March 14, 2011 / 4:26 PM / 8 years ago

LEAD 2 L'ASN redoute un accident de niveau 5 voire 6 à Fukushima

(Actualisé avec précisions)

PARIS, 14 mars (Reuters) - L’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima au Japon pourrait être plus grave qu’annoncé et classé au niveau 5 voire 6 sur l’échelle internationale, a déclaré lundi le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste.

Les autorités japonaises ont classé l’incident au niveau 4 samedi, au lendemain du gigantesque séisme et du tsunami qui ont frappé la côte-est de l’archipel.

Le président de l’ASN a souligné lors d’une conférence de presse à Paris qu’il appartenait aux autorités japonaises de communiquer sur la gravité exacte de la série d’incidents en cours.

“Nous avons le sentiment qu’on est au moins au niveau 5, sinon au niveau 6”, a dit André-Claude Lacoste.

Il a précisé tenir ses informations de plusieurs sources différentes: les autorités japonaises, ses homologues étrangers et des “sources informelles”.

Selon ces informations, “il n’y a pas de doute” qu’il y a eu un début de fusion du coeur des réacteurs numéro 1 et 3 de la centrale de Fukushima et “sans doute début de fusion du coeur pour le réacteur numéro 2”.

Le scénario le plus redouté serait une fusion complète du coeur d’un réacteur et/ou la détérioration des enceintes de confinement, a dit l’ASN.

Dans le premier cas, l’accident serait “similaire” à celui de Three Mile Island, survenu aux Etats-Unis en 1979 et qui n’avait entraîné que de faibles rejets, dans le second cas, la situation serait “plus proche de Tchernobyl”.

“Nous sommes au début d’une crise qui peut durer des semaines”, a prévenu André-Claude Lacoste.

Pour lui, cependant, “c’est extraordinairement difficile d’imaginer la même chose en France”, qui compte 58 réacteurs contre 55 au Japon.

Selon Agnès Buzyn, présidente de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), la situation pourrait se détériorer au Japon mais “elle est pour l’instant réversible” si les autorités japonaises arrivent à noyer les réacteurs. En l’état actuel des choses, “rien n’est exclu”, y compris que les enceintes de confinement lâchent, a-t-elle ajouté.

Afin de préserver ces enceintes de confinement et éviter que la pression n’y soit trop forte, les autorités nipponnes ont procédé à des rejets volontaires de vapeur contenant de l’hydrogène et des matières radioactives.

“Le gros de la radioactivité est dans l’enceinte, de temps en temps ils lèvent une vanne pour faire échapper la pression, on a un petit relargage et la vanne se referme, ce n’est pas un nuage, ce n’est pas un panache”, a précisé Agnès Buzyn. “Je ne vous dis pas que dans six heures, cela sera le cas”.

L’IRSN a par ailleurs estimé que d’après les données qui lui avaient été communiquées, les mesures d’éloignement de la population dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale étaient suffisantes.

Mathilde Cru et Laure Bretton, édité par Yves Clarisse

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