19 février 2009 / 11:06 / dans 9 ans

Mis en accusation, le Medef ferme sur la répartition des profits

PARIS, 19 février (Reuters) - Face à Nicolas Sarkozy et aux syndicats qui pressent les entreprises de partager leurs profits avec les salariés, le patronat français reste ferme et dénonce la confusion entre rémunération du travail et du capital.

La présidente de l‘organisation patronale Medef, Laurence Parisot, a été bousculée mercredi par le chef de l‘Etat et les dirigeants syndicaux sur cette question lors du sommet social, ont raconté des participants.

Partisan d‘un partage de la valeur ajoutée et des profits en trois tiers - salariés, investissement, actionnaires -, Nicolas Sarkozy a menacé de forcer la main aux entreprises.

“Le statu quo n‘est pas tenable”, a-t-il dit lors d‘une allocution télévisée mercredi. “Cette question du partage sera débattue entre les partenaires sociaux et si des progrès ne sont pas réalisés rapidement, l‘Etat prendra ses responsabilités.”

Pour Laurence Parisot au contraire, la répartition en tiers “c‘est typiquement la fausse bonne idée”.

“Ça a l‘air très simple de dire trois tiers mais les choses ne peuvent se passer ainsi”, a-t-elle ajouté sur France Info, dénonçant “beaucoup de malentendus et de confusion intellectuelle sur le sujet”.

“Le travail est rémunéré par le salaire et le capital est rémunéré par les dividendes”, a-t-elle expliqué. “Qu‘est-ce qui se passerait si tous les investisseurs, qu‘ils soient petits épargnants français ou grands épargants internationaux, se disaient ‘il n‘y a plus aucun espoir en France, retirons nos capitaux de la France’?”

Selon un proche du chef de l‘Etat, “il y a eu des discussions extraordinairement passionnées sur le partage de la valeur et le partage des profits” lors du sommet social.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a expliqué que “la force conservatrice hier autour de la table c’était le patronat”.

“Le patronat en France dit ‘au nom de la défense de l‘entreprise et de la propriété privée, je refuse de revoir ou de discuter de la répartition des richesses’. Ce n‘est pas entendable de la part des salariés”, a-t-il dit sur France 2.

Selon l‘Elysée, le débat porte à la fois sur la valeur ajoutée, c‘est-à-dire sur le résultat avant paiement des salaires, et sur les bénéfices.

Laurence Parisot a répliqué sur ces deux points, déclarant que “les entreprises françaises n‘ont pas à rougir” sur les salaires et soulignant que l‘intéressement et la participation étaient des système uniques dans le monde occidental.

Le directeur de l‘Insee, Jean-Philippe Cotis, chargé de la mission d‘analyse et de concertation sur la répartition de la valeur ajoutée et des profits, rendra ses conclusions dans deux mois.

Dépêche sur les choix du gouvernement [ID:nLJ78707]

Dépêche principale sur le sommet social [ID:nLI622223]

ENCADRE sur les mesures [ID:nLI4684]

Dépêche sur la réaction des syndicats [ID:nLI112541]

ENCADRE réactions des partenaires sociaux [ID:nLI1892]

ENCADRE réactions politiques [ID:nLI130466] (Jean-Baptiste Vey avec Laure Bretton et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below