April 2, 2018 / 12:04 PM / 7 months ago

À WALL STREET-Retour aux fondamentaux avec les résultats du T1

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée dimanche)

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 1er avril (Reuters) - Echaudés par un début d’année difficile à Wall Street, les investisseurs comptent sur une prometteuse moisson de résultats du premier trimestre pour retrouver un peu de l’optimisme qui a caractérisé les marchés boursiers l’an dernier.

La chute de certaines valeurs technologiques et les craintes de guerre commerciale ont fait replonger le marché ces derniers jours après une première correction, brutale, début février. Et le regain de volatilité qui a accompagné le mouvement peut être annonciateur de nouvelles secousses.

Malgré un rebond de plus de 1% jeudi pour la dernière séance du mois de mars, l’indice Dow Jones a cédé 2,5% sur le trimestre et le S&P-500 1,2%, soit leur plus mauvaise performance trimestrielle depuis plus de deux ans.

Mais si la Bourse a broyé du noir, les entreprises, elles, ont probablement connu un trimestre exceptionnel en termes de résultats. Les analystes s’attendent à ce que la croissance bénéficiaire des sociétés du S&P-500 dépasse les 18% et soit la plus élevée depuis sept ans, selon les estimations recueillies par Thomson Reuters. Cela ferait suite à un quatrième trimestre déjà faste en matière de résultats, et la réforme fiscale adoptée en décembre aux Etats-Unis a amélioré les prévisions pour l’ensemble de 2018.

Les professionnels de Wall Street tablent sur des résultats robustes pour remettre les fondamentaux du marché au premier plan et retrouver la tendance haussière des neuf dernières années.

“Tout se jouera avec les résultats”, assure Robert Pavlik, stratège et gérant chez SlateStone Wealth à New York. “Ils vont recentrer l’attention sur un marché qui est devenu bien moins cher avec la baisse récente.”

Avec la baisse des cours mais aussi la révision en hausse des perspectives de profit, l’indice S&P-500 vaut actuellement 16,5 fois les bénéfices attendus à comparer à un multiple de 18,8 mi-décembre, selon les données de Thomson Reuters. Il retrouve ainsi son niveau de valorisation le plus intéressant depuis la fin 2016.

Daniel Morgan, gérant chez Synovus Trust Company à Atlanta, compte aussi sur les résultats pour retirer de la “négativité” du marché après l’accumulation des mauvaises nouvelles comme les tensions commerciales avec la Chine ou l’affaire Facebook et la correction des techs.

“On a tous commencé à prendre peur et se dire que le ciel allait peut-être nous tomber sur la tête mais une fois que la saison des résultats aura débuté, on aura des bases solides pour repartir”, dit-il.

ATTENTION AUX CHIFFRES DE L’EMPLOI

Selon les données Thomson Reuters, les analystes anticipent désormais une hausse de 18,5% des bénéfices des entreprises au premier trimestre par rapport aux trois premiers mois de 2017.

Le consensus a augmenté de 6,3 points de pourcentage depuis le 1er janvier, et celui pour les résultats de tout 2018 a progressé de 7,7 points depuis lors.

Depuis le vote de la réforme fiscale, de nombreuses entreprises ont annoncé le rapatriement de bénéfices conservés à l’étranger et des mesures de redistribution du capital. D’autres nouvelles sont attendues sur ce front pendant la saison des résultats, qui débutera le 13 avril avec les publications de JPMorgan Chase et d’autres banques.

En attendant, la semaine qui vient risque de connaître un nouvel accès de volatilité avec la publication, vendredi, des créations d’emplois du mois de mars.

Début février, une statistique de l’emploi vigoureuse, accompagnée d’une croissance plus forte que prévu des salaires, avait fait flamber les rendements obligataires dans la crainte d’une accélération du rythme de hausse des taux de la Réserve fédérale.

En quelques séances, l’indice S&P-500 avait dégringolé de plus de 10% par rapport à son record du 26 janvier - la définition technique d’une correction.

L’indice de référence des gérants américains reste à environ 8% de son record.

Sur les trois premiers mois de l’année, le S&P a connu 24 séances de variation de plus de 1% - à la hausse ou à la baisse - soit trois fois plus que sur tout 2017. En 2016, il y avait eu 48 séances avec des variations de plus de 1%.

Les analystes conviennent qu’il est peu probable que le marché retrouve les conditions inhabituellement calmes de l’an dernier, quand l’indice CBOE de la volatilité, qui mesure les anticipations de fluctuation du S&P, a touché une moyenne basse record de 11. L’indice surnommé le “baromètre de la peur” à Wall Street a atteint début février un pic de deux ans et demi à plus de 50 ; il a fini jeudi sous les 20. (Véronique Tison pour le service français)

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