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Sociétés

ENTRETIEN MARCHÉS-L'Asie tend les bras à l'investisseur obligataire-HSBC

PARIS, 22 septembre (Reuters) - L’Asie est une destination à considérer pour un investisseur obligataire en quête de rendement dans un univers où il se fait rare, dit-on chez HSBC.

De plus en plus accessible mais toujours sous-représenté dans les portefeuilles, le marché obligataire asiatique a toute sa place dans une stratégie de diversification, explique Xavier Baraton, directeur mondial des investissements obligataires pour HSBC Global Asset Management.

“Tous les investisseurs cherchent du rendement aujourd’hui et sont confrontés à des taux d’intérêt proches de zéro, voire négatifs, ce qui veut dire que si vous voulez continuer à faire mieux que l’inflation ou, pour les institutionnels, à accroître vos placements ou réserves, il faut chercher de la diversification apportant du rendement”, dit-il à Reuters.

“L’Asie répond à cette demande et offre en outre l’avantage d’une corrélation assez faible avec la plupart des autres segments, notamment l’Europe.”

Les valorisations et les primes de risques plaident en faveur des obligations d’entreprises asiatiques, qu’il s’agisse de la dette classée en catégorie investissement (“investment grade”) par les agences de notation ou de celle en catégorie spéculative (“high yield”), poursuit-il.

“Le marché ‘high yield’ asiatique en dollars offre de meilleurs perspectives de rendement que ses homologues européen et américain”, dit-il. “On a un écart qui va de 50 à jusqu’à 200 points de base par rapport au marché US et jusqu’à 350 points de base par rapport au ‘high yield’ européen pour une qualité de crédit équivalente en termes de notations”, dit-il.

Autre avantage de ce marché, les taux de défaut y sont moindres dans la durée et devraient le rester sur les 18 à 24 prochains mois, selon Xavier Baraton.

“Notre scénario de base pour l’Asie à cet horizon est de 5% à 6% de défauts, contre 8% pour l’Europe et 10% pour les Etats-Unis”, dit-il.

Le marché “investment grade”, composé à la fois de souverains bien notés et d’obligations d’entreprises de qualité, offre pour sa part l’un des meilleurs couples rendement-risque de l’ensemble du marché obligataire, poursuit l’expert de HSBC.

“L’investisseur bénéficie également de durations plus courtes, inférieures à cinq ans dans l’ensemble, à comparer à huit ans en moyenne pour le crédit investment grade aux Etats-Unis, avec une volatilité plus faible, ce qui offre des ratios rendement-risque très attractifs”, dit-il.

LA CRISE SANITAIRE BIEN GÉRÉE

Si le risque de solvabilité existe de manière épisodique sur certains pays et certains secteurs, comme l’immobilier chinois, particulièrement cyclique, les entreprises asiatiques bénéficient actuellement de perspectives macroéconomique plus favorables que leurs homologues européennes ou américaines, souligne Xavier Baraton.

“Les pays asiatiques ont bien répondu au risque COVID-19, dans la gestion du risque sanitaire comme dans les réponses monétaires, de nombreux pays ayant baissé activement leurs taux, mais aussi budgétaires”, dit-il.

“Ce sont des pays assez peu endettés dans l’ensemble dont les économies sont robustes et qui ont eu la capacité d’agir rapidement et massivement. On le voit notamment en Chine, où l’activité de vols domestiques est revenue quasiment au niveau de la fin de l’année dernière.”

La Chine, dont les autorités ont tenu leur promesse d’ouvrir plus largement leurs portes aux capitaux étrangers, est un marché qui mérite l’attention des investisseurs, ajoute-t-il.

“Outre le crédit asiatique, en particulier le ‘high yield’ en dollars, les obligations chinoises sur le marché des emprunts publics ou de collectivités territoriales en monnaie locale offrent également des rendements attractifs, avec un risque de change limité en raison de la faiblesse actuelle relative des devises des pays développés”, dit-il.

Plus délicat à pénétrer, le marché obligataire indien a lui aussi des atouts, selon Xavier Baraton.

“C’est un marché dont l’accès aux non-résidents reste encore relativement restreint mais pour lequel nous gérons un fonds offshore qui nous permet de rentrer dans un marché qui a sa propre dynamique monétaire et économique offrant de la visibilité”, dit-il.

édité par Marc Angrand

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