May 27, 2009 / 11:25 AM / 10 years ago

Les parents d'Ilan Halimi face au "gang des barbares"

PARIS (Reuters) - Les parents d’Ilan Halimi, un jeune juif enlevé, séquestré et assassiné par le “gang des barbares” en 2006, ont fait part de leurs interrogations sur l’enquête de police au procès de l’affaire.

Les parents d'Ilan Halimi, un jeune juif enlevé, séquestré et assassiné par le "gang des barbares" en 2006, ont fait part mercredi de leurs interrogations sur l'enquête de police au procès de l'affaire. /Photo d'archives/ REUTERS/Stéphane Mahe

Selon des avocats de la défense et un représentant du parquet ayant assisté à l’audience, qui se tient à huis clos, Didier Halimi, le père du jeune homme, a fixé un à un les 27 accusés, dont le meurtrier présumé de son fils, Youssouf Fofana.

“Quand je les regarde, je ne ressens pas de haine, mais seulement une immense tristesse”, a-t-il dit.

La mère d’Ilan Halimi, Ruth, a déclaré de son côté : “Il faudrait pouvoir comprendre ce qui, dans l’éducation de ces jeunes hommes, a permis qu’on en arrive là”.

Elle a estimé que les tortures et sévices subis par son fils mort à 23 ans étaient “sans précédent depuis la Shoah”. Cette affaire est une “tache sur la France” pour Ruth Halimi.

Coutumier des provocations antisémites depuis l’ouverture du procès, Youssouf Fofana n’a rien dit lors de ces dépositions.

Ilan Halimi a été enlevé le 20 janvier 2006 à Sceaux (Hauts-de-Seine), où il avait été attiré dans un guet-apens par une jeune fille servant d’appât.

Il a été détenu nu, aveuglé et entravé durant 24 jours dans un logement puis une cave d’un immeuble de banlieue.

Après de vaines négociations avec sa famille, qui avait prévenu la police, pour obtenir une rançon de 450.000 euros, il a été tondu, poignardé et brûlé à l’essence, puis abandonné près d’une gare RER dans l’Essonne. Il est mort à l’hôpital.

DES ERREURS DE LA POLICE?

Dans un livre publié avant le procès, Ruth Halimi a mis en cause la police, qui selon elle a négligé l’aspect antisémite du rapt et commis plusieurs erreurs, comme la non-diffusion du portrait-robot d’une suspecte ou l’absence de diffusion suffisante des informations aux commissariats locaux.

Youssouf Fofana a été arrêté par une unité locale pour un autre motif pendant la séquestration mais a été libéré. Son arrestation a été manquée de justesse par une autre unité qui ne connaissait pas la disposition des lieux dans un cybercafé d’où il opérait et il a pu s’échapper.

La police n’a pas vérifié les listes de passagers vers Abidjan, où ce délinquant connu de la police s’est rendu à deux reprises pendant la séquestration.

A l’audience, Didier Halimi, qui a mené les négociations avec Youssouf Fofana en recevant plus de 600 appels en 24 jours, a ajouté à ces critiques un autre grief.

Selon lui, la stratégie de la “psychologue” et des négociateurs de la police, qui lui ont demandé de tenir la dragée haute à son interlocuteur, a amené une escalade de la violence qui a “conduit à la mort” de son fils.

La police nie ces accusations depuis l’affaire et le début du procès, expliquant qu’elle avait tout mis en oeuvre avec l’idée de sauver la vie d’Ilan Halimi.

Le procès se poursuit jusqu’au 10 juillet. Les principaux accusés, dont Youssouf Fofana, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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