October 4, 2010 / 4:24 AM / 8 years ago

A défaut d'Airbus, la Syrie pourrait acheter des Tupolev

par Khaled Yacoub Oweis

LATAKIA, Syrie, 4 octobre (Reuters) - La Syrie pourrait se tourner vers la Russie pour doter sa compagnie civile Syrianair de nouveaux avions puisque l’embargo américain bloque toujours la livraison d’Airbus, a déclaré dimanche son ministre des Transports.

Le gouvernement envisage d’acquérir six Tupolev Tu-204 pour la compagnie aérienne, dont la flotte est actuellement composée de cinq appareils, a dit Yaroub Badr à Reuters.

“Rien ne se passe à propos de l’accord avec Airbus”, a-t-il expliqué en réponse à une question sur l’évolution du dossier depuis janvier, date du refus américain d’accorder une dérogation à Airbus, filiale du groupe européen EADS EAD.PA.

Les relations entre Washington et Damas se sont améliorées depuis le début de l’année et le gouvernement américain a autorisé Boeing (BA.N) à réaliser la révision de deux 747 de Syrianair cloués au sol.

Mais Barack Obama, initiateur d’un rapprochement avec la Syrie à son arrivée à la Maison blanche, a renouvelé les sanctions contre Damas et des divergences politiques profondes demeurent entre les deux pays.

Les Etats-Unis ont imposé des sanctions en 2004 en raison du rôle de la Syrie en Irak et au Liban et de son soutien à des groupes d’activistes.

“Les Etats-Unis imposent un embargo sur les exportations en Syrie (d’Airbus et Boeing). L’option russe est réelle et très sérieuse”, a souligné Yaroub Badr.

Moscou et Damas ont signé deux lettres d’intention relatives à des commandes d’avions ces cinq dernières années, mais aucun contrat n’en a découlé jusqu’à présent. Badr a précisé qu’il ne fallait pas attendre d’accord rapide avec Tupolev, avionneur lié au gouvernement russe.

“Acheter des avions ce n’est pas aussi simple que d’acheter un kilo de pain. Cela prend du temps”, a-t-il dit en marge d’un forum syro-turc dans la ville portuaire de Latakia.

“Nous avons récemment demandé à la partie russe de confier à une seule entité la négociation d’une vente avec Syrianair. Les discussions doivent être directes, sans intermédiaires ni commissions”, a prévenu Badr.

La France, parmi les premiers à avoir défendu l’idée d’une détente avec la Syrie, veut développer les accords commerciaux bilatéraux. Airbus et Syrianair ont signé une lettre d’intention en 2008 portant sur un marché de plusieurs milliards de dollars, avec l’assentiment de Paris.

L’accord prévoit un crédit-bail et l’achat d’un total de 54 appareils d’ici 2028, dont huit dès 2009, et la contribution d’Airbus à la restructuration de Syrianair. Mais Airbus, dont les appareils peuvent comporter des pièces américaines, doit disposer d’une autorisation d’exportation vers la Syrie.

L’avionneur européen reste discret sur ce dossier, particulièrement sensible au moment où il dispute à Boeing un contrat de 50 milliards de dollars pour des avions ravitailleurs de l’armée américaine. (Grégory Blachier pour le service français)

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