October 11, 2019 / 11:39 AM / MISE À JOUR IL Y A 25 minutes ago

RPT-POINT HEBDO-Les résultats sous surveillance sur fond d'incertitudes

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée vendredi)

* Une nouvelle saison de résultats trimestriels démarre

* Des consensus pessimistes pour les bénéfices

* Et les prévisions sont peut-être encore trop optimistes

* Certains stratèges misent sur un rebond en fin d’année

par Patrick Vignal

PARIS, 14 octobre (Reuters) - La nouvelle saison de résultats d’entreprises qui s’amorce conduira les investisseurs à revenir aux fondamentaux des marchés dans un environnement marqué par des risques persistants créant un climat incertain.

Au lieu de s’interroger sur l’imminence supposée d’une récession dépendant de facteurs qu’ils ne maîtrisent pas, ils pourront s’appuyer sur des chiffres concrets en épluchant les comptes des sociétés au troisième trimestre.

Ils chercheront dans ces chiffres des éléments de réponse à deux questions qui les taraudent depuis un moment.

La première concerne les effets des politiques monétaires très accommodantes des grandes banques centrales, qui ont soutenu des valorisations que les résultats et les prévisions doivent maintenant justifier.

La deuxième a trait aux dégâts que pourraient causer aux perspectives de profits les risques majeurs qui planent sur les marchés, à commencer par les frictions entre les Etats-Unis et la Chine, qui dépassent largement le cadre du commerce et ne vont pas disparaître du jour au lendemain, selon Philippe Müller, responsable des thématiques d’investissement chez UBS Wealth Management.

“Les attentes du marché en ce qui concerne les bénéfices des entreprises sont encore trop élevées”, estime le stratège de la banque suisse, qui appelle à surveiller les avertissements que pourraient lancer les uns et les autres et les arguments qu’ils emploieront pour les justifier.

UBS dit prévoir un croissance du bénéfice par action en hausse de 1% en moyenne en 2019 pour les composants de l’indice MSCI américain, contre un consensus de 2%.

La surprise négative serait encore plus forte pour les bénéfices européens, avec une contraction de 4% attendue par UBS contre un consensus prévoyant une croissance de 1%, toujours sur la base de l’indice MSCI de référence.

LES CONSENSUS REVUS À LA BAISSE

Pour le seul troisième trimestre, les attentes en termes de bénéfice ne sont clairement pas bonnes et ne cessent d’être revues à la baisse.

Le consensus Refinitiv anticipe désormais un repli de 3% en moyenne des bénéfices des entreprises qui composent l’indice large européen Stoxx 600, ce qui serait la contraction la plus forte depuis le troisième trimestre 2016.

Pour le S&P-500, indice de référence des gérants américains, les profits sont attendus en baisse de 3,1%.

Sur le plan sectoriel, les compartiments défensifs comme les biens de consommation, les services aux collectivités ou la santé devraient tirer leur épingle du jeu et les secteurs cycliques comme la technologie, les matériaux de base ou l’énergie pourraient souffrir, toujours selon les données Refinitiv.

Les traditionnels éclaireurs que sont les grandes banques américains ouvriront le bal avec, dès mardi, les publications de Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Wells Fargo.

Les choses sérieuses en Europe commenceront un peu plus tard mais il faudra tout de même suivre, jeudi, les annonces d’Ericsson et Nestlé.

Les inquiétudes sont plus fortes pour les entreprises européennes que pour les américaines et Publicis, qui a dégainé vendredi avec près d’une semaine d’avance sur le calendrier prévu, n’a rien fait pour les apaiser avec un avertissement qui a fait plonger l’action au plus bas depuis plus de sept ans.

“En Europe, les fondamentaux des entreprises demeurent solides mais la visibilité sur prévisions de bénéfices se dégrade”, lit-on dans une note d’Amundi, qui juge les valorisations justifiées et attractives dans l’ensemble.

UN PASSAGE À VIDE AVANT UN REBOND ?

La société de gestion souligne en autre une volatilité en hausse et relève une rotation vers les valeurs de qualité à caractère défensif au détriment de celles de croissance ou très vulnérables au cycle économique, le tout offrant des opportunités en matière d’investissement.

Aux Etats-Unis, la consommation demeure robuste mais la tendance à la hausse des prix du pétrole observée récemment, avec notamment le pic de volatilité consécutif aux attaques contre des installations saoudiennes, est source de préoccupation, poursuit Amundi.

Certains, comme BlackRock, prédisent un passage à vide temporaire au troisième trimestre avant une fin d’année plus dynamique.

“Nous prévoyons que la période de publication des résultats du troisième trimestre n’apportera qu’un soutien limité et de court terme aux actions américaines, la croissance ne devant connaître un rebond que dans quelques mois”, écrit ainsi Jean Boivin, responsable de la recherche pour le BlackRock Investment Institute (BII).

Le même Jean Boivin note que les signes d’un recul de l’activité économique, au-delà du seul secteur manufacturier, ont ravivé les inquiétudes planant sur la croissance.

Philippe Müller, chez UBS, partage cette analyse, sans pour autant sombrer dans le pessimisme le plus noir.

“Nous sommes clairement en fin de cycle et nous avons un risque de récession élevé, à 30% dans notre scénario de base, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faille tout vendre”, dit à Reuters le stratège d’UBS.

“Nous pensons que la prochaine récession sera une petite récession et non une grande, parce que nous ne voyons pas les signes de déséquilibre qui annoncent traditionnellement un crash majeur.”

édité par Marc Angrand

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