April 11, 2011 / 4:48 PM / 8 years ago

PORTRAIT Patrick Pélata, principal fusible de l'affaire Renault

PARIS, 11 avril (Reuters) - En acceptant la démission de Patrick Pélata, Renault (RENA.PA) interrompt l’ascension de celui qui était parvenu au poste de numéro deux du groupe, mais espère ainsi mettre un terme à l’affaire de faux espionnage qui l’empoisonne depuis plusieurs mois en préservant du même coup le PDG Carlos Ghosn.

Patrick Pélata avait annoncé début mars que le constructeur au losange tirerait “toutes les conséquences, jusqu’au niveau le plus haut de l’entreprise, c’est-à-dire jusqu’à (lui-même)” en cas d’erreur dans l’affaire d’espionnage industriel dont le groupe s’estimait victime.

“A priori c’est Patrick Pélata qui a l’air de faire bouclier pour protéger le PDG”, avait alors dit à Reuters une source proche de Renault. “Donc, comme on dit dans toute affaire, il faut des fusibles.”

Pourtant, lors d’un premier conseil d’administration extraordinaire le 14 mars, à l’issue duquel Renault avait admis s’être trompé et avait présenté ses excuses aux trois cadres accusés à tort, la démission du directeur général délégué, âgé de 55 ans et bras droit de Carlos Ghosn, avait été refusée.

Cette fois, lors d’un nouveau conseil extraordinaire consacré au premières conclusions de l’audit interne sur les dysfonctionnements qui ont rendu l’imbroglio possible, sa démission a été acceptée.

“C’est une perte pour Renault, en tant que numéro deux Pélata a fait un travail solide dans le pilotage de l’entreprise au cours des dernières années”, commente Stuart Pearson, analyste automobile chez Morgan Stanley.

“Cela jette un doute sur la mise en pratique du plan stratégique qui vient seulement d’être annoncé - Pélata en aurait été l’un des principaux architectes. Difficile de dire dans l’immédiat qui pourrait lui succéder.”

Polytechnicien, ingénieur diplômé de l’Ecole des Ponts et Chaussées et titulaire d’un doctorat en socio-économie de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Patrick Pélata avait rejoint le groupe Renault en 1984 comme chef d’atelier à l’usine de Flins.

Ce passionné de judo, originaire d’un petit village de l’Ariège, avait ensuite grimpé les échelons en interne jusqu’à entrer au comité de direction en 1998.

A l’Ecole polytechnique, il avait côtoyé Carlos Ghosn avant de le retrouver en 1999 chez Nissan (7201.T), dont il avait été nommé directeur général adjoint chargé du plan, du produit, du design et des programmes.

De retour chez Renault en 2005, il était devenu en octobre 2008 directeur général délégué aux opérations du constructeur, imprimant un style très différent de celui de Carlos Ghosn.

Avec ses costumes cintrés et ses lunettes carrées, Patrick Pélata élevait peu la voix, à l’inverse de son PDG connu pour ses envolées oratoires.

Le départ du directeur général délégué pourrait permettre d’épargner Carlos Ghosn, bien que celui-ci ait toujours appuyé les accusations d’espionnage tout en disant ne pas s’être occupé des détails du dossier.

Carlos Ghosn a lancé en février un nouveau plan stratégique de six ans pour Renault et rares sont ceux, en interne, parmi les analystes ou chez l’État actionnaire, qui semblent prêts à envisager son départ. [ID:nLDE7291YV]

Voir aussi :

* Renault accepte la démission de Patrick Pélata [ID:nLDE73A0FP]

* CHRONOLOGIE de l’affaire [ID:nLDE70B19T]

Helen Massy-Beresford, Gilles Guillaume et Jean Décotte pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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