January 3, 2011 / 1:38 PM / 9 years ago

Zone euro - Cinq défis pour la BCE en 2011

FRANCFORT, 3 janvier (Reuters) - La Banque centrale européenne sera confrontée à cinq dossiers majeurs en 2011, qui s’annonce comme une nouvelle année cruciale avec la crise de la dette souveraine dans la zone euro.

CRISE DE LA DETTE

Les difficultés de refinancement rencontrées en 2010 par la Grèce et l’Irlande, qui ont recouru à une aide internationale, ainsi que dans une moindre mesure par le Portugal ont montré combien la crise financière internationale a fragilisé certains pays de la zone euro et mis en lumière les différences entre le “noyau dur” et la “périphérie” de l’union monétaire.

Si la crise devait s’étendre à l’Espagne, voire à l’Italie, la BCE pourrait être contrainte de prendre des mesures radicales et inédites pour voler au secours de l’euro.

“Le sort de l’Union européenne semble étroitement lié à l’Espagne. Une attaque spéculative ‘réussie’ sur le pays serait une toute autre paire de manches puisque les fonds dont est actuellement doté le Fonds européen de stabilité financière (FESF) suffiraient à peine pour secourir Madrid”, commente Paolo Mameli, économiste chez Intesa Sanpaolo.

“Le seul scénario qui verrait la BCE franchir le Rubicon (en rachetant massivement des emprunts d’Etat) serait justement ce cas extrême où la contagion cesse d’affecter uniquement des marchés obligataires ‘mineurs’ pour également toucher des titres de dette d’une économie majeure comme l’Espagne.”

Invesco estime cependant que le risque d’un défaut souverain à court terme commence à diminuer. “Si les experts s’attendent à ce que le Portugal suive le même chemin que l’Irlande et la Grèce, ils insistent sur le fait qu’il existe désormais un mécanisme éprouvé qui devrait permettre aux pays les plus en difficulté de sortir de l’ornière”, écrit la société de gestion dans un communiqué sur les perspectives de 2011.

Ces experts excluent l’Espagne et l’Italie du groupe de pays les plus en difficulté et estiment que les marchés sont “désormais plus optimistes quant à une sortie par le haut de la crise de dette souveraine de la zone euro”, ajoute Invesco.

RETRAIT DES MESURES DE SOUTIEN

La persistance de la crise de la dette dans la zone euro a contraint la BCE à maintenir l’essentiel des mesures de soutien mises en place en pleine crise financière, notamment celles en termes de liquidités aux banques, alors qu’elle avait prévu initialement de commencer à les retirer au début 2011.

Son programme de rachat d’obligations de titres de dette souveraine, lancé dans la foulée du sauvetage de la Grèce en mai, est aussi maintenu malgré l’hostilité exprimée par certains de ses dirigeant.

Le calendrier de la sortie de crise sera une question très sensible au vu des inquiétudes des investisseurs concernant la capacité de refinancement de certains pays au premier semestre et étant donné les interrogations sur la santé de certaines banques et la vigueur de la reprise économique.

“La BCE pourrait bien, au bout du compte, se retrouver le prêteur et l’investisseur de dernier recours”, estime Martin Van Vliet, économiste chez ING.

ÉCONOMIES DIVERGENTES

Tandis que l’Allemagne poursuit sa marche en avant, les pays de la zone euro qui ont ou vont mettre en place des mesures d’austérité drastiques - Grèce, Irlande, Portugal, Espagne - s’apprêtent à vivre des années difficiles. Les écarts croissants au sein de la zone euro placent la BCE devant la difficulté de définir une politique monétaire qui convienne pour tous.

“L’une des préoccupations d’Axel Weber ou de Jürgen Stark (membres allemands des instances dirigeantes de la BCE) c’est que l’économie allemande n’a pas besoin d’une politique monétaire aussi souple que le reste de la zone euro”, relève Martin Van Vliet (ING).

HAUSSE DES TAUX À L’HORIZON

Les économistes voient actuellement la BCE relever ses taux directeurs au cours du dernier trimestre 2011, selon la dernière enquête Reuters. Cela étant, le calendrier du resserrement monétaire sera affiné en fonction de la reprise économique.

Les évolutions en matière de hausse des prix à la consommation dans les différents pays membres - Allemagne en tête où l’inflation a été plus forte que prévu en décembre - seront un autre facteur déterminant.

SUCCESSION DE JEAN-CLAUDE TRICHET

Le mandat de l’actuel président de la BCE expire à la fin octobre. L’Allemand Axel Weber et l’Italien Mario Draghi sont favoris pour lui succéder.

La virulence des critiques d’Axel Weber au sujet du programme de rachats d’obligations souveraines semble cependant avoir nui au président de la Bundesbank.

“Quand Jean-Claude Trichet s’en ira fin octobre, ce sera une période délicate (...) Si un faucon comme Axel Weber lui succède, ce ne sera pas une bonne nouvelle pour les pays périphériques en difficulté”, commente Martin Van Vliet (ING).

* LE POINT Marchés - Le bilan de 2010, les perspectives de 2011 [ID:nLDE6BU0LX]

Marc Jones, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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