January 4, 2011 / 6:05 PM / 9 years ago

Tollé en France contre la loi hongroise sur les médias

PARIS, 4 janvier (Reuters) - Le gouvernement français et l’opposition ont vivement critiqué mardi la nouvelle loi sur les médias entrée en vigueur en Hongrie, qui assume depuis le 1er janvier la présidence de l’Union européenne.

Rompant avec l’attitude prudente qui était la sienne jusqu’à présent, l’exécutif français a, par la voix de son porte-parole François Baroin, considéré que ce texte était “incompatible avec l’application d’une certaine idée de la liberté de la presse, validée par tous les traités européens”.

“La position française, que j’exprime pour le gouvernement aujourd’hui, la position de tous les Etats membres de l’Union européenne, doit être de nature suffisamment forte sur le plan politique et diplomatique pour permettre au gouvernement hongrois d’avoir une présidence plus sereine en mettant entre parenthèses ce texte”, a-t-il déclaré sur France Inter.

L’opposition a abondé dans le même sens, au lendemain de l’annonce par la Commission européenne qu’elle examinerait la législation déjà jugée liberticide par des pays comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Luxembourg.

Le Parti socialiste a estimé dans un communiqué que cette loi constituait un “très mauvais signe pour l’Europe et pour la liberté de la presse”, demandant son abrogation.

Pour le Parti communiste, “cette dérive ultra-autoritaire doit être stoppée par la mobilisation des forces progressistes européennes” et Europe Ecologie Les Verts appelle la Commission “à prendre des mesures fermes contre cette dérive”.

Au centre, l’ancien ministre de la Défense Hervé Morin parle dans un communiqué d’une loi “anachronique” qui constitue un “recul sans précédent au sein d’un pays membre de l’Union européenne” tandis que le MoDem fustige une “loi liberticide” dont l’intention “est bien de bâillonner la presse”.

Le gouvernement de droite hongrois a une nouvelle fois rejeté mardi les critiques de pays membres de l’Union.

La législation, entrée en vigueur le 1er janvier, crée une Autorité nationale des médias et des communications (NMHH), un nouvel organe de régulation majoritairement contrôlé par des membres du parti au pouvoir, le Fidesz.

La NMHH supervise l’ensemble de la production des médias publics et peut infliger de lourdes amendes aux médias privés, qui sont tenus d’être “équilibrés”. (Yves Clarisse, édité par Gilles Trequesser)

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