June 9, 2010 / 3:13 PM / 9 years ago

Retraites - La CFDT refusera de négocier des contreparties

TOURS, Indre-et-Loire, 9 juin (Reuters) - Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a assuré mercredi qu’il refuserait de négocier des “contreparties” à une réforme gouvernementale des retraites qu’il entend combattre.

Devant le congrès du syndicat qui a ouvert ses portes lundi à Tours (Indre-et-Loire), François Chérèque a affirmé que la CFDT était à la recherche d’un “projet alternatif”.

“Cette question des retraites a un goût particulier chez nous”, a-t-il ironisé en faisant allusion à la crise interne au syndicat lorsqu’il avait approuvé la réforme de 2003.

“Vous craignez qu’en s’engageant à ce congrès on puisse tomber dans un piège. C’est-à-dire laisser croire que la CFDT pourrait négocier des contreparties avec le gouvernement sur son projet de réforme”, a-t-il dit aux congressistes qui lui ont fait part de leurs “inquiétudes”.

“Ce même gouvernement a d’ailleurs laissé largement croire que cela pourrait être le cas”, a-t-il dit.

“Je vous le dis clairement, nous ne sommes pas dans cette posture de négociation de contreparties à une réforme que nous combattons”, a promis le secrétaire général. “Ce que nous voulons décider aujourd’hui est un projet alternatif et non pas un complément ou une adaptation du projet gouvernemental.”

Pour François Chérèque, l’objectif est de “sauver notre système de retraites par répartition, donc faire une réforme globale et juste” qui ne peut “en aucun cas” passer par un report de l’âge légal de départ à la retraite.

“Ne nous cachons par derrière notre petit doigt, nous ne pouvons nier qu’il faut faire évoluer notre système, sauf à repasser la patate chaude aux générations qui arrivent sur le marché du travail”, a poursuivi le secrétaire général.

EDMOND MAIRE MET EN GARDE CONTRE LE “NON À TOUT”

François Chérèque a estimé que la crise économique et “son impact sur l’emploi et les cotisations retraites” étaient le principal moteur de la démarche gouvernementale.

“Cette crise est d’abord une crise financière, elle doit être réglée par des mesures financières, c’est-à-dire une réforme fiscale”, a-t-il averti. “Les salariés ne doivent pas être les seuls à payer la note des conséquences de la dérive de la finance mondiale.”

En marge du congrès, Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT de 1971 à 1988, a pris ses distances avec la position de François Chérèque sur le recul de l’âge de la retraite.

“Il faut faire attention au non à tout”, a-t-il confié à Reuters. “L’attitude d’un bon dirigeant est d’être exigeant vis-à-vis du patronat, de l’Etat et de lui-même et donc de ne pas dire des choses qu’il sera amené à contredire.”

À cette opposition au recul de l’âge légal de la retraite au-delà de 60 ans, Edmond Maire a dit préférer une formulation “laissant place à la négociation”.

“Sur l’âge légal de la retraite, qu’il soit dit clairement que les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour bouger. Il faut un certain nombre de conditions, quand elles seront réunies, nous verrons (...) Et ce n’est pas la position des syndicats aujourd’hui. Leur position c’est non à tout.”

La CFDT, dont le congrès s’achèvera vendredi, appelle à une journée de mobilisation sur les retraites le 24 juin prochain.

Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse

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