May 20, 2011 / 2:25 PM / 8 years ago

Bâle III-La Commission européenne tacle le lobby bancaire

PARIS, 20 mai (Reuters) - La Commission européenne a critiqué vendredi l’attitude des banques lors de leur campagne de lobbying contre les nouvelles normes prudentielles de Bâle III destinées à renforcer les fonds propres du secteur bancaire ébranlé par la crise financière.

Les banques, et en particulier les établissements européens, ont multiplié au cours des 18 derniers mois les interventions pour éviter un durcissement de la réglementation bancaire en expliquant que les nouvelles règles prudentielles pénaliseraient le financement de l’économie, en renchérissant le coût du crédit pour les entreprises et les ménages.

En France, par exemple, les dirigeants bancaires ont expliqué que Bâle III obligerait les banques à lancer d’importantes augmentations de capital. Mais, finalement, toutes les banques françaises assurent qu’elles feront face aux nouvelles normes sans faire appel au marché.

“Je le dis avec beaucoup de respect. Je crois que les banques ont fait une erreur de communication fantastique”, a déclaré Mario Nava, responsable de l’unité Banque rattachée au commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier.

“On a besoin d’avoir plus de capital”, a insisté l’économiste italien, qui s’exprimait en français, lors d’une conférence organisée par Les Echos. “Le (monde) académique, de façon plus ou moins consensuelle, dit que les accords de Bâle c’est bien mais que c’est le minimum.”

Mario Nava a ainsi expliqué que les régulateurs devaient désormais s’assurer que les banques sont suffisamment bien capitalisées pour absorber les pertes qu’elles subissent dans le cadre de leurs activités et pour éviter une intervention des Etats pour sauver leurs établissements bancaires.

“On a vu dans la crise l’incapacité totale du secteur bancaire à garder les pertes pour soi, en passant les pertes au taxpayer (au contribuable, NDLR)”, a-t-il dit.

“Je suis toujours frappé de voir comment les citoyens ont facilement accepté (...) qu’on fasse intervenir les deniers publics pour couvrir des péchés privés”, a encore souligné l’économiste.

PRIME AU “RETAIL”

Le comité de Bâle va d’ici 2018 imposer au secteur bancaire toute une série de nouveaux ratios financiers pour faire en sorte que les banques aient les ressources nécessaires à leurs besoins de fonds propres et de liquidités.

“Améliorer la liquidité des banques (...) est forcément positif”, a commenté Alain Laurin, membre du groupe politique de notation chez Moody’s en Europe, lors de la même conférence.

“Bâle III donne une prime aux banques qui ont un financement ‘retail’ (banque de détail, NDLR)”, a-t-il souligné. “On voit, ici ou là, que les banques se préparent très activement avec, dans un certain nombre de pays, des politiques très agressives de collecte de dépôts.”

Lors de cette conférence, plusieurs intervenants ont aussi dit être confiants de voir les Etats-Unis se soumettre aux nouvelles normes.

Les banques européennes redoutent en effet que le secteur bancaire américain ne soit pas soumis à Bâle III.

Matthieu Protard, édité par Gwénaelle Barzic

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