22 février 2012 / 07:55 / il y a 6 ans

LEAD 4-Schneider-Jusqu'à 17% de marge en 2014, prudence pour 2012

* Vise une marge d‘Ebita de 13-17% dans le cadre de son nouveau plan triennal

* Marge de 14,2% en 2011, CA +8,3%, supérieur aux attentes

* Priorité aux services et aux pays émergents

* 0,9-1,1 milliard d‘euros de gains de productivité sur la période

* Peu de visibilité en 2012 à cause des incertitudes en Europe

* L‘action en hausse (Actualisé avec nouveau commentaire d‘analyste, cours de Bourse)

par Gilles Guillaume et Elena Berton

PARIS, 22 février (Reuters) - Schneider Electric s‘est fixé mercredi l‘objectif d‘une marge opérationnelle pouvant aller jusqu’à 17% dans le cadre de son nouveau plan stratégique à l‘horizon 2014, mais tout en prévoyant une relative stagnation de l‘activité en 2012 à cause de l‘Europe.

Le numéro un mondial des équipements électriques basse et moyenne tension n‘a pas exclu non plus une baisse de sa marge d‘Ebita ajusté d‘ici trois ans puisque son objectif triennal va de 13% à 17%, une fourchette similaire aux ambitions du précédent plan.

Le nouveau, “Connect”, est axé sur les services de gestion de l’énergie et les pays émergents, et prévoit entre 0,9 et 1,1 milliard d‘euros de gains de productivité industrielle sur la période.

“Si on est dans le bas de la fourchette, c‘est qu‘on est dans un moment très difficile du cycle économique, 13% c‘est ce qu‘on a fait en 2009”, a commenté le directeur financier de Schneider Electric, Emmanuel Babeau, au cours d‘un point de presse. “Si on est plutôt vers 17%, c‘est qu‘on aura eu certainement plusieurs années de forte croissance.”

En 2011, le groupe a affiché une marge d‘Ebita avant coûts d‘acquisition et d‘intégration de 14,2%, en baisse par rapport à 15,1% - et 14,7% retraité de l‘acquisition du pôle distribution d‘Areva - en 2010.

Schneider visait initialement pour l‘année écoulée une marge de 15%, mais il avait abaissé cet objectif à 14% fin octobre en raison notamment de tensions inflationnistes plus fortes que prévu sur les salaires dans les pays émergents et sur les matières premières.

Emmanuel Babeau a dit prévoir cette année une pression moins forte sur les prix des matières premières, dont l‘effet devrait être “légèrement négatif” à cause de la hausse du dollar face à l‘euro et qui devrait être compensé par la réaction tarifaire du groupe.

“On rentre sur 2012 avec un effet des hausses de prix(engagées par Schneider en 2011) que j‘estime à 100-150 millions d‘euros”, a-t-il ajouté.

“Connect, certes confirme un modèle économique de croissance très rentable, mais a priori n‘apporte pas d‘amélioration majeure par rapport au programme précédent de développement”, estiment les analystes de CM-CIC Securities dans une note, confirmant leur “vision prudente et recommandation à conserver”.

Bernstein Research, qui note que les perspectives 2012 apparaissent assez faibles, parle d‘un plan qui semble ambitieux mais s‘interroge sur ses modalités et relève que la direction de Schneider reste discrète sur le rôle des fusions-acquisitions.

En Bourse, à midi, l‘action Schneider s‘adjugeait 6,25% à 50,83 euros, à un plus haut de plus de cinq mois. Le titre, qui avait subi un recul de 3,2% mardi, reprend ainsi la remontée qu‘il avait entamée le 16 février.

PAS DE FORTE ACTIVITÉ M&A AU S1

Schneider Electric a réalisé l‘an dernier un chiffre d‘affaires de 22,4 milliards d‘euros, supérieur au consensus de 22 milliards calculé par la rédaction de Reuters à partir des réponses de 22 analystes. En données publiées, il ressort en hausse de 14%, soit une croissance organique de 8,3%, dans le haut de la fourchette de 6% à 9% que visait le groupe.

Les nouvelles économies ont pesé pour 39% du CA en 2011, contre 32% au début du plan précédent 2008-2011, et les solutions clé en main 37%, contre 30%.

Le bénéfice net a augmenté lui de 6% à 1,82 milliard d‘euros, légèrement inférieur dans ce cas au consensus qui donnait 1,9 milliard.

“Les incertitudes relatives à l’économie mondiale pour 2012 limitent la visibilité”, a indiqué Schneider Electric dans un communiqué. “(Le groupe) s‘attend à une tendance à nouveau solide dans les nouvelles économies et à une dynamique de reprise en Amérique du Nord, tandis que l‘Europe de l‘Ouest devrait peser sur la croissance.”

Il prévoit ainsi cette année une croissance organique de ses ventes nulle ou légèrement positive, et une marge d‘Ebita ajusté comprise entre 14% et 15%. Cette prudence se retrouve aussi dans les ambitions en matière de croissance externe.

“La visibilité (...) aujourd‘hui n‘est pas très bonne sur l‘environnement économique”, a dit Emmanuel Babeau. “Donc, au moins pour la première partie de l‘année, on ne s‘attend pas à une forte activité dans le domaine M&A.”

Après avoir racheté Areva D en 2010, Schneider a encore réalisé l‘an dernier pour 2,9 milliards d‘euros d‘acquisitions, entraînant au passage un doublement de la dette à 5,3 milliards.

Le groupe avait exclu en revanche au printemps une grosse opération en 2011, lorsqu‘il avait pris la parole en réaction aux rumeurs le donnant en discussions avec le géant américain Tyco.

* Le communiqué de Schneider Electric :

link.reuters.com/haf76s (Avec Michel Bires Brito, édité par Dominique Rodriguez)

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