January 30, 2019 / 11:11 AM / 8 months ago

LEAD 1-Siemens presse l'UE d'approuver le rapprochement avec Alstom

* Siemens dit qu’il ne fera pas la fusion ferroviaire à tout prix

* Et qu’il acceptera la décision de Bruxelles

* Siemens a raté le consensus au T1 2018-2019

* Le titre en baisse (Version complétée)

par John Revill

MUNICH, 30 janvier (Reuters) - Siemens a lancé mercredi un ultime appel aux autorités européennes de la concurrence pour tenter d’obtenir leur feu vert à son projet de fusion ferroviaire avec le français Alstom, tout en semblant se résigner à un rejet.

“Il est naïf de penser que les Etats européens, chacun séparément, peuvent concurrencer la Chine et l’Amérique et, à un moment ou à un autre, l’Inde ; c’est impossible”, a déclaré le président du directoire Joe Kaeser, qui présentait à la presse les résultats trimestriels du conglomérat allemand.

“Il appartient maintenant aux autorités antitrust de prendre une décision et il sera intéressant de voir si l’avenir de la mobilité en Europe sera décidé par des technocrates rétrogrades ou par des Européens tournés vers le futur.”

Siemens a présenté un “concept très équilibré” pour ce rapprochement qui bénéficierait à tous, a-t-il fait valoir, mais il a ajouté qu’il ne chercherait pas à réaliser la fusion coûte que coûte.

“Nous avons différentes options”, a dit Joe Kaeser.

“Nous ne sommes pas amers, nous ne sommes pas du tout en colère”, a-t-il aussi déclaré. “Si cela fonctionne, ce sera bénéfique pour l’Europe, Siemens, Alstom et les clients ; si ce n’est pas le cas, nous continuerons dans la mobilité comme nous l’avons fait jusqu’ici.”

De grands groupes comme Deutsche Bahn et Eurostar, l’opérateur du tunnel sous la Manche, figurent parmi les clients de Siemens. Le groupe a signé fin novembre un contrat de 1,7 milliard d’euros pour fournir 94 trains au métro de Londres.

“SI C’EST ENCORE POSSIBLE”

Le projet de fusionner Alstom avec les activités de Siemens dans le ferroviaire (Siemens Mobility), annoncé en septembre 2017 avec le soutien des gouvernements français et allemand, doit donner naissance à un groupe en mesure de concurrencer le numéro un mondial chinois CRRC.

Mais l’UE a fait valoir que son souci était de défendre les intérêts des consommateurs plutôt que de créer des puissances industrielles régionales.

La future entité serait la deuxième plus grande entreprise ferroviaire du monde avec un chiffre d’affaires combiné d’environ 15 milliards d’euros, seulement la moitié de celui de CRRC mais deux fois celui du groupe canadien Bombardier .

Alstom et Siemens ont proposé vendredi dernier des concessions révisées à la Commission européenne pour tenter de répondre à ses inquiétudes. Dimanche, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a jugé ces amendements bien tardifs et déclaré à Reuters : “Nous examinons ce qui nous a été transmis. C’est la dernière tentative, si c’est encore possible.”

Bruxelles pourrait se prononcer dès la semaine prochaine.

A la Bourse de Francfort, l’action Siemens cédait près de 1,9% en fin de matinée dans un marché allemand en baisse modérée (-0,5% pour l’indice Dax 30), le titre étant pénalisé par les résultats trimestriels mitigés publiés par le groupe.

A Paris, l’action Alstom perdait 0,5% dans un marché en hausse de 0,5%.

Au titre de son premier trimestre fiscal, à fin décembre 2018, le bénéfice d’exploitation ajusté des activités industrielles de Siemens a baissé de 6% à 2,07 milliards d’euros (consensus 2,15 milliards).

Les profits ont diminué de moitié dans la branche Electricité et Gaz, toujours pénalisée par la chute de la demande pour les grandes turbines, mais ce recul a été partiellement compensé par le dynamisme de la branche d’automatisation.

Le chiffre d’affaires trimestriel a aussi raté le consensus, ressortant en hausse de 1% à 20,12 milliards d’euros contre 20,32 milliards attendus. Mais les commandes ont augmenté de 12% à 25,17 milliards d’euros, dépassant les estimations du marché.

Siemens a confirmé ses prévisions et s’attend à une croissance modérée de son chiffre d’affaires en 2019, ainsi qu’à une marge bénéficiaire de 11% à 12% dans ses activités industrielles. (Claude Chendjou et Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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