May 23, 2018 / 8:01 AM / 3 months ago

France-EDF voit une faible hausse de la consommation d'électricité

PARIS, 23 mai (Reuters) - EDF prévoit une faible hausse de la consommation d’électricité en France au cours des deux prochaines décennies, selon des projections publiées mercredi par l’électricien public, qui redit son souhait de ne pas arrêter d’autres centrales nucléaires que celle de Fessenheim (Haut-Rhin) avant 2029.

Ces projections et positions du groupe font partie de sa contribution au débat en cours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028, dont le gouvernement prévoit une première version en juillet avant un texte définitif en fin d’année.

Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot ayant officialisé l’an passé le report de l’échéance de 2025 pour réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en France (contre environ 75% aujourd’hui), la question du nombre et du rythme de fermetures de réacteurs, de même que les hypothèses d’évolution de la consommation, seront des enjeux majeurs du texte.

Dans un “cahier d’acteur” publié dans le cadre du débat, EDF indique qu’il prévoit “une hausse modeste de la consommation d’électricité sur les deux prochaines décennies, entre 0 et 0,5% par an”, avec un système électrique “très proche du gabarit actuel, sans redimensionnement global de l’infrastructure”.

Le groupe, dont l’Etat français détient 83,5% du capital, s’oppose ainsi aux scénarios de baisse de la consommation de sa filiale indépendante RTE, gestionnaire des lignes à haute tension françaises, ainsi qu’aux propositions de l’Ademe.

Soulignant que l’objectif de neutralité carbone de la France “imposera d’éliminer d’ici à 2050 les quelques % des émissions du pays issus des centrales utilisant charbon et gaz naturel”, EDF prédit “plus d’efficacité énergétique” et “plus de substitution de l’électricité décarbonée aux combustibles fossiles”.

Le groupe fait valoir que, dans ce contexte, le parc nucléaire actuel est un “atout majeur” pour la France et que, à l’horizon de la PPE pour 2028, la montée en puissance des renouvelables se combine à lui “sans effet d’éviction”.

EDF redit ainsi sa confiance dans sa capacité à exploiter “en toute sûreté” ses réacteurs nucléaires français jusqu’à 60 ans, tout en indiquant qu’il ne lui paraît “pas réaliste d’emmener l’ensemble du parc à cette échéance”, ne serait-ce qu’en raison de la difficulté à gérer la perte rapide de nombreuses capacités de production - qui en résulterait.

“En conséquence, nous envisageons certains des arrêts [de réacteurs] dès le début des échéances des cinquièmes visites décennales, à partir de 2029”, ajoute le groupe, réitérant ainsi une position exprimée fin janvier.

“Nos connaissances ne nous permettent pas d’envisager actuellement une exploitation du parc nucléaire au-delà des 60 ans, à la différence des projections d’opérateurs américains. L’essentiel du parc actuel aura donc été arrêté d’ici 2050”, souligne également EDF.

“Le nucléaire de 2050 sera du nucléaire nouveau, dont il serait présomptueux de vouloir planifier la quantité aujourd’hui”, ajoute le groupe, qui travaille à un réacteur de type EPR “simplifié, de construction facilitée et compétitif”, et redit son souhait d’obtenir une première mise en service d’une nouvelle centrale en France en 2030.

En matière de développement dans les énergies renouvelables, EDF a par ailleurs annoncé deux plans depuis fin 2017, l’un dans le solaire photovoltaïque et l’autre dans le stockage d’électricité. et (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)

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