12 octobre 2013 / 14:15 / il y a 4 ans

ENCADRE-PSA-Les syndicats perplexes sur une entrée de l'Etat

* La perspective de l‘arrivée de Dongfeng plutôt bien reçue

* L‘Etat contre-poids à un investisseur étranger ?

PARIS, 12 octobre (Reuters) - Les syndicats de PSA Peugeot Citroën se montraient perplexes, samedi, sur une éventuelle participation de l‘Etat à une augmentation du capital du constructeur automobile français mais estiment, sauf la CGT, que ce serait une “bonne nouvelle”.

La plupart des dirigeants syndicaux interrogés par Reuters voient également d‘un bon oeil la perspective d‘une prise de participation substantielle du chinois Dongfeng Motor, si elle se confirme.

Selon des sources proches du dossier, PSA prépare une augmentation de capital de trois milliards d‘euros, partagée à égalité entre l‘Etat français et Dongfeng - information que la présidence, services du Premier ministre et du ministre de l‘Economie ont refusé jusqu‘ici de commenter. ( )

Les dirigeants syndicaux disent n‘avoir aucune information sur ce projet. Christian Lafaye, de Force ouvrière, a seulement confirmé que des dirigeants de PSA étaient partis pour la Chine - “Ils sont partis hier”, a-t-il dit.

Xavier Lellasseux, de la CFDT, s‘est déclaré “agréablement surpris mais étonné” d‘une éventuelle participation de l‘Etat.

“C‘est étonnant parce que l‘Etat français n‘a pas beaucoup d‘argent”, a-t-il dit. “On ne s‘attendait pas à ce que l‘Etat injecte de l‘argent dans le secteur automobile, d‘autant que (le ministre du Redressement productif) Arnaud Montebourg a quand même dit que l‘automobile n‘était pas un secteur d‘avenir.”

“Si c‘était avéré, c‘est plutôt une bonne nouvelle parce qu‘il est absolument vital d‘avoir une augmentation de capital”, a-t-il ajouté. “Que l‘Etat mette de l‘argent, c‘est bien.”

Un avis partagé par Christian Lafaye, pour qui l‘Etat jouerait ainsi son rôle : “Il faut regarder en face la situation de l‘industrie automobile en France. Si cette industrie n‘est pas requinquée rapidement, il n‘y aura plus d‘industrie automobile en France”, fait-il valoir.

L‘un et l‘autre estiment également que l‘arrivée de Dongfeng dans le capital de PSA serait une bonne chose.

“Les investisseurs chinois sont en général plus soucieux d‘un investissement industriel que d‘une rentabilité comme pourrait l‘être un hedge fund américain ou canadien”, souligne Xavier Lellasseux.

LA CGT TRÈS SCEPTIQUE

“Je pense que c‘est une solution pérenne”, renchérit Christian Lafaye. “Les Chinois ont le vent dans le dos et des fonds. Après, est-ce que c‘est un danger, est-ce qu‘on ne va pas être piratés de l‘intérieur ? De toute façon, on est morts. Moi je suis plutôt favorable à l‘arrivée d‘investisseurs chinois.”

Pour son homologue de la CFDT, une des questions qui se posera, si telle est la solution retenue, est celle de la cohabitation entre les actionnaires français, General Motors (GM), actionnaire à hauteur de 7% de PSA, et Dongfeng.

“La famille Peugeot risque de ne plus détenir le pouvoir de blocage”, explique Xavier Lellasseux. “Est-ce que l‘ensemble des actionnaires français, y compris l‘Etat, auront, eux, le pouvoir de blocage ? Ça c‘est la question qu‘il faut se poser.”

Pour Franck Don (CFTC), l‘entrée de l‘Etat dans PSA contrebalancerait la participation d‘un investisseur étranger comme Dongfeng : “A un moment donné, la responsabilité de l‘Etat français est peut-être de faire en sorte que le groupe PSA reste français.”

Quant à savoir dans quelle mesure un tel montage permettrait de sauver des emplois sur les sites français de PSA, Franck Bieri (CGC) se montre sceptique.

“Ça suffirait peut-être à pérenniser les entreprises mais de là à sauver tous les emplois, ce n‘est pas sûr”, dit-il.

Jean-Pierre Mercier, délégué central adjoint de la CGT, premier syndicat à PSA, se montre plus sceptique encore.

“Il faut que les travailleurs de Peugeot aient conscience que quelle que soit la nationalité du patron, il n‘aura comme politique que de baisser les salaires et nous faire travailler plus durement à moins nombreux et qu‘il faudra une mobilisation générale dans le groupe pour le faire reculer”, dit-il.

Ce chef de file des salariés du site d‘Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) promis à la fermeture, ne croit pas qu‘une participation de l‘Etat changerait la politique du groupe.

“A la CGT, on est convaincu que de toute façon, si l‘Etat devait prendre une participation plus ou moins grande dans le groupe, ça serait pour continuer cette politique de massacre des droits sociaux des salariés et de l‘emploi”, dit-il. (Emmanuel Jarry, Sybille de La Hamaide édité par Jean-Stéphane Brosse)

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