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Sociétés

3 QUESTIONS À-De mauvaises surprises à prévoir sur les résultats du S&P-Mirabaud

PARIS, 9 avril (Reuters) - Les consensus sur les résultats des entreprises du S&P-500 au premier trimestre, dont les publications démarrent la semaine prochaine, sont beaucoup trop optimistes et des surprises négatives sont à prévoir, a dit jeudi à Reuters John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud.

1/ Le consensus donne les bénéfices du S&P-500 en baisse de 7,5% sur un an au T1 et de 18% sur un an au T2, selon les données de Refinitiv. Ces chiffres vous paraissent-ils réalistes ?

John Plassard - “Une nouvelle fois, je ne suis pas d’accord avec les consensus. On voit les chiffres des inscriptions au chômage qui sont énormes, ce qui signifie qu’il y aura nécessairement des conséquences sur les entreprises.

“La baisse dramatique des taux d’intérêt signifie que les sociétés financières vont voir leur marge nette d’intérêt se réduire, la baisse de la confiance va peser sur les dépenses de consommation et la baisse du prix du baril de pétrole va pénaliser le secteur de l’énergie.

“Dernier point: les entreprises technologiques ont baissé leurs prévisions de bénéfice et de chiffre d’affaires, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, ce qui aura nécessairement un impact, en sachant que le secteur de la technologie aux Etats-Unis contribue pour 20% aux bénéfices par action du S&P-500.

“Lorsque que je regarde les données macroéconomiques et le nombre d’entreprises qui coupent leur dividende, qui réduisent leurs dépenses d’investissement et qui retirent leurs prévisions, je pense que la facture sera beaucoup plus salée pour les entreprises du S&P-500 que ne l’anticipe le consensus global.”

2/ Les actions américaines sont-elles devenues abordables ?

John Plassard - “Les valorisations ne sont pas encore à la cave avec des ratios cours/bénéfices anticipés à 12 mois autour de 15,5x, ce qui est légèrement au-dessus de la moyenne sur dix ans et légèrement en dessous de la moyenne sur cinq ans. Donc, bizarrement, nous ne sommes pas aujourd’hui dans une situation où vous pouvez dire que les actions sont données. Les consensus n’intègrent pas cette réalité.

“Il ne faut pas acheter sur une question de valorisation mais sur une question tactique, sur des fondamentaux ou sur des éléments concrets. Mais aujourd’hui, dire que le marché n’est pas cher, c’est faux.”

3/ Certain secteurs peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ?

John Plassard - “Vous avez des entreprises comme Home Depot , dont les magasins de jardinage et de bricolage sont envahis de monde. Vous avez aussi des distributeurs comme Walmart ou Amazon qui sont remarquablement adaptés au commerce en ligne.

“Vous avez aussi les sites de rencontres en ligne, qui explosent, et toutes les applications qui bénéficient du confinement, pour des commandes en ligne de nourriture, par exemple. Ce deuxième souffle sur les applications va créer une tendance qui se poursuivra après la crise sanitaire.”

Voir aussi :

POINT HEBDO-Le choc des résultats pourrait ébranler des marchés fragiles (Propos recueillis par Patrick Vignal, édité par Marc Angrand)

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