April 12, 2011 / 7:40 AM / in 8 years

CHRONOLOGIE de la fausse affaire d'espionnage chez Renault

1ER FEVRIER

La société privée de renseignement Geos, à la suite d’une information du Canard Enchaîné, confirme l’implication d’un de ses salariés dans l’affaire. Elle ajoute que “ce salarié a pris l’initiative, à titre personnel et sans en référer à sa hiérarchie, de servir d’intermédiaire entre ses contacts chez Renault et un tiers investigateur”. Le salarié a présenté sa démission, ajoute Geos.

10 FEVRIER

En marge du nouveau plan stratégique de Renault, Carlos Ghosn déclare s’être fondé sur “l’analyse” de dizaines de personnes du groupe pour étayer la thèse de l’espionnage industriel.

22 FEVRIER

Le Canard enchaîné écrit que la commission rogatoire en Suisse sur l’existence d’un compte bancaire appartenant à l’un des trois cadres mis en cause n’a rien donné.

1ER MARS

Patrick Pélata demande à être reçu à Matigon pour faire un point sur l’affaire d’espionnage présumé. Selon le Parisien, la DCRI orienterait ses investigations vers un réglement de compte en interne.

2 MARS

Libération rapporte qu’un deuxième cadre ne disposerait pas de compte à l’étranger.

Renault n’exclut pas la thèse de la manipulation et se prépare à plusieurs hypothèses. Dans l’une ou l’autre, le groupe serait toujours victime, précise une porte-parole.

3 MARS

Le constructeur laisse entendre pour la première fois “qu’un certain nombre d’éléments (l)’amènent à douter” des faits d’espionnage.

Dans une interview au Figaro, Patrick Pélata ajoute que si l’enquête ne conclut pas à ces faits, les trois cadres seront réintégrés et Renault en tirera toute les conséquences “jusqu’au niveau le plus haut de l’entreprise, c’est-à-dire jusqu’à moi”.

4 MARS

La ministre de l’Économie Christine Lagarde promet à son tour “des conséquences” dans l’affaire Renault et évoque la question du dédommagement des cadres.

Le Figaro publie la lettre anonyme à l’origine de l’affaire. Celle-ci accuse en termes flous l’un des cadres d’avoir été corrompu, et par allusion un autre des trois cadres.

9 MARS

La DCRI demande à deux responsables de la sécurité de Renault de révéler l’identité de leur mystérieux “informateur”. L’avocat du constructeur reconnaît que 250.000 euros ont été versés en rémunérations des informations ou pseudo-informations obtenues après une enquête privée sur l’affaire.

11 MARS

Les deux responsables de la sécurité du groupe sont placés en garde à vue sur des soupçons d’escroquerie. Le lendemain, c’est au tour du directeur de la sécurité de Renault d’être entendu par les enquêteurs.

13 MARS

L’un des responsables de la sécurité de Renault, Dominique Gevrey, est mis en examen pour escroquerie en bande organisée. Des deux autres membres du service sont remis en liberté, aucune charge n’est retenue contre eux.

14 MARS

Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, annonce au cours d’une conférence de presse avoir renoncé à l’hypothèse de l’espionnage car les comptes bancaires imputés aux trois cadres n’existent pas.

Renault convoque un conseil d’administration exceptionnel. Le groupe présente ses excuses aux trois cadres et propose de les réintégrer et de les indemniser.

Carlos Ghosn et Patrick Pélata renoncent à la part variable de leur rémunération de 2010 ainsi qu’à tout stock-option pour 2011. Carlos Ghosn dit avoir refusé la démission de Patrick Pélata pour ne pas “rajouter une crise à la crise”.

29 MARS

La diffusion de l’enregistrement d’une conversation entre Dominique Grevey, le directeur juridique de Renault, et l’avocat du constructeur, plonge à nouveau le groupe dans l’embarras. Il apparaît dans l’échange que Renault sait n’avoir aucune preuve matérielle contre ses cadres.

11 AVRIL

Nouveau conseil d’administration extraordinaire sur les conclusions des audits. “Ce conseil tourne une page douloureuse de l’histoire de Renault”, dit Carlos Ghosn.

Renault écarte Patrick Pélata, qui prendra d’autres fonctions au sein de l’alliance Renault-Nissan, et annonce une refonte de sa gouvernance et des accords de principe pour dédommager les cadres accusés à tort.

Voir aussi :

* Renault écarte Pélata et dédommage ses cadres licenciés [ID:nLDE73A0FP]

* Le portrait de Patrick Pélata [ID:nLDE72D227]

* SPECIAL REPORT sur l’affaire, en format PDF (en anglais) :

link.reuters.com/pyc77r

Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez

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