April 27, 2010 / 10:43 AM / 9 years ago

LEAD 3 Accord Norvège-Russie sur un différend en mer de Barents

* Un différend vieux d’une quarantaine d’années

* Une zone très riche en hydrocarbures

* Craintes pour l’environnement dans l’Arctique

(Ajoute réaction d’une ONG écologiste norvégienne)

par Denis Diomkine et Gwladys Fouche

OSLO, 27 avril (Reuters) - La Russie et la Norvège ont trouvé mardi un accord sur un différend frontalier en mer de Barents qui ouvre la voie à une délimitation définitive de la zone contestée, riche en hydrocarbures.

Le différend portait depuis une quarantaine d’années sur une zone maritime grande comme la moitié de l’Allemagne (environ 175.000 km2), qui est située à cheval sur les eaux territoriales russes et norvégiennes.

Le Premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, a annoncé que l’accord serait signé dans le courant de l’année. “Il y a un accord sur tous les éléments”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Oslo en présence du président russe Dmitri Medvedev.

“C’est une journée historique. Nous avons progressé sur la question en suspens la plus importante entre la Norvège et la Fédération de Russie”, a-t-il ajouté.

De son côté, Dmitri Medvedev a confirmé que les deux pays étaient convenus de “clore le dossier” de la ligne de démarcation et en étaient à la préparation des documents définitifs.

“J’espère que de nouveaux projets émergeront dans les domaines de l’énergie (...). Ce serait un véritable résultat concret”, a-t-il dit au cours de la conférence de presse.

LES CRAINTES DES ÉCOLOGISTES

Les deux pays étaient parvenus à un premier accord en 2007 sur une parcelle située dans le sud de la zone contestée, qui se trouve entre le champ gazier de Chtokman côté russe - un vaste réservoir qui pourrait répondre à la demande mondiale pendant un an - et deux champs pétrolifère et gazier prometteurs côté norvégien.

Jens Stoltenberg a précisé que l’accord prévoyait un partage quasiment au milieu de la zone contestée.

L’entreprise norvégienne Statoil STL.OL ainsi que le français Total (TOTF.PA) participent déjà au développement du projet Chtokman conduit par le géant russe Gazprom (GAZP.MM). Il est censé, à terme, permettre l’approvisionnement de gaz en Europe et de gaz naturel liquéfié aux Etats-Unis.

Norvège et Russie sont également convenues de relancer leur coopération dans les domaines de la pêche et de la gestion des ressources en hydrocarbures.

“Les deux délégations recommandent l’adoption de règles et procédures précises garantissant une gestion efficace et responsable de leurs ressources en hydrocarbures, dans les cas où un gisement pétrolier ou gazier s’étendrait de part et d’autre de la zone de démarcation”, a déclaré le gouvernement norvégien dans un communiqué.

L’accord trouvé mardi permettra de cartographier les ressources de la région et de développer des opérations pétrolières et gazières dans le nouveau secteur norvégien, a déclaré le ministre norvégien du Pétrole, Terje Riis-Johansen.

Frederic Hauge, directeur de l’organisation écologiste Bellona, à Oslo, a estimé que le nouvel accord n’était pas une bonne nouvelle pour l’environnement.

“Il est évident que cela va accroître la pression sur les activités pétrolières dans l’Arctique et nous sommes très sceptiques (quant à l’ouverture de la région aux forages). (Clément Dossin et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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