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Sociétés

LEAD 1-La Grèce doit se réformer pour éviter la déroute-FMI

* Sans nouvelles réformes, le déficit public avoisinera 10% du PIB -FMI

* La Grèce ne pourra peut-être pas se financer sur les marchés en 2012

* Deux membres du conseil de la BCE fustigent toute restructuration

ATHENES, 18 mai (Reuters) - Les efforts de la Grèce pour réduire son déficit budgétaire tomberont à l’eau si le gouvernement n’accélère pas ses réformes fiscales et structurelles, a déclaré mercredi le chef de mission du FMI à Athènes.

La Grèce peine à atteindre les objectifs liés au plan de sauvetage de 110 milliards d’euros octroyé l’an dernier par l’Union européenne et le Fonds monétaire internationale, ses efforts étant plombés par une récession profonde, de faibles recettes fiscales et une tension persistante dans les rangs de la majorité gouvernementale.

Le pays a réduit son déficit à 10,5% du PIB en 2010 - contre un objectif initial de 8,1% - et doit l’abaisser à 7,6% cette année pour atteindre les objectifs posés par le plan de sauvetage.

Poul Thomsen, chef de mission du FMI à Athènes, a averti que sans des réformes supplémentaires, le pays ne pourrait guère faire passer son déficit sous la barre des 10%.

“Le programme ne restera pas sur les rails si les réformes structurelles ne sont pas fermement dynamisées ces prochains mois”, a-t-il déclaré lors d’une conférence dans la capitale grecque.

Poul Thomsen s’exprimait publiquement pour la première fois depuis que des émissaires de l’UE et du FMI ont entamé la semaine dernière une mission d’évaluation de la situation budgétaire de la Grèce.

Il a dit qu’il n’était pas encore sûr que la Grèce puisse revenir se financer sur les marchés obligataires l’an prochain comme prévu. Sur une note plus positive, il a déclaré que l’économie grecque devenait plus compétitive.

“RESTRUCTURATION DOUCE”

Au cours de la même conférence, Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a estimé qu’aucune restructuration de la dette, quelle qu’elle soit, ne résoudrait les problèmes de la Grèce et serait catastrophique pour son secteur bancaire.

“Une restructuration de la dette balaiera tout ou partie du capital des banques grecques, donc c’est une recette pour aller à la catastrophe”, a-t-il déclaré, précisant que si la Grèce mettait en oeuvre le plan d’ajustement économique, elle assurait au contraire sa solvabilité.

Les émissaires de l’UE et du FMI attendent toujours de la Grèce qu’elle détaille la nature et le calendrier de son programme de privatisations de 50 milliards d’euros annoncé en début d’année, avant de décider de lui accorder ou non la nouvelle tranche de son plan de sauvetage.

Pour la première fois depuis le début de la crise, des responsables européens ont ouvert mardi la voie à un rééchelonnement de la dette grecque - le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker évoquant une “restructuration douce” -, une décision susceptible de raviver les tensions concernant la zone euro. [ID:nLDE74G1VX]

Un deuxième membre du directoire de la BCE, Lorenzo Bini Smaghi, a rejeté mercredi toute idée de restructuration douce, qualifiant l’expression de “formule magique” excessivement floue et susceptible de destabiliser les marchés.

“On entend à présent parler de restructuration douce (...) comme si le fait qu’un pays développé puisse ne pas rembourser ses dettes ne constituait pas un élément dévastateur pour la stabilité financière dans son ensemble”, a-t-il déclaré lors d’une conférence à Milan.

“Je suis opposé à toute restructuration douce parce que je ne comprends pas ce que cela veut dire. Personne ne sait ce que cela veut dire”, a-t-il ajouté.

A la mi-journée sur le marché des dérivés de crédit, les CDS sur la dette publique grecque étaient en hausse de 42 points de base à 1.305 pdb, portant à 1,3 million d’euros le coût pour assurer 10 millions d’euros d’exposition aux obligations d’Etat grecques.

Voir aussi:

* L’UE ouvre la porte à une restructuration de la dette grecque [ID:nLDE74G1VX]

* BREAKINGVIEWS-IMF should use crisis to toughen itself up [ID:nN17174964]

George Georgiopoulos et Harry Papachristou à Athènes, Valentina Za et Francesca Landini à Milan, Natalie Huet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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