6 août 2008 / 06:44 / il y a 9 ans

LEAD 1 BNP Paribas a surpassé les attentes au T2 grâce à la BFI

par Yann Le Guernigou

PARIS, 6 août (Reuters) - BNP Paribas BNPP.PAZ a annoncé mercredi un bénéfice net en recul un peu moins prononcé que prévu pour le deuxième trimestre, l‘activité vigoureuse de sa banque de financement et d‘investissement (BFI) permettant d‘atténuer l‘impact de dépréciations supplémentaires dues à la crise des marchés du crédit.

Comme sa rivale la Société générale (SOGN.PA), qui a publié ses comptes mardi, la banque s‘est distinguée par une forte performance dans les activités de marché malgré l‘environnement difficile.

Le résultat net, part du groupe, s‘est élevé à 1.505 millions d‘euros, soit 34% de moins qu‘un an plus tôt, contre 1.477 millions attendus par les analystes interrogés par Reuters. L‘absence de plus-values, alors que le résultat du deuxième trimestre 2007 en incluait 349 millions, et l‘impact de la crise du crédit (457 millions de dépréciations nettes et 129 millions de provisions spécifiques) expliquent cette évolution.

Hormis 44 millions de provisions sur le portefeuille d‘investissement de la filiale américaine BancWest, la totalité de cet impact est liée à l‘exposition de BNP Paribas aux rehausseurs de crédit américains, un des secteurs les plus touchés par la crise.

Ces nouvelles dépréciations et provisions portent à 2,59 milliards d‘euros la facture pour BNP Paribas de la crise du crédit entamée il y a un an, ce qui en fait un des établissements les moins touchés parmi les grands acteurs de la banque de financement et d‘investissement.

FINANCEMENTS RECORDS

Le résultat brut d‘exploitation du deuxième trimestre a accusé un repli de 20,8%, à 2.665 millions d‘euros, légèrement plus que les 2.626 millions attendus par le consensus. Il traduit une évolution des revenus comme des coûts nettement supérieure aux anticipations des analystes.

Les premiers ont vu leur recul limité à 8,5% (à 7.517 millions contre 7.173 millions attendu) et les seconds sont restés quasi stables à 4.852 millions, alors qu‘ils étaient attendus en recul de plus de 6%.

L‘essentiel de la différence, au niveau des revenus et des coûts, est à mettre au compte de la banque de financement et d‘investissement.

Malgré les dépréciations d‘actifs constatées, l‘activité de celle-ci a nettement surpassé les prévisions : 1.852 millions d‘euros (1.406 millions attendu), soit 24,5% de moins que le record enregistré au deuxième trimestre 2007 mais 41% de plus qu‘au premier trimestre 2008.

Elle s‘explique par une forte performance du pôle actions et conseils et surtout des financements, qui ont enregistré une activité record. BNP Paribas souligne qu‘elle a profité de sa solidité financière pour renforcer ses positions dans les financements de l’énergie, des matières premières et des projets et se développer dans les financements d‘acquisition.

“BNP Paribas confirme avec des résultats solides. Mais ils seront peut-être considérés par le marché un peu moins comme une bonne surprise que ceux de la Société générale”, déclare Pierre Flabbée, analyste chez Landsbanki Kepler.

Avec un recul de 16,63% depuis le début de l‘année, l‘action BNP Paribas enregistre déjà une des moins mauvaises performances de l‘univers bancaire européen, le marché ayant pris en compte le fait qu‘elle avait jusqu‘ici traversé la crise en limitant les dégâts.

TIER ONE A 7,6%

Les pôles International Retail Services (banque de détail à l’étranger et services financiers) et Asset management et Services (gestion d‘actifs, banque privée, assurance et services aux investisseurs) ont également publié des revenus records pour le deuxième trimestre.

La gestion d‘actifs a néanmoins accusé une décollecte nette de 6,1 milliards d‘euros, qui tient en partie à l‘Italie.

La rentabilité des services financiers et des réseaux étrangers a pour sa part souffert d‘une remontée du coût du risque chez la filiale américaine BancWest, dont les revenus ont progressé de 13,7% à données comparables, ainsi que dans le crédit à la consommation et le leasing.

Le directeur général, Baudouin Prot, a déclaré que la hausse du coût du risque - il a été multiplié globalement par plus de 2,5 - reflétait la détérioration de l‘environnement économique mais qu‘il n‘anticipait pas d‘aggravation majeure au niveau de l‘ensemble du groupe dans les années qui viennent.

Le réseau France a tiré son épingle du jeu avec une croissance de 3,0% de ses revenus sous-jacents, là où la Société générale devait se contenter de 0,9%. Baudouin Prot a souligné que la nouvelle hausse du taux du Livret A intervenue le 1er août aurait un impact sur les marges au deuxième semestre, pour ajouter que la banque s’évertuerait de maintenir un écart d‘au moins 1% entre la hausse de ses revenus et celle de ses coûts.

BNP Paribas a fini le trimestre avec un ratio Tier One de 7,6%, inchangé par rapport à fin mars. Bien qu‘il soit inférieur à ceux de ses concurrents français, qui dépassent 8,0%, la banque estime qu‘il est à un niveau “adéquat”.

Elle en veut pour preuve la qualité de sa note - elle est une des rares banques encore notée “AA”, ce qui lui confère un avantage concurrentiel -, confirmée récemment par S&P et Fitch, et assure n’être soumise à aucune pression pour lever des fonds propres. /YLG

Yann Le Guernigou, édité par Jacques Poznanski

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