November 18, 2010 / 2:11 PM / 9 years ago

REPORTAGE L'Etat tarde à indemniser les sinistrés de Xynthia

par Guillaume Frouin

LA FAUTE-SUR-MER, Vendée, 18 novembre (Reuters) - Le rachat à l’amiable des maisons sinistrées par la tempête Xynthia arrive à échéance ce jeudi mais les propriétaires vendéens qui ont accepté l’offre de l’Etat tardent à se faire payer.

Ils expliquent que les crédits alloués à l’opération sont épuisés, ce que la préfecture de Vendée n’a pas confirmé.

A L’Aiguillon et à La Faute-sur-Mer (Vendée), où 29 personnes sont mortes dans la nuit du 27 au 28 février, 666 des 789 propositions d’acquisition de maisons situées en “zones de solidarité” ont été acceptées par les propriétaires.

Parmi elles, 293 ventes ont été déjà effectuées.

Mais, selon l’Association des victimes des inondations de la zone, la plupart des offres en attente ont été sous-estimées et pourraient été rejetées par les propriétaires.

“Il n’y a plus d’argent dans les caisses pour racheter ces maisons”, déclare à Reuters Renaud Pinoit, vice-président de l’association, qui revendique 600 adhérents.

“La semaine dernière, la préfecture attendait six millions d’euros pour pouvoir boucler 29 dossiers. Ces personnes ont signé l’acte de vente, parfois depuis deux mois, mais elles n’ont pas été payées depuis”, ajoute-t-il.

“Juste après la tempête, certaines maisons qui valaient 500.000 euros ont été rachetées 700.000 pour inciter les gens à vendre”, poursuit Renaud Pinoit. “Du coup, les crédits alloués ont été très vite épuisés. Aujourd’hui, les maisons qui valent 300.000 euros sont évaluées à 200.000.”

La préfecture de Vendée n’a pas donné suite à une demande de confirmation de ces informations.

QUARTIER-FANTÔME

A La Faute-sur-Mer, la quasi-totalité des sinistrés de la cuvette où se sont accumulés 2,50 mètres d’eau ont vendu leur bien, donnant au secteur des allures de quartier fantôme.

“Nous étions déterminés à rester mais pratiquement tous nos voisins se sont décidés à vendre”, explique Jacques, un gestionnaire de patrimoine âgé de 51 ans, dont la résidence secondaire a été inondée.

“Nous allions nous retrouver au milieu de nulle part, dans un quartier mort”, ajoute-t-il.

Faute de crédits ministériels, selon lui, il ne peut mener à bien son projet d’achat d’une maison dans la station voisine de La Tranche-sur-Mer.

“La préfecture m’a dit lundi qu’ils n’avaient plus d’enveloppe disponible et qu’une centaine de personnes étaient dans mon cas”, explique-t-il.

Marie-Christine Baffoux-Kays, une responsable d’une agence d’assurances âgée de 56 ans, est elle déterminée à ne pas vendre à l’Etat la maison de famille située à 150 mètres de la mer, tout comme, dit-elle, “70 à 80” de ses voisins de La Pointe de L’Aiguillon.

Le quartier a pourtant été placé en “zone de solidarité” en raison des difficultés d’accès des secours en cas de nouvelle inondation, et il pourrait faire l’objet, comme les autres secteurs concernés, d’expropriations forcées au terme de la procédure d’acquisition amiable.

“On ira jusqu’au bout, il faudra nous enlever le bien des mains”, prévient-elle.

“Nous sommes victimes d’une injustice. En face, sur l’île de Ré, les dégâts ont été bien plus importants mais il n’y aura pas d’expropriations car l’immobilier y est bien plus cher”, poursuit-elle. “Ici, les propriétaires ne sont pas si aisés. On va servir d’exemple, au titre du principe de précaution.”

Edité par Jean-Baptiste Vey

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