November 30, 2010 / 2:05 PM / 9 years ago

Mise en garde de Medvedev sur une nouvelle course aux armements

par Steve Gutterman

MOSCOU, 30 novembre (Reuters) - Dans son discours annuel sur l’état de la nation, Dmitri Medvedev a mis en garde mardi contre le risque d’une nouvelle course aux armements si l’Occident et la Russie ne coopèrent pas sur un système de défense antimissiles.

Le président russe a appelé à une meilleure coopération avec les Etats-Unis et l’Union européenne et prévenu qu’en l’absence d’un accord sur la défense antimissiles, la Russie serait poussée à renforcer son arsenal militaire.

“Dans la décennie à venir, nous serons face à l’alternative suivante: soit nous trouvons un accord sur une défense antimissiles et créons un mécanisme de coopération à part entière, soit, si l’on ne trouve pas d’accord constructif, une nouvelle course à l’armement commencera”, a dit le président russe.

“Et nous devrons alors prendre une décision sur le déploiement de nouvelles armes d’attaque. Il est clair que ce scénario serait gravissime”, a ajouté Dmitri Medvedev dans un discours de 72 minutes prononcé au Kremlin.

Signe d’un mouvement anti-occidental encore prononcé à Moscou, des applaudissements ont éclaté lorsque le chef de l’Etat a évoqué la possibilité d’un déploiement de nouvelles armes. Ils se sont tus lorsqu’il a qualifié une telle évolution de “gravissime”.

LE MESSAGE DE MEDVEDEV

La question de la défense antimissiles divise Moscou et l’Occident depuis les années 1980. Les pays de l’Otan et la Russie ont annoncé il y a dix jours à Lisbonne leur intention d’étudier conjointement un tel système, marquant ainsi un rapprochement spectaculaire entre anciens blocs antagonistes vingt ans après la fin de la Guerre froide.

Moscou craint cependant de voir le bouclier de l’Otan, qui devrait être en mesure d’intercepter les missiles intercontinentaux les plus puissants à l’horizon 2020, être avant tout une arme dirigée contre sa propre dissuasion. L’avertissement de Medvedev sur la défense antimissiles reflète également l’inquiétude du Kremlin sur le traité Start.

Ce nouveau traité de désarmement nucléaire, signé en avril dernier à Prague par Dmitri Medvedev et Barack Obama, n’a toujours pas été ratifié par le Sénat américain et le président américain presse les sénateurs républicains de le faire avant la fin de la législature et l’installation, début janvier, du nouveau Congrès.

Medvedev a fait sienne la volonté d’Obama de “relancer” les relations bilatérales entre Washington et Moscou, qui ont été durement secouées par la brève guerre qui a opposé à l’été 2008 la Russie à la Géorgie.

Mais, selon Arkadi Dvorkovitch, conseiller du président russe, un échec de ce nouveau traité Start “ne signifierait rien de bon”. “Nous comptons sur le fait que la ratification sera menée à son terme”, a-t-il ajouté devant la presse.

Pour Fiodor Loukianov, de la publication Russia in Global Affairs, le message que Medvedev a voulu faire passer mardi est le suivant: si la Russie est tenue à l’écart d’une coopération véritable en matière de défense antimissiles, elle “essaiera de prendre des mesures lui permettant de contrer cela en modernisant son arsenal nucléaire”. (avec Alexeï Anichtchouk, Clément Guillou et Henri-Pierre André pour le service français)

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