22 juin 2008 / 13:27 / il y a 9 ans

Wall Street, l'oeil plus que jamais rivé sur les financières

par Jennifer Coogan

NEW YORK, 22 juin (Reuters) - Wall Street sera vulnérable à toute mauvaise nouvelle en provenance des valeurs financières dans les jours qui viennent et même la perspective d‘un statu quo monétaire de la part de la Réserve fédérale des Etats-Unis apparaît au second plan après les analyses de plus en plus pessimistes sur l‘ampleur de la crise actuelle du crédit.

Les marchés d‘actions américains ont fini vendredi à des plus bas de trois mois après l‘annonce de possibles dépréciations d‘actifs supplémentaires pour Citigroup (C.N) et les perspectives défavorables que Merrill Lynch a publiées pour douze banques américaines.

Le Dow Jones .DJI a perdu 3,8% sur la semaine, passant ous la barre des 12.000 points pour la première fois depuis la mi-mars, période à laquelle le marché subissait le contrecoup de la faillite de Bear Stearns.

Le Standard & Poor’s 500 .SPX a abandonné 3,1% sur la semaine et le Nasdaq .IXIC a reculé de 2%.

Depuis le début de l‘année, les analystes ont abaissé leurs estimations de bénéfices pour les valeurs financières de l‘indice S&P 500 de 41% pour le deuxième trimestre, de 28% pour le troisième et de 25% pour le quatrième, selon Lab Thomson, une publication de Thomson Reuters.

Vendredi, Edward Najarian, analyste de Merrill Lynch, a réduit ses estimations de bénéfices pour douze banques américaines de 22% en moyenne pour 2008 et de 19% pour 2009.

Ce spécialiste du secteur a ainsi rejoint Credit Suisse, Deutsche Bank Securities, Goldman Sachs & Co et Lehman Brothers sur la liste des bureaux d‘analyse qui ont revu à la baisse depuis le début juin leurs prévisions pour les banques, en disant s‘attendre notamment à de nouvelles levées de capitaux. [ID:nL20237194]

Jeudi, c’était le directeur financier de Citigroup qui évoquait la possibilité de dépréciations substantielles pour son établissement au deuxième trimestre.[ID:nL19814708]

DANS L‘ATTENTE D‘UN MAINTIEN DES TAUX À 2%

L‘agenda des résultats d‘entreprises est mince pour les prochains jours, à l‘exception des trimestriels des deux grands constructeurs Lennar (LEN.N) et KB Home (KBH.N), mercredi et jeudi.

Les financières et d‘autres compartiments boursiers pourraient cependant trouver un soutien mercredi dans la décision de politique monétaire de la Fed.

“Il y aura sans doute une certaine stabilisation du marché après l‘annonce de la Fed”, commente Fred Dickson, stratège actions et directeur de recherche chez D.A. Davidson & Co, dans l‘Oregon.

Les contrats à terme sur les taux d‘intérêt américains montrent que les traders sont presque unanimes à tabler sur un maintien du taux des fed funds à 2%, afin de tenir compte des pressions inflationnistes grandissantes.

Plusieurs responsables de la Réserve fédérale se sont exprimés ce mois-ci pour évoquer la faiblesse du dollar et son impact dangereux sur l‘inflation, ce qui a nourri des spéculations sur une hausse des taux d‘intérêt américains. Des “fuites” ont permis ces derniers jours d‘apaiser ces craintes sur les marchés d‘actions.

Le Washington Post et le Financial Times ont cité des sources proches de la banque centrale américaine pour écrire que le président de la Fed, Ben Bernanke, ne relèverait pas les taux car il est davantage préoccupé par le ralentissement économique mondial induit par la flambée des cours pétroliers que par la lutte contre l‘inflation.

Les investisseurs auront aussi l‘oeil rivé sur les cours du pétrole.

“Nous pensons que le marché pétrolier a un potentiel d‘appréciation”, déclare Matt Kaufler, gérant de portefeuille et analyste actions chez Clover Capital Management, dans l‘Etat de New York.

L‘annonce faite dimanche par l‘Arabie saoudite de relever encore sa production si la demande est suffisante ne devrait pas faire baisser durablement les cours, de l‘avis des experts pétroliers.

Une poursuite de la hausse des cours du brut pourrait s‘avérer négative pour le secteur de l’énergie car elle incite les gouvernements à intervenir, remarque-t-il.

“C‘est certainement bon pour la profitabilité (des compagnies pétrolières) mais ce n‘est pas bon politiquement”, souligne Kaufler.

A l‘ouverture de la réunion de Djeddah entre pays producteurs et consommateurs de pétrole, Ryad s‘est dit prêt dimanche à produire, pour le restant de l‘année et s‘il existe la demande correspondante, plus que les 9,7 millions de barils par jour qu‘il a déjà décidé d‘extraire en juillet. /DR

version française Dominique Rodriguez

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