16 avril 2008 / 12:43 / dans 10 ans

LEAD 2 JP Morgan - Chute de 50% du bénéfice mais l'action monte

(Ajouts: un commentaire d‘analyste, cours de Bourse actualisé, résultats par métier, réécriture ponctuelle)

par Jonathan Stempel et Joseph Giannone

NEW YORK, 16 avril (Reuters) - JPMorgan Chase (JPM.N) a fait état mercredi d‘une baisse de 50% de son bénéfice au premier trimestre mais l‘action n‘en était pas moins en nette hausse, la troisième banque américaine ayant échappé aux pertes massives qui ont ébranlé certaines de ses concurrentes.

La banque a absorbé plus de cinq milliards de dollars de pertes et dépréciations liées en particulier à des créances immobilières mais c‘est bien moins que ce qu‘ont dû comptabiliser des établissements tels que Citigroup (C.N), UBS UBSN.VX ou encore Merrill Lynch MER.N.

RESULTATS:

Le bénéfice net ressort à 2,37 milliards de dollars, soit 68 cents par action, contre 4,79 milliards (1,34 dollar/action) sur la même période l‘an dernier. Le bénéfice incorpore une plus-value après impôt de 955 millions de dollars dégagée sur la participation dans Visa (V.N), introduite en Bourse en mars.

Le consensus de Thomson First Call donnait un BPA de 64 cents, abstraction faite de la plus-value Visa. Le consensus de Reuters Estimates, qui intégrait cette plus-value, donnait 71 cents.

Le produit net bancaire a diminué de 11% à 16,89 milliards de dollars, conforme au consensus de Reuters Estimates.

PROVISIONS ET DEPRECIATIONS:

JPMorgan explique avoir passé pour 5,11 milliards de dollars de provisions pour pertes sur crédits, plus du triple du montant du premier trimestre 2007. Sur les trois derniers mois de l‘an dernier, ces provisions avaient atteint 3,16 milliards.

Le groupe ajoute avoir accru ses réserves de crédit de 2,5 milliards, dont 1,1 milliard concernent des crédits immobiliers.

Les dépréciations de la division de banque d‘investissement ont représenté environ 2,6 milliards de dollars, dont 1,2 milliard portant sur des crédits immobiliers, 1,1 milliard des prêts destinés à financer des rachats d‘entreprises et 266 millions liés principalement à des créances titrisées.

RESULTATS PAR METIERS :

La banque d‘investissement a subi une perte de 87 millions de dollars alors qu‘elle dégageait un an auparavant un bénéfice de 1,54 milliard de dollars, conséquence de dépréciations sur créances immobilières et autres. Son PNB a chuté de 52% à 3,01 milliards de dollars.

La banque de détail inscrit une perte de 227 millions de dollars après un bénéfice de 859 millions un an plus tôt. Cette division a inscrit en provisions 2,49 milliards de dollars pour des créances douteuses ou irrécouvrables, immobilières notamment.

La division cartes de crédit a vu son bénéfice diminuer de 20% à 609 millions de dollars; les provisions sur créances ont augmenté de 36%.

Trading: le bénéfice a augmenté de 53% à 403 millions de dollars.

Gestion d‘actifs: bénéfice en recul de 16% à 356 millions de dollars.

Banque commerciale: bénéfice en baisse de 4% à 292 millions de dollars.

Corporate banking et capital investissement: bénéfice en hausse de 63% à 1,03 milliard de dollars, imputable pour l‘essentiel à Visa.

DECLARATIONS :

Le directeur général du groupe, Jamie Deamon, a fait état de perspectives difficiles en dépit de ce qu‘il a présenté comme “une tendance d‘activité solide” et une situation de bilan “forte”.

“Nous nous attendons à ce que le climat économique reste faible et à ce que les marchés de capitaux restent sous tension”, a-t-il dit. “Ces facteurs ont affecté et devraient continuer d‘affecter défavorablement nos pertes de crédit, notre volume global d‘activité et nos bénéfices, peut-être jusqu’à la fin de l‘année voire au-delà.”

COMMENTAIRES D‘ANALYSTES :

“JPMorgan s‘est pas mal débrouillé dans un environnement opérationnel très difficile”, note Jeff Harte, analyste de Sandler O‘Neill. “Malheureusement, il ne semble pas l‘environnement doive devenir plus sympathique dans un avenir proche”.

Pour Rick Meckler, président de LibertyView Capital Management, “ça n‘est pas comme s‘il y avait de très bonnes nouvelles mais comparé à ce qu‘on a vu ces six derniers mois, il semble qu‘il n‘y ait pas d’énormes mauvaises surprises ou dépréciations. Les annonces procurent donc aux investisseurs un sentiment de stabilité et d‘optimisme. Le marché regarde vers l‘avenir.”

De son côté, Jonathan Monk, stratège d‘Aerion Fund Management à Londres, note que “l‘action se traite à sa valeur comptable et assure un rendement raisonnable. JPMorgan est l‘un des gagnants de cette crise du crédit car c‘est l‘une des rares banques qui dispose de liquidités pour acheter d‘autres banques.”

CONTEXTE:

JPMorgan a présenté le mois dernier une offre de rachat de Bear Stearns BSC.N, la cinquième banque d‘investissement des Etats-Unis, qui était menacée de dépôt de bilan.

BOURSE:

L‘action gagnait 4,89% à 44,18 dollars à 14h43 GMT. Elle a perdu environ 4% depuis le début de l‘année alors que l‘indice sectoriel Philadelphia KBW Bank Index .BKX a cédé 14% environ. /NDE/MA

Jonathan Stempel, version française Nicolas Delame, Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat

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