31 décembre 2007 / 20:21 / dans 10 ans

Citigroup, Merrill en tête pour les émissions de titres en 2007

par Jonathan Stempel

NEW YORK, 31 décembre (Reuters) - Citigroup (C.N) et Merrill Lynch MER.N arrivent en tête des classements 2007 des banques d‘affaires en matière de volumes d‘actions et d‘obligations émis pour la première et de commissions publiées pour la deuxième, en dépit de leur situation personnelle difficile.

Citigroup reste en tête pour les volumes pour la huitième année consécutive mais cède la première place à Merrill Lynch pour ce qui est des commissions, selon les chiffres publiés lundi par Thomson Financial.

Une baisse des émissions de dette dans l‘ensemble du secteur se traduit par la première diminution depuis 2002 du volume global d‘activité du marché primaire. Les volumes globaux émis ont diminué de 4% à 7.510 milliards de dollars, précise Thomson.

Et cette tendance pourrait se maintenir en 2008, les investisseurs semblant garder leurs distances vis-à-vis du marché de la dette, jugé moins sûr qu‘auparavant depuis l’éclatement de la crise du subprime et les lourdes dépréciations annoncées par de grands noms du secteur financier.

“Si l‘on regarde le résultat final, il s‘agit de la deuxième meilleure année de l‘histoire. C‘est le point positif”, a commenté Richard Peterson, directeur des marchés de capitaux de Thomson Financial. “Le point négatif, c‘est que Wall Street a chancelé à l‘approche de la ligne d‘arrivée, en raison de l‘incertitude élevée et des turbulences sur les marchés financiers.”

Citigroup a arrangé pour 617,6 milliards de dollars d’émissions, soit une part de marché de 8,2%. JPMorgan Chase & Co (JPM.N) se classe au deuxième rang de ce classement avec 554,1 milliards de dollars et une part de marché de 7,4%, devant Deutsche Bank (DBKGn.DE) (481,9 milliards de dollars, 6,4% de part de marché).

DEBOIRES

Parallèlement, les commissions publiées ont augmenté de 7% à 15,92 milliards de dollars, grâce à une croissance de 22% des volumes d’émissions d‘actions, mieux rémunérées.

Merrill Lynch, quatrième du classement seulement pour les montants émis, arrive en revanche en tête pour les commissions, avec 9,7% de part de marché, contre 9,3% pour Citigroup et 8,6% pour JPMorgan.

Pour Citigroup comme Merrill Lynch, ces classements très suivis dans le secteur ne devraient pas suffire à faire oublier les déboires récents: Citigroup devrait publier une perte au titre du quatrième trimestre après avoir annoncé prévoir des dépréciations susceptibles d‘atteindre 11 milliards de dollars, un montant qui pourrait même dépasser ce seuil selon certains analystes.

Quant à Merrill Lynch, elle a déjà déprécié 8,4 milliards de dollars de dettes au troisième trimestre et le marché s‘attend à de nouvelles mesures du même ordre.

Chacun des deux groupes a en outre remplacé son patron ces dernières semaines, John Thain reprenant le siège laissé vacant par le départ de Stanley O‘Neal chez Merrill tandis que Vikram Pandit a succédé à Charles Prince chez Citigroup.

MAUVAIS SECOND SEMESTRE

Pour revenir aux émissions, l‘année 2007 restera marquée par une chute de 31% des volumes de titrisations d‘actifs aux Etats-Unis, à 863,6 milliards de dollars; leur baisse a même dépassé 50% sur le seul second semestre, précise Thomson.

Les émissions de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) ont parallèlement baissé de 12% sur l‘année aux Etats-Unis, alors qu‘elles affichaient fin juin une hausse de 3%.

“Avec le ralentissement marqué des achats immobiliers, les titrisations MBS ont fortement chuté”, explique William Tanona, analyste de Goldman Sachs & Co, dans une note datée du 26 décembre. “Nous pensons que ces niveaux bas se maintiendront pendant un temps avant de repartir modestement à la hausse.”

Si les émissions de dettes réalisées par des sociétés notées en catégorie d‘investissement (investment grade) ont atteint un montant record, les émissions de “junk bonds” ont diminué, chutant même de moitié environ après juin, souligne Thomson.

Le marché des obligations spéculatives a en effet souffert du durcissement des conditions de financement dont ont souffert bon nombre de fonds de capital-investissement, ce qui a conduit notamment à la remise en cause de plusieurs gros projets de rachats par endettement (LBO), comme ceux de SLM SLM.N, le numéro un américain du crédit aux étudiants, du spécialiste du matériel hi-fi Harman International Industries HAR.N ou du loueur d’équipements industriels United Rentals (URI.N).

Si le mois de janvier est généralement propice aux émissions, explique Peterson, le fait que la Réserve fédérale ne se réunisse que les 29 et 30 janvier aura pour conséquence que “beaucoup d’émetteurs attendront de voir ce que fera la Fed concernant les taux”.

Alors que le marché de la dette souffrait, celui des émissions d‘actions s‘est mieux comporté en 2007: le montant des émissions mondiales a atteint 876,3 milliards de dollars, contre 719,5 milliards en 2006. Celui des introductions en Bourse a progressé de 15%, à 308,7 milliards.

L‘année 2008 pourrait aussi être un bon cru pour les introduction en Bourse. Parmi les principaux projets en cours de préparation figurent notamment celui de Visa, lenuméro un mondial des cartes de crédit, qui pourrait lever 10 milliards de dollars. /MA

Version française Marc Angrand

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