17 janvier 2008 / 14:29 / il y a 10 ans

LEAD 3 Merrill Lynch a perdu $9,8 mds au quatrième trimestre

(complété avec précisions sur la baisse en Bourse, nouveau commentaire d‘analyste)

NEW YORK, 17 janvier (Reuters) - La banque d‘affaires américaine Merrill Lynch MER.N a fait état jeudi d‘une perte nette de 9,8 milliards de dollars au quatrième trimestre 2007, la plus importante de son histoire, après avoir inscrit pour 16 milliards de dollars de dépréciations et d‘ajustements pour ses investissements malheureux sur le segment du subprime.

Merrill a précisé que son exposition brute aux CDO (collateralized debt obligations), ces instruments de titrisation d‘actifs plombés par la crise des crédits immobiliers à risque américains, était encore de 30 milliards de dollars.

La perte nette trimestrielle représente 12,01 dollars par action. Les analystes n‘avaient tablé que sur 10 à 15 milliards de dollars de dépréciations liées au subprime. Un an auparavant, Merrill dégageait un bénéfice de 2,3 milliards de dollars, soit 2,41 dollars par action.

L‘action Merrill Lynch perdait près de 7,5% à 51,04 dollars en cours de séance à Wall Street. Elle accuse à ce niveau un recul de 48% sur un an, un plongeon qui a réduit sa capitalisation boursière de près de 42 milliards de dollars depuis fin janvier 2007. Les agences Moody’s Investors Service et Standard & Poor’s ont toutes deux confirmé leur notation du crédit de Merrill, respectivement à A1 et A+, en maintenant un biais négatif sur les perspectives à long terme, c‘est-à-dire à un horizon de 12 à 24 mois. S&P a indiqué qu‘elle ne s‘attendait pas à d‘autres dépréciations importantes à l‘avenir, vu l‘ampleur relativement faible de l‘exposition nette restante.

Dans un communiqué, le directeur général de Merrill, John Thain, a admis que ces résultats étaient “à l’évidence inacceptables”. Il a ajouté que la banque mettrait la pédale douce sur la prise de risque et qu‘elle disposait de suffisamment de fonds propres pour aller de l‘avant après les 12,8 milliards de dollars d‘injections de la part d‘investisseurs américains et étrangers.

Lors d‘une conférence teléphonique, Merrill Lynch a indiqué qu‘il n‘avait pas l‘intention de céder les 20% qu‘il détient dans le capital de l‘agence d‘informations et de données financières Bloomberg LP, une cession sur laquelle le marché spéculait.Les analystes avaient évalué à environ cinq milliards de dollars la valorisation de cette participation dans Bloomberg. Merrill Lynch n‘entend pas davantage vendre ses parts dans le gérant d‘actifs Blackrock (BLK.N).

PAS DE LICENCIEMENTS MASSIFS

John Thain a par ailleurs assuré qu‘il n‘y aurait pas de licenciements massifs en dépit des pertes affichées. Des suppressions de postes au cas par cas seront recherchées, dans les activités crédit structuré et créations d‘hypothèques, a-t-il dit.

Le détail des dégâts donne 11,5 milliards de dollars de dépréciations sur des obligations à collatéral (CDO) et valeurs mobilières liées à du subprime, ainsi que 3,1 milliards de dollars d‘ajustements négatifs liés à de mauvais arbitrages avec des rehausseurs de crédit.

En outre, Merrill a inscrit pour 900 millions de dollars de dépréciations liées à des prêts Alt-A, dont le risque est un peu moindre que celui des subprimes, et à des crédits immobiliers en dehors des Etats-Unis. Enfin, 356 millions de dollars de dépréciations ont touché des créances à effet de levier et de l‘immobilier commercial.

“La perte semble plus importante que prévu. Les dépréciations sont importantes, bien que conformes aux attentes. Mais nous savions que ce serait mauvais”, a commenté Peter Boockvar, stratège spécialiste des marchés d‘actions chez Miller Tabak, à New York.

Pour Rose Grant, gérante d‘Eastern Investment Advisors, “on s‘attendait à un trimestre de ‘grand nettoyage’, après lequel on pourrait considérer que les problèmes appartiennent au passé, afin de pouvoir s‘intéresser à d‘autres activités de l‘entreprise et de voir d‘où viennent les profits. On a fait à peu près 80% du chemin.” Les déboires de Merrill Lynch sur le crédit ont complètement occulté les très solides performances du courtage et de la banque d‘investissement.

Le revenu de la banque d‘investissement a augmenté de 22% à 4,9 milliards de dollars en 2007, tandis que la division de gestion de fortune, qui incorpore son armée de courtiers, a vu son revenu net augmenter de 18% à 14 milliards de dollars.

La gestion de fortune a attiré 30 milliards de dollars d‘argent frais de la part de la clientèle au quatrième trimestre. Le total des actifs de la clientèle représentait 1.800 milliards de dollars en fin d‘année.

Michael Hecht, analyste de Bank of America, estime que Merrill Lynch, en dépit des troubles des derniers mois, reste en mesure de conserver ses salariés les plus talentueux et d‘en attirer d‘autres. /DR/WYE/MA

Tim McLaughlin, Ellis Mnyandu, Michael Taylor, version française Dominique Rodriguez

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