23 juin 2009 / 14:02 / il y a 8 ans

L'emprunt Sarkozy devra concilier contribuables et investisseurs

par Raoul Sachs

PARIS, 23 juin (Reuters) - Nicolas Sarkozy a fait le choix de l‘investissement contre la rigueur à tout prix et entend le financer par un emprunt spécifique dont les modalités devront concilier intérêt de l‘investisseur et intérêt du contribuable, estiment mardi des économistes et des experts.

“Son montant et ses modalités seront arrêtées une fois que nous aurons fixé (...) les priorités. Nous le ferons soit auprès des Français, soit sur les marchés financiers”, a déclaré le président de la République lors de son intervention devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès.

“Quel que soit le choix futur - marchés financiers ou appel direct au public - les conditions de l‘emprunt devront satisfaire les intérêts de l‘investisseur et celui du contribuable”, explique un spécialiste de ces questions.

Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital à Paris, n‘exclut pas la possibilité d‘une “stratégie mixte” par laquelle le gouvernement ferait pour partie appel aux marchés financiers et pour partie au public.

“Les conditions de financement sont aujourd‘hui nettement meilleures que lors du précédent grand emprunt de ce type, l‘emprunt Balladur de 1993”, dont le montant avait dépassé les 20 milliards d‘euros, dit-elle.

Aujourd‘hui les taux d‘intérêt sont extrêmement bas (2,9% pour l‘emprunt d‘Etat français à 5 ans et 3,7% pour le 10 ans).

“L‘appétit pour le risque étant aujourd‘hui proche de zéro, le gouvernement n‘aura pas de mal à placer son emprunt”, souligne Laurence Boone.

”PRIORITES NATIONALES

L‘appel au public, s‘il est couronné de succès, aurait l‘avantage de favoriser l‘adhésion de la population à une politique de sortie de crise mais il coûterait un peu plus cher qu‘une opération sur le marché de la dette, dit le spécialiste.

Laurence Boone fait valoir que le livret A ou livret d’épargne populaire est rémunéré à 1,75% et qu‘une petite prime au-dessus de ce taux pourrait rendre l‘emprunt attractif auprès du grand public.

Compte tenu des précédents, elle estime que l‘emprunt pourrait être de l‘ordre de 20 milliards d‘euros.

Le chef de l‘Etat a souligné que le “premier travail” du nouveau gouvernement, qui sera nommé mercredi, sera de définir les “priorités nationales” et de mettre en place un emprunt pour les financer.

“Ces priorités nationales je ne les fixerai pas seul. Elles doivent nous permettre de préparer au mieux l‘avenir de la France. Elles concernent le pays tout entier”, a-t-il dit en précisant que le Parlement et les partenaires sociaux seront associés à ce processus.

“Je prendrai les dispositions nécessaires pour qu‘il soit affecté exclusivement à ces priorités. Je dis bien exclusivement car j‘entends dans le même temps porter le fer dans les dépenses de fonctionnement qui s‘avèreront inutiles ou non prioritaires”, a dit Nicolas Sarkozy.

Les décisions seront prises au terme d‘une consultation et de discussions qui doivent durer trois mois.

“Je ne sacrifierai pas l‘investissement parce que sans investissement il n‘y a plus d‘avenir”, a-t-il dit.

édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below