaleurs et de provisions sur créances douteuses, un nettoyage de bilan à grande échelle réalisé juste avant l‘inspection des autorités européennes.

Le numéro un du secteur en Italie par les actifs a inscrit un total de 13,7 milliards d‘euros de provisions pour créances douteuses dans ses comptes, dont 9,3 milliards pour le seul quatrième trimestre. Les analystes financiers prévoyaient en moyenne un montant d‘environ quatre milliards seulement.

“Nous aurions pu étaler ces pertes sur plusieurs années, nous avons décidé de les passer en une seule année”, a expliqué aux journalistes Federico Ghizzoni, l‘administrateur délégué.

Les résultats d‘UniCredit constituent l‘illustration la plus spectaculaire à ce jour du mouvement de toilettage des bilans bancaires en cours dans la zone euro avant les tests prévus par la Banque centrale européenne (BCE) au cours des mois à venir.

“C‘est un nettoyage sidérant”, a commenté un analyste spécialisé qui a requis l‘anonymat. “Le groupe passe pour 9,3 milliards d‘euros de pertes sur crédit. Nous avions (prévu) 4,5 milliards d‘euros et nous pensions que c‘était déjà élevé.”

Les dépréciations de survaleurs s‘élèvent à neuf milliards d‘euros, la banque ayant fortement réduit la valeur des acquisitions réalisées depuis 2005, parmi lesquelles figure celle de l‘allemand HypoVereinsbank, qui l‘avait fait changer de dimension.

La perte nette de 2013 aurait pu être plus lourde encore puisque les résultats intègrent une plus-value exceptionnelle de 1,2 milliard d‘euros liée à la réévaluation de la participation du groupe au capital de la Banque d‘Italie.

Les analystes prévoyaient en moyenne un bénéfice net annuel de 916,5 millions après celui de 865 millions enregistré en 2012, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

87 MILLIARDS DE CRÉANCES DANS UNE “BAD BANK” INTERNE

A la Bourse de Milan, l‘action UniCredit, après un bref accès de faiblesse en réaction aux résultats, s‘est orientée à la hausse pour finir la journée sur un bond de 6,21%, au plus haut depuis octobre 2011, le groupe ayant assuré qu‘il n‘aurait pas besoin d‘augmenter son capital.

Le plan stratégique 2013-2018 publié simultanément aux résultats prévoit la suppression de 8.500 postes (près de 6% des effectifs), pour laquelle la banque a provisionné 700 millions d‘euros au quatrième trimestre.

Le groupe va aussi créer une “bad bank” interne dans laquelle elle cantonnera quelque 87 milliards d‘euros de prêts à risque. Ce montant sera ramené à 33 milliards d‘ici cinq ans, a assuré Federico Ghizzoni.

UniCredit prévoit en outre d‘introduire en Bourse une minorité du capital de Fineco, sa filiale de banque en ligne, d‘émettre des obligations dites “Tier 1” et de payer en actions le solde du dividende 2013 (0,10 euro/action) afin de renforcer son capital.

“Les investisseurs accueillent favorablement le grand nettoyage et la manière dont il a été réalisé, avec de lourdes charges sur les prêts à risque, parce que cela leur permet de tirer un trait et d‘avancer”, estime Alberto Gallo, analyste crédit de Royal Bank of Scotland.

UniCredit prévoit pour 2014 un bénéfice net d‘environ deux milliards d‘euros et le plan 2013-2018 vise un ROTE (return on tangible equity), qui prend en compte les fonds propres retraités des survaleurs (goodwills), de 13% et un taux de distribution de 40%.

UniCredit ajoute que son ratio de solvabilité “Common Equity Tier 1” au sens de Bâle III était de 9,4% fin 2013 et il devrait augmenter de 0,3 point supplémentaire avec l‘IPO de Fineco et les autres mesures de renforcement du bilan annoncées.

La BCE a fixé un ratio minimum de 8%. (avec Stephen Jewkes, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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